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Accueil   > L'entreprise  > Historique  > de 1944 à 1980


Historique


18 septembre 2004, Le Télégramme a 60 ans. Au fil de ces 18.423 parutions, de l’ére du "plomb" à celle du gigaoctet, une extraordinaire aventure humaine et industrielle s’est tissée jour aprés jour, faisant de ce journal ambitieux et indépendant l’un des plus performants de la presse quotidienne française. Un journal qui se sent aujourd’hui plus jeune que jamais.


P’tit Jean André au clavier de sa linotype Mergenthaler. Cette machine, inventée à la fin du XIXe siécle, a été la clé de l’industrialisation des journaux. Elle permettait de composer des lignes de textes en juxtaposant des matrices de caractéres (en creux), à l’aide d’un clavier, dans lesquelles était injecté un alliage de plomb et d’antimoine. Les linotypes ont été retirées du service dans le courant des années 70. Il fallait alors de quatre à cinq ans pour former un ouvrier typo-lino. Photo Archives Télégramme.
Repliée à Morlaix en 1941, pour se protéger des bombardements qui allaient raser Brest, La Dépêche de Brest céde la place le 12 septembre 1944 au Télégramme de Brest et de l’Ouest. Le 18 septembre, le jour même où l’occupant dépose les armes à Brest, le n°1 du nouveau journal paraît sous le patronage du parti radical socialiste. Victor Le Gorgeu, ancien sénateur-maire de Brest révoqué par Vichy - l’un des quatre-vingts parlementaires qui avaient voté contre le régime de Pétain – va assumer la présidence de la jeune SARL, devenue société anonyme, en lui imprimant cette tonalité radicale. Nommé au Conseil d’Etat en mai 1947, il quitte cette fonction à laquelle lui succéde le directeur Marcel Coudurier. Assez tôt, le journal s’affranchit de sa filiation politique pour devenir un journal d’information généraliste, mais il restera fidéle à son héritage républicain et laïc (il gardera en Une, jusqu’à la fin des années 60, la mention « journal républicain du matin »).

L’inconfort et la pénurie

A la Libération, un noyau de résistants et d’anciens chefs de service de la Dépêche s’efforce, sous la direction de Marcel Coudurier, de relancer le journal. Dans les hangars d’un entrepreneur de travaux publics, l’entreprise redémarre dans l’inconfort le plus total et, dans un contexte de pénurie généralisée, l’équipe dirigeante doit batailler sans relâche pour obtenir son contingent de papier. Au format d’une demi-feuille et vendu 1,50 francs, Le Télégramme tire alors à 80.000 exemplaires en trois éditions. Au 1er mai 1945, l’effectif est d’environ 160 salariés dont quatorze journalistes et 80 techniciens. En 1946, le tirage est de 100.000 exemplaires ; mais l’inflation fait grimper les prix (6 F en 1946, 8 F en 48...) ce qui freine son développement. Ce n’est qu’en 1954, aprés dix ans d’efforts, que la situation économique de l’entreprise se stabilise.

Le journal s’installe

L’immeuble brestois est alors quasiment reconstruit mais l’entreprise et son personnel, qui a fait souche, se sont bien implantés à Morlaix.. Il est alors décidé que le siége et l’imprimerie resteront dans la cité du Viaduc, sur ce flanc de colline qui domine la Manufacture des cigares. Au début des années 50, le journal de huit à douze pages comporte sept éditions et tire à 110.000 exemplaires ; son prix est alors de 15 francs.

Accompagner l’essor breton

Bloquée jusqu’alors à 40 pages par semaine (en général deux numéros à huit pages et quatre à six pages), la pagination hebdomadaire monte en 1953 à 64 pages. Le contenu rédactionnel s’étoffe, une rédaction est ouverte à Quimper, la pagination quotidienne se stabilise à environ 14 pages quotidiennes au début des années 60, soit une quarantaine de pages différentes réparties en onze éditions locales. Durant cette décennie, Le Télégramme se fait à chaque occasion le défenseur d’une Bretagne qui veut émerger de son sous-développement d’avant-guerre. Par des articles sévéres, il dénonce le désintérêt du pouvoir central et il accueille avec enthousiasme chaque étape annonçant un décollage économique : centre de communication spatiale de Lannion, centrale atomique expérimentale de Brennilis, université, développement routier et désenclavement...

