Rennes 2. Lettre ouverte du président aux parents
Marc Gontard, président de Rennes 2, répond aux questions que se posent les parents d'étudiants et l'association Génération Bretagne qui fédère un certain nombre d'entre eux. Une tribune libre sur de légitimes inquiétudes.
"J'ai reçu à deux reprises Mme Rimbourg, présidente de l'Association « Génération Bretagne » afin de répondre aux questions fort légitimes, qu'à travers elle, se posent les parents. Si la seule conclusion de nos discussions est la demande faite au recteur de démissionner un président « dépassé par les événements », ces propos, en contraste avec la teneur de nos échanges, jettent un doute sérieux sur les motivations réelles de cette association.
Mission de service public
En effet, comme je l'ai longuement expliqué à Mme Rimbourg, l'université est une institution dont le fonctionnement n'a rien à voir avec celui des grandes écoles par exemple.
L'université a une mission de service public. Elle se doit d'accueillir, sans aucune sélection à l'entrée, tous les bacheliers qui en font la demande et, dans le cadre de la gratuité des études, avec les ressources limitées qui sont les siennes, son rôle est d'amener ces étudiants à un niveau d'études supérieures leur permettant une insertion professionnelle. Compte tenu de ces contraintes particulièrement exigeantes l'université est donc, par excellence, cet espace démocratique qui offre aux classes les moins favorisées une possibilité de promotion sociale. C'est pourquoi toute réforme non concertée qui peut apparaître comme une remise en cause de ce modèle engendre une inquiétude toute particulière.
Un simple contrôle de légalité
Dans un tel système, le président n'est pas nommé par le pouvoir, mais démocratiquement élu par le conseil d'administration. Seul, un conflit majeur avec ce conseil peut donc le conduire à la démission. Le recteur, chancelier des universités, n'a de ce point de vue aucun pouvoir hiérarchique. Sa mission consiste à exercer un simple contrôle de légalité sur les délibérations du conseil d'administration et, dans le cadre des nouvelles compétences octroyées par la loi LRU, il se verra confier, en outre, le contrôle financier pour lequel il devra lui-même s'entourer de compétences qu'il ne possède pas.
Une démission également réclamée par les étudiants
Demander au recteur, voire à la ministre, la démission d'un président témoigne d'une volonté de méconnaître le système universitaire malgré toutes les explications qui ont été fournies à Mme Rimbourg sur le sujet. Cette demande est d'autant plus surprenante qu'elle rejoint, pour des raisons opposées, celle des étudiants bloqueurs, alors que la présidence met tout en oeuvre pour permettre des rattrapages et la tenue des examens avant l'été, dans des conditions extrêmement difficiles, avec l'appui d'une grande majorité d'enseignants.
Crise de société générale
Le mouvement actuel au sein des universités n'a pas pour cause l'incompétence des présidents, la moitié d'entre eux devrait alors démissionner dont celui de la Sorbonne où, contrairement à Rennes 2, il n'y a pas eu un seul cours au second semestre. Ce mouvement, qu'il faut rattacher à une crise de société beaucoup plus générale, a eu comme point de départ une série de réformes mal préparées et imposées sans concertation qui ont dressé contre le gouvernement le monde universitaire (enseignants-chercheurs et étudiants).
Appel aux forces de l'ordre
Si la présidence, depuis le début du mouvement lutte contre le blocage qui affaiblit l'université et les disciplines qui sont les siennes, ses moyens légaux sont extrêmement limités face à un groupe violent et décidé. La solution ne peut venir que du ministère qui tarde à apporter une réponse définitive aux problèmes posés. L'appel aux forces de l'ordre qui pourrait apparaître comme une réponse définitive aux yeux des amis de Mme Rimbourg, est une solution illusoire sur un campus universitaire. Le préfet de région en sait quelque chose pour n'avoir pas lui-même de réponse efficace, autre que très ponctuelle, à apporter dans une telle situation.
