Tests ADN. Nouvelle polémique
L'utilisation par François Fillon du mot « détail » pour évoquer l'amendement Mariani sur les test ADN pour le regroupement familial a provoqué un début de polémique, le terme étant politiquement sensible depuis son emploi par Jean-Marie le Pen pour évoquer les chambres à gaz.
Défendant hier le projet devant le Conseil national de l'UMP, réuni à Paris, le Premier ministre a évoqué "cette loi dont les polémiques ont grossi jusqu'au ridicule un détail, en masquant l'essentiel: qu'elle rendait à la France le droit de choisir son immigration, qu'elle renforçait la qualité des contrôles, qu'elle instaurait une politique d'intégration véritable (...)".
Des propos qui ont suscité des réactions dans la société civile et le monde politique, le mot détail étant d'un maniement sensible depuis que le leader du FN Jean-Marie Le Pen avait qualifié en 1987 les chambres à gaz de "détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". Propos qui avaient valu une condamnation en justice au leader d'extrême droite.
Le directeur général de France Terre d'Asile a vu dans les propos de M. Fillon "une stratégie préélectorale préoccupante". "Le mot détail, employé dans le contexte actuel, est lourd de sens et ne peut qu'attiser les divisions", a déclaré Pierre Henry. "Le Premier ministre n'a rien à gagner à manipuler les symboles sauf à considérer que l'agrégation de l'électorat d'extrême droite autour du bloc majoritaire vaut bien l'instrumentalisation de la question migratoire à 10 mois des municipales".
Même analyse pour Pierre Moscovici (PS), qui dénonce "une stratégie politique qui est celle de la droite, qui est celle de Nicolas Sarkozy qui a conquis l'électorat FN en grande partie et qui veut le conserver et inscrit sans arrêt à l'agenda l'immigration". Et de demander au chef de gouvernement de "rectifier" ses propos, estimant au Forum Radio J que "ce n'est pas un détail, c'est même quelque chose d'une gravité extrême".
Toujours au PS, Stéphane Le Foll, bras droit du numéro 1 François Hollande, a interpellé directement Nicolas Sarkozy, lui demandant de "confirmer ou contredire" son Premier ministre. "C'est une expression qui pour les socialistes est grave, très grave", a déclaré M. Le Foll, dénonçant lui aussi "l'intention de la majorité, qui est de faire à travers cet amendement un clin d'oeil au Front National".
L'amendement instaurant la possibilité de tests ADN dans le cadre des demandes de regroupement familial, adopté au Sénat dans une version largement édulcorée, a été critiqué jusque dans les rangs de la majorité. L'ancien premier ministre Edouard Balladur a ainsi demandé hier son retrait.ests ADN. Nouvele polémique
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(Photo AFP).
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