1968, l’arrivée de la couleur

En 1965, la couleur fait son apparition dans les pages du journal. Du rouge, essentiellement, et quelques dessins en trichromie. C’est modeste mais le processus est lancé et il concrétise l’intuition que la couleur sera avant longtemps un élément incontournable de la presse écrite. L’introduction de la technique offset, entre 1968 et 1970, fait passer un cap décisif au journal. Il abandonne progressivement la composition dite « chaude » (par la fusion du plomb) et l’impression typo (en relief), nées à la fin du siécle précédent, pour entrer dans l’ére de la photo-composition et de l’impression offset. Le 25 avril 1968 est imprimée, au prix de prouesses techniques, la premiére photo en couleur qui fait du Télégramme un pionnier européen en la matiére. Par la suite, la quadrichromie gagne peu à peu toutes les séquences du journal ; elle est présente aujourd’hui dans plus du tiers de ses 60 à 80 pages quotidiennes. Typo et offset vont cohabiter quelques années jusqu’à l’abandon définitif du plomb en 1977. Cette rupture préfigure l’évolution inéluctable des métiers du « livre » vers les arts graphiques. Les compétences techniques, naguére détenues par une caste ouvriére dotée de savoir-faire acquis durant un long apprentissage, se banaliseront fortement au milieu des années 90, à mesure que l’informatique et la PAO (Publication assistée par ordinateur) mettront à la portée de presque tout un chacun la réalisation d’une page sur un écran.

La carte locale

Au début des années 70, son effectif est de 519 personnes, dont 90 journalistes et 235 techniciens. Le journal compte alors de 16 à 20 pages et diffuse à 134.000 exemplaires. Sous la conduite de Jean-Pierre Coudurier, il connaît un fort développement, soutenu par une ambitieuse politique de portage à domicile qui fidélise son lectorat (et qui représente aujourd’hui 70% de sa diffusion quotidienne). Tout en s’attachant des chroniqueurs renommés, Le Télégramme affirme aussi sa vocation de journal d’information locale en multipliant les éditions, le nombre de pages consacrées à l’information de proximité et en développant son réseau de correspondants locaux. Sur le plan technique, la photocomposition évolue progressivement de l’ére électronique vers l’ére numérique et, dés 1972, l’ordinateur à bande perforée fait son apparition.

Les débuts de l’informatique

Pour le moment, l’informatique est un outil réservé à la production technique du journal. La rédaction n’est pas concernée et des journalistes se font encore tirer l’oreille pour laisser le stylo au profit de la machine à écrire. Car, pensent-ils, en perdant le contact sensuel du papier, ils perdront aussi l’inspiration. Cette crainte, pourtant démentie par les faits, restera vive lors du passage de la feuille de papier à l’écran, au début des années 90, puis au « tout numérique » à l’aube du nouveau siécle... C’est à la toute fin des années 80 que l’informatique fait sa premiére entrée dans les salles de rédaction. Auparavant la plupart des agences locales acheminaient leur production au siége du journal ainsi que les textes et photos des correspondants de leur secteur, dans des courriers quotidiens transportés par voiture ou moto à heure fixe. Bien souvent, les journalistes devaient revenir d’un reportage en roulant à tombeau ouvert pour ne pas manquer le courrier. Sinon, l’article était repoussé au lendemain et cette premiére frustration était agrémentée d’une engueulade... A partir de 1988, le rédacteur saisit son texte sur un petit terminal portable puis, connecté à une ligne téléphonique, le transmet directement au siége. L’information y gagne en fraîcheur.


Marcel Coudurier

Jean-Pierre Coudurier

Edouard Coudurier


Hubert Coudurier



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