Le roi nu...
Enfin, Mme Rimbourg a dû se rendre compte, personnellement, combien il est difficile de mobiliser les forces anti-blocage, pourtant majoritaires, puisque malgré la campagne médiatique autour de son action, elle n'a pu réunir, le 29 avril, sur le campus de Rennes 2 qu'une poignée de parents et d'étudiants, « incompétence » qu'elle partage, pour le moins, avec le président qu'elle met en cause. Un président d'université n'est rien d'autre que ce « roi nu » qu'évoquait récemment un très bon article de la presse régionale...La crise que nous traversons à tous les niveaux de la société mérite une analyse et des réponses plus sérieuses qu'une polémique de ce type dont on peut craindre l'engagement partisan."
- Marc Gontard, Président de l'université Rennes 2 - Haute Bretagne
7 réactions
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parent
juste des paroles de parents
Parents d'étudiant voici en quelques lignes et en termes simples nos réactions (je précise que nous assistons à ces évènements à distance étant géographiquement éloignés de Rennes)En somme cet article apparait être surtout un plaidoyer en faveur des présidents des universités (et en particulier de marc gontard) qui doivent faire face à des tâches difficiles avec peu de moyens et qui sont injustement critiqués!Les états d'âme et l'abattement de mr Gontard ne nous préoccupent guère ,n'est-ce-pas son rôle et sa fonction ?,et n'a t-il pas carriére faite?nous n'attendons pas de justifications de sa part ni ne demandons sa démission A noter le ton quelque peu condescendant utilisé à l'égard de la représentante de l'association( qui décidemment n'a rien compris à ses explications si claires !!!,Nos interrogations concernent les actes posés et surtout ceux non posés comme par ex l'incapacité à faire respecter le vote majoritaire et démocratique des étudiants pour la reprise des cours A qui va t-on faire croire qu'une minorité d'étudiants peut ainsi réduire quasi à néant une année? Des étudiants qui ont un véritable boulevard devant eux ,ils s'installent avec campements etc s'approprient l'espace public pour en faire un espace très privé (m Gontard c'est contraire à la fac publique non ?) et que dire des AG !!un mot magique !l'AG a décidé que ,a force de loi .Et les débats ils sont où ?Nous pensons qu'il y a eu beaucoup de manipulation et chacun devrait s'interroger sur le rôle qu'il a alors tenu et joué .C'est l'heure des bilans et pour certains la crainte d'une fac avec de - en - d'étudiants qui va avoir envie de prendre le risque de venir étudier à rennes 2 ?( quelle publicité dans les journaux télévisés !!) des conséquences ...pour le personnel aussi ?enfin le petit couplet (provocation?) sur la fac lieu (pauvre) d'études pour les classes défavorisées (ces classes s'appellent aussi des classes moyennes nous ne sommes pâs dans Zola!) est à la limite du mépris même si il est vrai que les "riches" vont dans les écoles et là cette année ils ont pû quant à eux suivre normalement leurs études (comme lrennes1) nos étudiants doublement pénalisés non ,?
Ajouté le 5 mai 2009 à 21h37
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LENA
Bonne semaine
Pourvu que le calme et la sérénité reviennent !
Je pensais à cette citation un peu légère "il n'y a que les sots qui ne changent pas d'avis" ceux qui s'entêtent comme des ânes sans doute ?
Mais j'ai plus direct encore :
"Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue" Albert Einstein.
Vous le savez bien seule l'intelligence est limitée et c'est cette limite là qu'il faut essayer de dépasser, c'est cette recherche qui nous grandit, non ?
Bonne semaine à tous, nous sommes déjà en mai...
Ajouté le 3 mai 2009 à 23h53
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Quentin
La question Gontard !
1) La demission de Gontard est demandé par une minorité de bloqueurs ET d'anti-blocage ET par une pseudo association de parents d'étudiants qui ne represente que ses intérêts ( plus préoccupée par la tête de Mr Gontard que par rennes 2 )
2) Mr Gontard a t-il un quelconque intérêt a laisser rennes 2 bloquée ? Non.
