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Plaisance en Bretagne. Des pontons convoités (Vidéo)

3 mai 2009 - 3 réactions

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Avec une cinquantaine de ports et plus de 60.000 bateaux à flot, la Bretagne hisse très haut le pavillon de la plaisance. Pourtant 7.000 personnes sont toujours en attente d'une place sur un ponton ou une bouée.

Pas facile de trouver une place pour son bateau de plaisance en Bretagne. «Certains avancent le chiffre de 11.000 demandes en attente. Je placerais plutôt le curseur vers 7.000 indique Jean-Michel Gaigné, secrétaire général de l'Association des ports de plaisance de Bretagne (APPB) et directeur de celui de Saint-Quay Portrieux (22). Il y a une part de double comptabilité. Un plaisancier peut très bien postuler dans plusieurs ports. Certains aussi, entament des démarches alors qu'ils sont déjà bénéficiaires d'un emplacement. Pour rapprocher leur bateau de leur domicile par exemple.»

3.000 demandes au Crouesty
Au port du Crouesty (56), sur la presqu'île de Sarzeau (1.432 bateaux à flot) Marc De Ghellinck, le directeur, avance que la liste des demandes compte près de 3.000 noms. «Actuellement les places qui se libèrent reviennent aux gens inscrits en 1998.» À Port-La-Forêt (1.130 places), aussi, c'est l'embouteillage. Ici, il faut se réinscrire chaque année pour ne pas être rayé de la liste qui, en début de semaine comportait très précisément 1.156 personnes. «Le taux de renouvellement est de 6%. Il faut être patient», commente Jean-Claude Lannurien, le directeur du port.

L'antériorité seul critère des listes d'attente
Impossible de gratter des places. L'antériorité est le seul critère retenu. «Beaucoup de gens sont persuadés que certaines relations, supposées influentes, peuvent leur faire gagner du temps. Il n'en est rien. Nous restons et resterons intraitables sur le sujet». À Saint-Quay Portrieux, la situation est moins congestionnée. Ici Jean-Michel Gaigné compte - seulement - 525 demandes pour 1030 places. Pour en finir avec ces délais interminables, le secrétaire général de l'APPB prône une meilleure gestion de l'espace et du temps. «Il faut en finir avec la logique, un bateau un emplacement. D'autres solutions existent comme la mise au sec sur un terre-plein des unités qui sortent le moins. Un simple coup de fil la veille et le bateau est mis à l'eau. Ce système ne peut être fiable que si toute la chaîne est confiée au même opérateur.» Dans le Morbihan, la Sagemor, société d'économie mixte qui gère dix ports dans le département tente de favoriser la navigation entre les différents sites. Un passeport est proposé aux plaisanciers abonnés. Ce sésame leur permet de ne pas payer leurs deux premières nuitées en escale dans les dix ports gérés par la structure public-privé. Mieux, cette dernière paye la facture dans les ports partenaires que sont, par exemple, Brest ou Vannes. «On offre aussi une manutention gratuite à tout propriétaire de bateau qui prend le large pour 20 jours.» Ce système, qui favorise le roulement, permet d'obtenir une gestion plus souple des emplacements. Notamment en été quand la demande est au plus fort. Obtenir une place dans un port est une chose. La conserver, c'est prévoir un budget certain.

Plus de 2.000 euros l'année pour un 10 m
À Saint-Quay Portrieux, un emplacement ponton pour un 5m coûte annuellement 985euros. Pour un 10m, la facture s'élève à 2.200euros. À Port-La-Forêt on est sensiblement sur les mêmes jauges. Dans le Morbihan, par contre, il faut être plus généreux: 1.282euros pour un 6m et 2.394 pour un 10m. «Ce prix inclut le passeport escale, tient à préciser marc de Ghellinck. Et pas mal de prestations annexes, comme un aller-retour carénage et une manutention».

