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Historique





Après l’abandon du « plomb » et le passage à la technique offset, de la fin des années 70 à la fin des années 90, le montage des pages était réalisé sur tables lumineuses.
80-90, la diversification

A la fin des années 80, avec 550 salariés dont 130 journalistes et une diffusion supérieure à 176.000 exemplaires, Le Télégramme poursuit opiniâtrement sa progression. Ces années marquent le début d’une diversification de l’offre sous la forme de suppléments : un hebdomadaire gratuit, Télé-hebdo, combinant programmes TV et annonces classées, un « Télé loisirs et modes » le mercredi, qui deviendra l’actuel Mag’, un supplément Sports le lundi et un supplément dédié aux programmes TV le samedi. Porté par la libéralisation des ondes, le journal a lancé sa radio privée, Radiogram, qui émettra pendant plusieurs années. Par ailleurs, le lecteur accéde à divers services télématiques par l’intermédiaire du minitel. En 1985, Le Télégramme se présente déjà comme une entreprise multimédia.

Nouvelles frontières

Le journal cherche aussi à s’extraire de son berceau finistérien et à développer sa zone de diffusion. En 1993, il lance dans le Morbihan une offensive commerciale importante en ouvrant une agence à Vannes, alors que le chef-lieu n’était couvert jusque-là que par un journaliste isolé. Dans le même temps, il accroît ses moyens rédactionnels à Saint-Brieuc afin de repousser au delà de Lamballe ses frontières orientales. La diffusion du supplément TV Magazine, édité par le groupe Hersant, va aussi doper les ventes du samedi. Le Télégramme récupère enfin une partie importante des lecteurs de la Liberté du Morbihan, le quotidien lorientais du groupe Hersant qui disparaît en 1995.

Plus tonique, plus lisible

Les années 90 sonnent le temps d’une profonde modernisation graphique et éditoriale du journal. Rompant avec la joyeuse « pagaille » créative qui animait jusque-là les pages du quotidien – titres à rallonge, textes interminables, multiplicité des polices de caractères - la présentation est structurée et simplifiée. L’objectif est de faciliter l’ « entrée » dans la page pour le lecteur, et de donner une hiérarchie forte à l’information. Stimulées par Hubert Coudurier, chef du service politique et futur directeur de l’information, les rubriques d’actualité générale, le reportage et l’enquête se développent alors fortement. Moins institutionnel dans le ton, le journal gagne en clarté dans sa forme. Cette nouvelle maquette prépare le terrain pour une prochaine évolution, encore plus radicale ! En 1995, Le Télégramme salarie 600 personnes (dont 140 journalistes), épaulées par 600 correspondants et 600 porteurs à domicile. Sa diffusion payée frôle les 195.000 exemplaires. Le journal a poursuivi sa diversification dans le domaine des gratuits d’annonces classées (Comareg), de la communication (Studio T), de la production télévisuelle (Master production) et il se prépare à créer un département « Editions ». La fin du siècle s’annonce tourbillonnante : sous l’impulsion d’Edouard Coudurier, nommé directeur général en 1996, le journal se modernise dans tous les domaines. Ventes, publicité, impression et, pour finir, rédaction : tous les services voient leurs outils, leur organisation et leurs méthodes évoluer en profondeur.

Une fin de siècle tourbillonnante

Fin 1996, le journal s’équipe d’une nouvelle rotative – un prototype mondial représentant un investissement de 50 MF – qui sera rejointe en 2001 par une deuxième machine identique. La salle d’expéditions, où sont confectionnés et routés les paquets de journaux, est équipée de matériels performants. En janvier 1998, une « édition du 7e jour », Le Télégramme-Dimanche, enrichie du magazine féminin édité par Hachette (Version Fémina), vient compléter l’offre de lecture. Les habitudes des journalistes, et celles des abonnés, sont un peu bousculées mais ce nouveau journal au demi-format (tabloïd) trouve rapidement son public et sa diffusion croît au rythme moyen de 10 % par an (en 2004, elle dépassera 60 % de la diffusion de semaine). Ce petit format, dynamique et maniable, va faire école...

La tornade internet

Dans le même temps, l’internet a fait une entrée fracassante dans le monde de l’information. Cette fois encore, Le Télégramme est pionnier. En avril 1996, il est l’un des tout-premiers quotidiens français à « mettre en ligne » toutes les nuits son contenu intégral. Le « local » rejoint le « global » : les nouvelles du pays parviennent aux Bretons de New-York avant même que l’édition du jour ne soit en kiosque à Quimper ! Les horizons qui s’ouvrent à la diffusion de l’information sont exaltants et, fidèle à sa tradition, le Télégramme fonce. Mais les ressources publicitaires attendues ne sont pas au rendez-vous. En 2001-2002, après avoir beaucoup investi, le journal ramènera la toile en attendant de nouvelles perspectives de développement et en se concentrant sur des secteurs rentables comme les annonces d’emploi (Ouestjob.com) ou les locations de vacances (Vacances.com). Les sites letelegramme.com et sail-online.fr restent également parmi les plus consultés dans leur domaine.