3) La demission de Mr Gontard a t-elle un intérêt ?
Non.
Ajouté le 3 mai 2009 à 22h46
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enna
commentaire d'un parent
Je suis moi-même parent d'un étudiant à l'université de rennes 2 et je remercie Monsieur Gontard pour sa Lettre Ouverte.
La création d'une association de parents est une idée intéressante . Elle a le mérite de donner une place et la parole aux parents...qui jusque là étaient assez inexistants dans le monde universitaire. Je remercie Monsieur Gontard d'en avoir pris acte et de lui avoir donné reconnaissance. Nous sommes de ce point de vue à un nouveau tournant. Je partage l'inquiétude et la colère de « Generation Bretagne » mais je crois qu'il ne faut pas tout mélanger Si Monsieur Gontard était la réponse au problème çà serait simple...mais trop simpliste. Il est trop facile de trouver un bouc émissaire. La proposition de démission me semble inappropriée et soutenue par des arguments évasifs et peu solides. Les difficultés sont multiples. Le contexte est compliqué..
Il t a une loi que le gouvernement veut faire passer au forcing,sans concertation .Il y a un désaccord général sur le fond et la forme. Il y a des professeurs et des étudiants en grève. Tout ceci est légitime.
Ce qui l'est moins c'est qu'une minorité d'étudiants-et peut être de professeurs- prend ce prétexte pour défendre une idéologie plus que suspecte et totalement anti-démocratique. Ce discours nous rappelle celui tenu dans les régimes totalitaires. Quand il s'agit de refuser toute forme de loi (dont celle du vote...) s'agit-t-il de bêtise ou d'immaturité ? En tout cas ces étudiants se sabotent eux-mêmes en saccageant leur outil de travail.
Ajouté le 2 mai 2009 à 10h57
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calmes
se tromper de cible
enseignant à Rennes 2, depuis plus de vingr ans, je tiens à affirmer, haut et fort, que le Président Marc Gontard s'est toujours battu avec intelligence et courage contre tout abus anti-démocratique dans l'Université. Mais, dans la conjoncture actuelle, il ne peut pas faire la pluie et le beau temps. La crise universitaire à laquelle est confrontée la présidence est une crise nationale liée à l'imposition intempestive d'une réforme massivement rejetée par les enseignants et les étudiants. Dans cette perspective, il est injuste de s'en prendre à un seul acteur qui a déjà suffisement payé de sa personne et démontré sa bonne foi en dialoguant avec chacun et en étant constamment présent sur le site.Il faudrait s'en prendre à tous les acteurs de cette crise. Mais cela aussi serait absurde. Car cette crise ne pouvait que se produire et elle est continuera.. Faisons en sorte que le mouvement étudiant ne tombe pas dans l'impasse et se poursuive avec des formes d'actions acceptables par tous.A ce sujet, il semble avéré qu'un cerain nombre de provocatrions (tags racistes, etc) n'aient rien à voir avec les mouvement étudiant de Rennes 2. Cela a été dénoncé clairement et fermement, lors de sa dernière assemblée générale. Par ailleurs, dans des conditions difficiles, nombre de cours ont été dispensés, dont les miens.. Je garde l'espoir d'un retour à la normale avec l'abandon de cette malencontreuse réforme. Longue vie à Rennes 2.
Ajouté le 2 mai 2009 à 07h36
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Le vent dans les dunes
"Une démission également réclamée par les étudiants" !
La taille même de ce texte laisse rêveur. Après des mois à condamner le blocage à dose homéopathique sur le site de la fac, M Gontard semble avoir repris du poils de la bête. Beaucoup souhaiterais qu'il eu mis autant de coeur à l'ouvrage dans la défense des droits de ses étudiants que dans cette charge envers cette mère de famille.