  • Didier Déniel

Port fluvial. L'autre solution

Sur la Vilaine, les marins d'eau de mer ont tendance à supplanter les marins d'eau douce. À Redon, à présent, on compte plus de voiliers que de pénichettes. Ce port à la ville situé à quatre heures de l'embouchure de la Vilaine, offre 120 places sur pontons. «Il s'agit d'une clientèle locale mais aussi d'Anglais et de Parisiens qui, grâce au TGV accèdent facilement à leur bateau», souligne Florence Mayet responsable de la délégation consulaire de la CCI de Rennes à Redon.

Redon investit
Ce port a d'autres atouts dans son jeu. «On offre une ouverture sur les côtes du Morbihan mais aussi la Manche via Rennes et le canal d'Ile et Rance.Ces acheminements qui sont assez longs ne gênent pas trop nos plaisanciers qui partent souvent pour longtemps.» Les prix aussi sont très attractifs. Ici une place à l'année pour un 10m est facturée 1.168euros. «L'eau douce aussi est bien moins agressive que l'eau salée, plaide Florence Mayet. On y gagne en entretien.» Dans les mois à venir, le port, qui est passé dans le giron de la communauté de communes a bénéficié d'un programme d'investissement. À savoir, la mise à disposition d'une cinquantaine de places supplémentaires sur pontons et la rénovation des équipements existants qui, avec le temps, ont pris de la gîte. Mais aussi le mouillage de pontons temporaires pour développer les escales.

Port à sec pour grosses unités
Plus en aval aussi, les choses bougent. À la Roche Bernard (1.080 places) un projet de port à sec pour grosses unités est prévu pour la fin de l'année. «On pourra y accueillir 200 bateaux de 15m maximum. Principalement des voiliershabitables» détaille Benjamin Guézet chargé de mission à la Sagemor. Les tarifs seront les mêmes que sur pontons. Comme partout ailleurs, la liste d'attente n'a pas tardé à se noircir. 150 préinscriptions ont déjà été enregistrées. Cette montée en puissance de la flottille de la Vilaine sera accompagnée à plus long terme du doublement de l'écluse d'Arzal, par laquelle transitent chaque année 15.000 bateaux. Le début des travaux est prévu en 2011.
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3 réactions