Le saut numérique

L’environnement informatique et l’organisation de la rédaction ont, en revanche, relativement peu évolué en quinze ans. Alors qu’un changement de génération se produit dans son encadrement, il est temps pour elle d’entrer à 100% dans l’ère du tout numérique. En 98-99, un nouveau système informatique soutenu par un réseau à haut-débit transforme le fonctionnement de la rédaction. Les anciennes cloisons, physiques et culturelles, entre la rédaction et « l’atelier » de production tombent peu à peu. Le journal, naguère réalisé par étapes successives, avec de lourds processus de mise en page, est désormais réalisé entièrement à l’écran, par des équipes associant journalistes et assistants techniques. Une information « tombe » à quinze minutes du bouclage ? En quelques « clics » de souris, la page est actualisée et remplace l’ancienne. Progressivement, les journalistes puis les correspondants locaux sont équipés d’appareils photos numériques (le processus sera achevé courant 2004). Entre le moment où une photo est prise à Vannes ou Saint-Brieuc, et celui où elle est imprimée, c’est maintenant l’affaire d’une poignée de minutes.

Plus près des lecteurs

Au saut de l’an 2000, les outils de la rédaction sont en place. Pour plus d’efficacité, la commercialisation de la publicité est détachée du Télégramme au sein d’une régie indépendante, Viamédia. Le journal est, d’un bout à l’autre de la chaîne, doté des meilleurs équipements. Avec 550 salariés dont 200 journalistes, il produit dix-sept éditions locales, un peu plus de 250 pages chaque jour dont 160 locales. L’enjeu est désormais de répondre encore mieux aux attentes des lecteurs – de plus en plus exigeants – et de planifier une rénovation marquante de la formule éditoriale. D’une part, rapprocher ceux qui réalisent les pages locales de ceux qui les lisent : jusque là regroupé au siège du journal, à Morlaix, le secrétariat des éditions locales va se décentraliser par étapes : Lorient, en 2000, puis Vannes et Saint-Brieuc, en 2003, enfin Quimper et Brest en 2004. D’autre part, donner une impulsion forte pour contrecarrer l’érosion de la diffusion qui, partout en France, inquiète la presse quotidienne.

Nouvelle formule, nouveau format

En 2001, l’ensemble de l’entreprise se mobilise autour d’un projet d’ampleur : diminuer de moitié le format du journal, en doublant le nombre de pages. Un graphiste réputé, l’affichiste quimpérois Alain Le Quernec, guide la rédaction dans la conception d’une nouvelle maquette. Trois numéros « zéro » sont testés auprès d’un vaste échantillon de lecteurs dont les remarques sont étudiées de près. Il est dit qu’on ne changera pas leur journal à la légère... Le 20 mars 2002 sort le premier numéro de la nouvelle formule. Le journal, tabloïd, est agrafé - encore une première . Son titre de Une, « Génération Bretagne », est un acte de foi dans les ressources du journal, l’énergie de sa région et la confiance de ses lecteurs. Et ils sont au rendez-vous. La formule, efficace, claire, répond à leur attente et la courbe de diffusion prend immédiatement une pente favorable vers le cap des 200.000 exemplaires vendus chaque jour. Un seul regret : en novembre 2001, soudainement emporté par la maladie, Jean-Pierre Coudurier quitte son journal, sa vie, sans voir cette nouvelle étape. Edouard Coudurier lui succède à la présidence du groupe. 2003-2004, le paysage de la presse quotidienne régionale française est tourmenté, entre rachats de titres, concentrations et plans sociaux. Mais le Télégramme, loin de cette agitation, garde son cap et trace son sillage. La mer a toujours été présente dans l’univers du journal. Ses informations font référence dans les milieux de la voile et de la course au large. En 2004, il crée de nouveau l’événement en rachetant la société Pen Duick et, simultanément, la mythique " Route du Rhum ". Des coups de tabac, l’avenir en réserve peut-être ; mais aujourd’hui la brise est bien établie. Le Télégramme a 60 ans, de l’eau sous la quille, et il reste tant de pages à écrire...

Olivier Clech

Ce n’est que tout à la fin des années 80 que l’informatique a fait son apparition dans les rédactions. Il avait d’abord fallu passer du stylo à la dactylographie.

Notre photo : André Rivier en 1970 à la rédaction de Brest dont il est aujourd’hui le chef.




Dans les années 70, le charismatique chef des Sports, André Herné, rédige un compte-rendu de match en direct, assis sur un coin de table, l’oreille tendue vers le poste « transistor ».

Face à lui, Emile Fouler, spécialiste de cyclisme, football et hippisme et derrière lui, Louis le Page alors jeune journaliste qui prendra lui aussi, plus tard, la tête du service.

Le 25 avril 1968, Le Télégramme publie sa première photo en couleur. Une prouesse technique qui, à l’époque, s’accommode bien mieux des images « cartes postales » que des photos d’actualité « chaude ».


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