20 janvier 2012
«Nous sommes à l'abri dans une baie, à l'est du cap Horn, a expliqué Bourgnon. Nous avons passé le cap vers 2h du matin. Tout est OK mais qu'est-ce que ça caille!» Les conditions de navigation dans le Pacifique ont été «très difficiles», a raconté le navigateur évoquant «des vents de 45 noeuds et des creux de 6m. Le plus dur a été la tension nerveuse et le froid. A un moment donné, nous n'avions plus que 4 m² de voile mais nous marchions quand même à 15noeuds. C'était démentiel!»
Combinaisons étanches en permanence
Paradoxalement, la navigation dans le Canal de Beagle, au début du raid, avait été laborieuse en raison de vents moins forts que prévu. «Nous sommes arrivés au cap Horn 6 à 8heures plus tard que ce que nous avions programmé. On a du faire avec... C'était notre premier Horn et nous ne sommes pas près de l'oublier», a confié Yvan Bourgnon par téléphone irridium. «Nous n'avons pas chaviré. Notre seul problème technique a été avec la grand-voile qui sortait du mât. On a dû s'arrêter dans le Canal de Beagle pour monter dans le mât et réparer. Sinon, le bateau est ok Sébastien l'avait préparé avec soin. On a réfléchi et travaillé sur ce projet». Le catamaran, un Nacra F20 de 6m de long, est équipé de foils et pèse 200kg en configuration raid. Il est dépourvu de cabine et l'équipage est équipé en permanence de combinaisons étanches. Bourgnon et Roubinet -un spécialiste des expéditions polaires- sont partis mardi matin pour accomplir une boucle Ushuaïa - Ushuaïa de 450 milles, via le canal de Beagle, la baie Cook et la poussière d'îles qui débordent le continent sud-américain. Hier soir, ils étaient à quelques milles d'Ushaia mais le vent était tombé et leur progression était très ralentie
Un tour du monde à l'envers
Ce raid de trois jours dans l'une des régions les plus hostiles du globe a été baptisé «Défi Terrésens Cap Horn» du nom de leur parraineur. En mars, Yvan Bourgnon veut tenter établir un temps de référence sur 24heures en cata de sport. Il a également un autre défi en tête le tour du monde à l'envers en multicoque pour lequel il lorgne sur Geronimo, le trimaran d'Olivier de Kersauson.
20 mai 2012 à 17h35