  • anel...
    Pitié
    Pitié Arrête de défigurer mon beau Pays Gardons nos côtes sauvages, ne construiser plus de port aussi affreux que celui de TREBEURDEN Ne défigurer plus nos côtes comme vous l'avez fait pour nos routes sinueuses et bordées par des arbres qui formaient de magnifiques voûtes ou ils étaient bons de se réfugier par les grandes chaleurs Maintenant sous prétexte de sécurité (Alors que nous luttons contre la vitesse) les arbres sont abattu voir tellement élagués qu'ils sont inexistant et de ce fait ne sont plus une protection contre le bruit. Gardons notre particularité nous ne sommes pas dans le midi quelle drame quant on voir le massacre touts sa pour des intérêts financier et pour le petit plaisir de certains
    Ajouté le 3 mai 2009 à 14h17
  • melo87
    Hoé matelots.
    Il était un petit navire de plaisance qui ne naviguait hoé,hoé, que une ou deux fois par an et qui le reste du temps restait a quai.O ! combien de marins du dimanche,combien de capitaine côtiers,ne prennent la mer qu'au mois d'août pour faire un petit tour.Moralité,si la vie et la crise sont trop dures,mettez les voiles,au moins votre bateau vous sera utile.
    Ajouté le 3 mai 2009 à 12h46
  • OASIS
    Plaisance en Bretagne
    Merci à Didier Déniel et au Télégramme de poser à travers cet article de fond les véritables enjeux de la plaisance et en même temps de mettre le doigt sur tous les potentiels d'un développement « raisonné et raisonnable » de cette plaisance en Bretagne. Avec près de 2700 km de côtes diversifiées notre belle région reste attractive par sa maritimité. Parler de « tourisme bleu » en Bretagne, ce sont le bleu turquoise et les embruns de l'Atlantique et de la Manche qui surgissent et dominent ! Parler de ce même tourisme bleu dans le bassin parisien, en Picardie, en Bourgogne, au coeur du Midi, ce sont les canaux et voies navigables qui en portent seuls tout le générique de ce tourisme et toutes les activités de transport ou loisirs liées à l'eau...douce cette fois! La maritimité en Bretagne a naturellement fait quelque ombrage à notre patrimoine fluvial par ses activités économiques relayées par celle des loisirs, plages littorales, la plaisance, et compétitions sportives. Remettre en enjeu le fluvial, c'est investir et faire fructifier cette ambivalence « Armor- Argoat » dans toutes ses dimensions liées au nautisme. La Bretagne des terres et de la mer en tirera profit ! C'est celle d'une certaine équité des territoires. Nous devons donner à notre patrimoine fluvial sa fonctionnalité territoriale en le réinsérant dans la vie des collectivités et rechercher les outils les plus performants de sa conservation, de son développement et de son utilisation dynamiques Il nous faut retourner à cette « civilisation » de l'eau témoin de notre passé pour nous réapproprier notre propre histoire, la mettre en valeur, et reconstruire à travers elle notre propre identité culturelle. Culture, histoire, paysages, environnement seront les catalyseurs de l'identité de notre région. Le canal de Nantes à Brest n'en est il pas le plus haute valeur symbolique ? Saint-Malo, Brest, Lorient, Arzal, Saint-Nazaire, avec nos rivières Rance, Aulne, Blavet, Vilaine et Loire, à la fois maritimes et fluviales, sont autant de portes de sorties que d'entrées en Bretagne. Nos canaux sont les chemins d'eau de « traverse » de cette belle Bretagne intérieure de la Manche à l'Océan : canal de Nantes à Brest, canal d'Ille et Rance, Vilaine et Blavet canalisés. Autant de patrimoines reconnus par les plaisanciers d'Europe et si peu exploités chez nous. . La région Bretagne va être propriétaire et gestionnaire du domaine public fluvial (DPF) à partir du 1er janvier 2010 dans le cadre de la décentralisation. Alors dans le cadre de l'Agenda 21 et d'une politique de relance d'investissements si prônée aujourd'hui (véritable aubaine pour nos entreprises de travaux publics et notre artisanat) il nous faut relancer les chantiers de grands travaux de réhabilitation de nos canaux qui apporteraient des solutions en matière d'infrastructures de ports de plaisance et préserver autant que se peut notre façade littorale. Il ne s'agit pas simplement de volonté politique, mais de conviction politique ! Le tourisme deuxième pilier de l'économie bretonne après l'agriculture, à travers le fluvial, se diversifiera et en répartira d'une manière équitable la valeur ajoutée entre Bretagne intérieure et littoral.. La Fondation du Patrimoine en collaboration avec le Comité des canaux bretons est en démarche très avancée avec des mécénats d'entreprises internationales pour le financement d'un plan incliné permettant le franchissement assuré du barrage de Guerlédan, ouvrage indispensable à la Bretagne mais qui a anesthésié l'épicentre du canal de Nantes à Brest. Remettre en navigation la section Guerlédan-Pontivy et le tronçon Coat Natous - Carhaix voilà les enjeux de l'urgence d'aujourd'hui et enfin Nantes sera reliée à Brest par voie fluviale. De Brest à Pontivy, de Pontivy à Lorient, de Pontivy à Nantes, de Saint-Malo à Rennes, et de Rennes à Arzal, voilà à la dimension macro-économico-géographique, de grands biefs touristiques où la notion de BIEF signifiant Bassin d'Intérêt Economique et Fluvial, la Bretagne devenue un espace d'aménagements structurants en terme d'haltes nautiques, ports de plaisances fluviomaritimes, du nord au sud et d'est en ouest... Ainsi, les chemins de halage rejoindront le sentier des douaniers...Quand la Bretagne se souvient de ses futurs oubliés, elle devient et reste celle de tous les possibles... Kader Benferhat Président du Comité des canaux bretons.
    Ajouté le 3 mai 2009 à 12h04

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