Mais Monsieur Gontard sait aussi rester humble. Humble en effet puisqu'il met au même niveau les actions de son administration, aguerris par plusieurs semestre à combattre "Khmers Rouges" et autres agités du blocage, et les tentatives de faire appliquer le droit par cette mère depuis Guimgamp.
Monsieur Gontard semble avoir par contre oublié le sens de certains mots, comme par exemple démission.
Ce mot ne renvois pas à un code pénal, mais bien à un code d'honneur. Là ou nos banquiers responsable de la perte de millions d'euro s'en vont (avec parachute dorés), M. Gontard responsable de la perte de milliers d'étudiants s'accroche à son poste (en attendant sa retraite dorée par le système de cotisation du public).
Monsieur Gontard semble aussi avoir perdu le fils de la réalité.
Comment peut-il se dépeindre comme "nu" alors que depuis peu des vigiles sont présents sur la campus? Les moyens ont toujours été là, la motivation ou la volonté visiblement un peu moins. Mais ne soyons pas mauvaise langue, la volonté était bien là quand il s'agissait de soutenir les bloqueurs. D'où venait le matériel de sonorisation utilisé depuis des mois (années ?) pendant les AG si ce n'est du CREA, un des services de la fac ?
Monsieur Gontard semble avoir aussi perdu le sens des responsabilité.
Comment Rennes 2 qui a accueillis depuis sa création en 1969 des symboles de la résistance à l'oppression a pu en arriver là ? Comment l'université qui a accueillie les Kundera et les Soares, l'université qui a l'an passé honorée un Prix Nobel de la Paix et Abdellatif Laâbi, votre "ami", comment cette université a pu sous votre présidence devenir cette zone de non droit, ce pain bénis pour tous ces apprentis oppresseurs? Comment cette université qui a honorée Jorge Semprun, résistant et déporté, comment cette université laisse taguer en plein bâtiment de langue des "je suis partout" dont tout le monde comprend le message collaborationniste?
Monsieur Gontard, semble enfin avoir perdu le sens de la vue.
Des milliers d'étudiants passent tous les jours sous la présidence. Ils lisent jour après jour cette citation de Montaigne inscrite quelques mètres sous votre bureau: "Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies". La nudité serait-elle incompatible avec les miroirs ?
Ajouté le 1 mai 2009 à 18h45
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Larzalier
"Une démission également réclamée par les étudiants" ?
Cet intertitre, non seulement trahit les propos de Marc Gontard, mais encore les étudiants eux-mêmes. Ce ne sont pas LES étudiants qui demandent la démission du président de Rennes 2, mais tout au plus DES étudiants ultra-minoritaires et hostiles autant au vote à bulletin secret ou électronique qu'au vote des AG favorable au déblocage lorsque les votants en AG dépassaient les 2000. Ce seraient même plutôt des individus, majoritairement étudiants radicalisés mais dans une moindre mesure étrangers à l'université.
À cette heure, la plupart des étudiants désireux de finir leur semestre ont repris les cours, dans des conditions de fortune (amphis et TD perturbés par des cris et des fracas orchestrés par les bloqueurs, sites périphériques, pelouse par beau temps, cours en ligne, oraux dans les bureaux).
Dans ces conditions, les seules choses souhaitables, indépendamment de toute considération sur la LRU et les mouvements en cours, sont la reprise des cours, le soutien à Marc Gontard, et la poursuite pénale des bloqueurs responsables des dégradations (vitres brisées, mobilier dégradé, sièges et tables des amphis démontés, ordinateurs cassés, graffiti nauséabonds, sexistes, racistes, haineux). Il faut en finir avec l'illusion coupable que les universités seraient des zones inaccessibles aux forces de l'ordre et à la justice, bref des zones de non-droit.
Je souhaite bonne chance aux étudiants qui veulent obtenir leurs diplômes et à Marc Gontard.
Un enseignant de Rennes 2.
Ajouté le 30 avril 2009 à 19h41
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