Le président de Rennes 2, Marc Gontard, a dénoncé aujourd'hui le "comportement terroriste" de la centaine d'étudiants armés de barres de fer ou de battes de base-ball qui continuent de bloquer l'université malgré un vote à bulletins secrets contre ce blocage la veille.
"Ce matin, nous avons trouvé devant les portes des bâtiments de l'université des groupes déterminés ayant sous le manteau des battes de base-ball. Ce sont des groupes qui ont un comportement terroriste. Je pèse mes mots", a déclaré M.
Gontard.
"Nous sommes démunis"
La direction a annulé les cours ce mardi à l'université de Rennes 2 (lettres et sciences humaines) en raison de ce blocage qui crée un risque de tensions sur le campus.
"On a voulu éviter l'affrontement pour la journée", a expliqué M. Gontard. "Face à une centaine d'étudiants violents, nous sommes démunis. C'est l'impuissance des démocraties face aux régimes totalitaires", a-t-il ajouté.
La semaine dernière en assemblée générale, un vote à main levée avait été contesté par certains bloqueurs. Le syndicat étudiant Unef a reconnu sa légitimité, contrairement à
Sud.
Manifestation prévue jusqu'à la gare rennaise
Un groupe d'étudiants grévistes a prévu de manifester mardi après-midi de l'université à la gare, qu'ils entendaient bloquer. Un important dispositif de forces de l'ordre a pris place
autour de la gare.
Ailleurs en Bretagne, la faculté de Lettres de Brest était bloquée depuis 7h aujourd'hui par des étudiants, qui ont disposé chaises et tables devant la porte du bâtiment. Le blocus pour une semaine de la faculté, qui compte environ 4.500 étudiants, avait été voté à main levée lundi, à l'issue d'une assemblée générale réunissant environ 600 personnes.
Rennes1 rejoint le mouvement
En milieu d'après-midi, des étudiants de Rennes 1, qui compte 23.000 étudiants environ, ont voté le blocage partiel des facultés de sciences et de philosophie à partir de demain pour protester contre la loi sur l'autonomie des universités. Ce blocage, voté à main levée lors d'un assemblée générale d'environ 500 personnes, doit se prolonger jusqu'à la prochaine assemblée générale jeudi. Les facultés de droit, d'économie et de médecine ne seront pas bloquées.
La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a «condamné avec vigueur» aujorud'hui «toute forme de violence et de dégradation» dans les universités, ainsi que les «blocages qui sont la source d'affrontements», alors que de nouveaux heurts se sont produits dans la matinée à l'université de Nanterre (Paris X) entre des étudiants et les forces de l'ordre.