4 février 2012 - 1 réactions
En deux participations, Bertrand de Broc n'a jamais pu couper la ligne d'arrivée. On se souvient tous de cette histoire à dormir debout quand, dans les 40es, il avait dû se recoudre la langue, seul, en suivant les soins prodigués à distance par le docteur de la flotte. Deux semaines plus tard, les architectes de son bateau l'alertent que la quille de son 60 pieds menace de céder. La mort dans l'âme, il avait abandonné en Nouvelle-Zélande.
Ni sponsor, ni bateau
Quatre ans plus tard, il remettait cela avec son projet «Votre nom autour du monde» pour le moins original : 6.000 personnes avaient versé 250 francs pour avoir le droit d'écrire leur nom sur la coque. Mais hélas, après une escale à Ushuaïa qui le mettait hors course, il avait chaviré à la veille de son arrivée aux Sables-d'Olonne, après 117 jours de mer. Rageant ! Mais de Broc est du genre tenace. Le 10 novembre prochain, il veut être sur la ligne de départ. Et, une centaine de jours plus tard, sur cette même ligne d'arrivée. Le pari est loin d'être gagné car, à neuf mois du coup d'envoi, il n'a ni sponsor, ni bateau. Alors, il a décidé de relancer l'opération «Votre nom autour du monde». «En 1996, les gens avaient trouvé cela génial. Je me dis que, 16 ans plus tard, ça peut encore marcher».
30.000 noms à 50 euros...
Cette fois-ci, la mise est de 50 euros. Pour réunir le budget de 1,5 million d'euros, le marin a besoin de 30.000 personnes. Le temps presse. Le départ est dans neuf mois. «C'est jouable, je suis confiant. J'ai déjà contacté plusieurs entreprises. Certaines ne peuvent pas mettre 1,5 million d'euros mais elles seraient partantes pour 50.000 euros». Soit 50 euros pour une société de 1.000 personnes ! «L'idée d'avoir son nom, qui fait le tour du monde, plaît. C'est concret. En clair, je monte le spectacle, je l'anime et eux regardent».
Via internet
Contrairement à la première opération en 1996, où internet n'en était qu'à ses balbutiements, cette fois-ci, le public pourra souscrire sur la toile ou par téléphone (1). «C'est un sponsoring un peu particulier mais c'est aussi un projet qui va créer quelques emplois», ajoute de Broc. Une personne a déjà été embauchée et si l'opération fonctionne bien, le skipper prévoit d'intégrer dix personnes au total. Reste, bien entendu, à trouver le bateau. Plus la date du départ approche, plus les bonnes montures se font rares. «Il en reste quelques-unes sur le marché, à acheter ou à louer». Le Quimpérois a, bien sûr, envisagé le mauvais scénario : «Si c'est très mal engagé mi-avril, il faudra arrêter». Dans ce cas, Bertrand de Broc devra se contenter d'une Transat ag2r entre Concarneau et Saint-Barth', en compagnie du Basque Amaïur Alfaro. «Il faut que je continue à naviguer», dit-il. Sur l'Atlantique, c'est acquis. Autour du monde, ça dépend de nous...
(1) Adresse du site internet qui sera mis en service ce week-end : www.bertrand-de-broc.fr.
20 mai 2012 à 17h35