Voile. Port de Brest : la gratuité pour Banque Populaire fait grincer des dents
Combien paye, dans le port du Château de Brest, un trimaran chasseur de records? Rien ! Si la gratuité se justifie d'un point de vue médiatique, elle fait encore grincer des dents du côté des plaisanciers lambda à qui l'on ne fait aucun cadeau.
Allez expliquer cela à un plaisancier qui paye 45 € la nuit sur leponton visiteur du port du Château ou entre 2.000 et 3.000 € à l'année. Allez lui dire que le trimaran de 40m de long sur 23m de large skippé par Loïck Peyron, qui a coûté une dizaine de millions d'euros (et une poignée d'autres en fonctionnement par an), ne reçoit même pas de facture pour plusieurs semaines passées dans le port! Allez lui confirmer que le partenaire financier, un banquier, n'a rien àpayer, lui! En termes d'équité etde partage des frais portuaires, il y a de quoi trouver la pilule plutôt amère. Pourtant, à y regarder de plus près, le passage de ce voilier d'exception génère son lot non négligeable de retombées.
Largement gagnant
Cette gratuité portuaire fait partie des accords passés entre le sponsor et la ville concernée. C'est prévu dans le packaging. En gros, pas de facturation des stand-by, si le retour victorieux s'effectue au port de départ. Une facture, émise et envoyée après la fête, manquerait cruellement d'élégance, surtout au regard des retombées médiatiques dont a bénéficié la ville. Toute la question se situe là. Pour une ville qui accueille ce genre de record, le calcul est vite vu. Leprincipe d'équité populaire nesurvit pas bien longtemps face aux enjeux promotionnels etmédiatiques.
Prix de la com'
Samedi, les 4.000 à 5.000 spectateurs ont tout à fait abondé lecalcul. Les retombées en presse nationale et internationale, lesimages produites et diffusées aux quatre coins de la planète ont conforté cette ligne promotionnelle. À six mois d'une fête comme les Tonnerres, Brest a décidé de mettre le paquet autour des grands rendez-vous maritimes. Mais au lieu de jouer cartes sur table, la direction portuaire serefuse à expliciter etàrevendiquer cette gratuité (aucun des interlocuteurs sollicités n'a souhaité s'exprimer sur le sujet). C'est pourtant mieux de le dire, et particulièrement après lemoment de grâce vécu samedi dans le port. Et si la proposition de la ville deBrest n'avait pas été à la hauteur, on imagine que Lorient ?qui accueille à l'année dans son port-base le maxi-trimaran Banque Populaire V ? neseserait pas fait prier pour tirer lesmarrons du feu.
Quand les sponsors feront payer
Reste, toutefois, d'autres questions en suspens. La ville deBrest règle-t-elle le gestionnaire du port pour les frais de stationnement du trimaran? A priori non. La ville de Brest verse-t-elle une somme d'argent au sponsor pour accueillir ce genre de bateau dans son port (la pratique s'est déjà vue ailleurs)? Réponse négative du service decommunication de la mairie, qui assure qu'à part les moyens déployés en interne, aucune incitation de ce genre n'est versée pour attirer ce genre d'événement. On pense évidemment aucoup de pouce pour l'équipement de Penfeld à l'occasion dela venue des Miss... La gratuité est donc de mise pour ces bateaux qui, pourtant, ont largement les moyens de régler leur prestation portuaire. Mais on nous assure qu'aucune incitation financière n'intervient pour attirer les chasseurs derecords. Pour le moment... Avec des budgets à justifier etdans des contextes économiques de plus en plus tendus, les sponsors ont parfaitement compris les e
njeux et les retombées qu'ils génèrent. Ils ne devraient pas tarder à les monnayer aussi dans la voile.
7 réactions
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jean...
Chasseurs de records
En tant que plaisancier je suis choqué par ce manque de transparence entre La ville de Brest et BREST'AIM...à moins que le contrat d'affermage entre la ville de Brest et BREST'AIM précise ce point .
Dans mon contrat de plaisancier il n'est mentionné nul part que je participe au sponsoring des évenements nautiques de la ville de Brest.
Il est certain que la notoroété de la ville en est renforcée, mais cela doit en toute légalité faire partie des budgets de la ville et non du concéssionnaire des ports et des plaisanciers.
