29 mai 2009 - Réagissez à cet article
Antoine de Maximy, l'aventurier de France 5, sera au festival Étonnants Voyageurs ce week-end à Saint-Malo. Un rendez-vous des plus appropriés pour celui qui sillonne le monde avec, comme unique compagnon, deux petites caméras et un seul but: dormir chez l'habitant.
L'étonnant voyageur typique, c'est vous, non?
Oui, je pense que ça me va bien. Si je suis invité au festival, c'est que certains le pensent en tout cas. J'ai voyagé toute ma vie. Les gens me connaissent au travers de l'émission «J'irai dormir chez vous» mais en réalité, cela fait trente ans que je voyage. J'ai fait des documentaires pendant des années avec des moyens importants, des équipes. Et puis j'ai eu envie de changer, envie de retrouver de la liberté, de la souplesse, de la rapidité. J'avais aussi envie de filmer des instants qu'on ne voit jamais. De vraies rencontres, des gens normaux...
Mais s'inviter chez les gens, n'est-ce pas un peu gonflé?
C'est un petit peu gonflé mais l'idée, c'est d'aller à la rencontre des gens avec un petit truc en plus. Ce qui m'intéresse, en premier, c'est de faire des portraits. Mais rajouter ce jeu de savoir si je vais réussir ou non à dormir chez quelqu'un, je trouve ça bien. Et pour moi, ce n'est pas un moyen de faire des économies. Quoi qu'il arrive, je prends une chambre d'hôtel. Ma priorité, ce n'est pas de voyager à l'économie mais de faire un film.
Et votre dispositif avec votre caméra fixée sur l'épaule, ça aide ou pas?
En fait, cela fait un merveilleux tri. Ceux qui sont introvertis m'évitent, ceux qui sont extravertis, et en général bons clients pour la télé, viennent vers moi. Cela en attire certains et en repousse d'autres.
Y a-t-il des pays où cela ne fonctionne pas?
Non aucun. Il y a juste des pays où le rapport avec les caméras est compliqué. Et pas seulement pour des raisons religieuses. Le pays où cela a été le plus difficile, c'était l'Australie. Cela n'amusait pas les gens. Alors que dans les pays où d'habitude ils n'aiment pas être filmés, ça les fait rire parce que c'est original. Dans les pays difficiles, il y a eu aussi le Japon, les Émirats et l'Iran. Les pays faciles, c'est le Mexique, le Maroc, l'Indonésie. Là-bas, il y a une tradition d'accueil qui est très développée.
Et en France, ça donne quoi?
Ça marche! J'ai fait deux épisodes. Au départ, je pensais que je ne serais accueilli que par des immigrés. J'étais sûr qu'eux seraient accueillants. En fait, il y a aussi des Français qui le sont. Mais surtout parce que c'est marrant. Je ne donne pas de leçons, je ne fais pas une étude de l'accueil dans le monde. Je m'amuse. Et les gens sont contents de s'amuser et de rencontrer quelqu'un qui veut aller chez eux. Je n'arrive pas chez les gens en criant au secours ou en disant que je ne sais plus où dormir, que je n'ai plus d'argent... Parce que l'accueil ne serait pas le même. Quel que soit le pays. C'est un jeu même si dans ce jeu transparaissent des choses profondes.
Ça donnerait quoi un «J'irai dormir chez vous» en Bretagne?
Les Bretons sont tous des têtes de con, vous le savez bien. Je plaisante! Je ne vois pas pourquoi ça marcherait moins bien ou mieux. Je ne connais pas très bien la Bretagne mais j'y suis quand même allé quelquefois. Et quand je parle à des gens qui ont entre 30 et 50 ans, je n'ai pas fondamentalement l'impression qu'ils sont différents des autres. C'est une constante que j'ai retrouvée partout sur la planète. Aussi bien au Japon qu'en Éthiopie ou dans les Émirats, les gens sont contents de voir quelqu'un qui leur apporte de la fantaisie. Je ne vois pas pourquoi les Bretons n'apprécieraient pas.
«Les gens sont contents de rencontrer quelqu'un qui veut aller chez eux». »
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