Ajouté le 13 janvier 2012 à 15h04
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Du
on se pose la question pour d'autres sports ?
depuis quand fait-on payer le stade à Bolt ? un court de tennis à Nadal ?
faut arrêter un peu de le délire de vouloir mettre une étiquette sur tout. Brest gagne de la notoriété avec ce trophée, c'est une bonne chose. Il faut savoir être beau joueur. A combien on estime la part de rêve que nous apporte les sportifs ?
Ajouté le 13 janvier 2012 à 14h21
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be good
Dindon de la farce
La semaine dernière, lors de l'accueil du "Banque Populaire" à Brest, je demandais pourquoi celui-ci ne rentrait pas directement à son port d'attache. Votre article me donne la réponse: échande de quelques jours de stand-by contre la gratuité au port du Chateau.
Là où je ne suis pas d'accord, c'est quand vous dites que" si l'offre de Brest n'avait pas été à la hauteur, Lorient ne se ferait pas prier pour tirer les marrons du feu". Pour moi, au contraire, c'eut été un juste retour des choses, car dans l'état actuel , Brest qui profite exclusivement du battage médiathique, est le profiteur, et Lorient le dindon de la farce.
Ajouté le 13 janvier 2012 à 13h50
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quaio
créer de l actif
Les différentes communautés territoriales devront réussir à faire payer l' utilisation de leur image par des sociétés privées ,un port comme Brest est unique par son histoire , sa géographie , son potentiel ,qu une marque l utilise pour sa pub pourquoi pas mais avec un cout pour elle ,Brest a évidemment besoin de promotion mais ce sponsor du trophée Jules Vernes aussi .
En ces périodes d endettement créer ou faire valoir ces immenses actifs en collatéral va devenir nécessaire .Une partie des droits d inscription pourrait ainsi dans cette logique revenir a la ville .
Offrir la gratuité du port en contre partie de l arrêt au retour victorieux me semble avoir été ici une très bonne idée , le jules vernes étant une course jeune qui a besoin d être promotionnée .
On peut l imaginer déclinée en plusieurs classes ,longueur de bateau ,monocoque, multicoque ,en équipage , en double pour augmenter le nombre de défi par hiver .
Ajouté le 13 janvier 2012 à 09h45
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Philibert
Pas choquant.
Les retombées économiques doivent largement compenser le manque à gagner.
Et puis, je ne pense pas qu'on fasse payer la place de parking à une formule 1 lors des grands prix.
Ajouté le 13 janvier 2012 à 12h47
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dune
Des marges de progrès!!!
Je vous invite à vous rendre à Marmaris en Turquie, vous comprendrez ce qu est un port de plaisance!!!
Quand vous arrivez vous êtes pris en charge par les employés du ports qui s'occupent de tout, accostage, bouts branchement du bateau en eau et électricité pour un bateau de12m vous payez 900EUR à l'année .
Vous disposez de tous les services, restaurant, banques, supermarchés, atelier mécanique, carénage, hôtel motel, salle de sport piscine... médecin il y a même un vétérinaire.
Une navette pour rejoindre le centre ville, c'est sur quand vous voyez le nombre de bateaux qui choisissent ce port vous comprenez pourquoi!
il y a également un bateau Néerlandais, (toujours eux!) qui transborde les bateaux de l'atlantique à la Méditerranée, c 'est un cargo qui coule ses cales les bateaux son chargés en eau et déchargés également en eau.
alors bon courage à Brest mais avant d'attirer une telle clientèle, il va falloir en faire de la promo
Ajouté le 18 janvier 2012 à 17h56
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dune
Brest mal située
Contrairement à l'idée que se font ceux qui ne connaissent pas la mer, Brest coincée entre raz de Sein et Fromveur est très mal placée pour rivaliser avec ses soeurs du Sud Bretagne ou Saint Malo.
Pour entrer à Brest en venant du Sud comme du Nord les courants présentent de réels dangers et seuls des marins expérimentés peuvent s'y risquer, je ne parle pas des conditions météo souvent très dégradées même en été, brouillard en particulier.
alors que pour les autres destinations en particulier les ports du Sud Bretagne il y a beaucoup moins de dangers.
Ajouté le 14 janvier 2012 à 10h27
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