18 janvier 2012
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Baptisée "Défi Terrésens Cap Horn", cette expédition dans l'une des zones de navigation les plus périlleuses du globe, est "un projet un peu fou", avait confié Bourgnon en décembre dernier. "Mais je n'ai jamais passé le cap Horn et il était temps que je fasse quelque chose!", avait-il ajouté au cours de cet entretien.
Une "ballade" de trois jours sans assistance
Bourgnon, 40 ans, est un récidiviste de ce genre d'aventures, vivement déconseillées au commun des mortels. En septembre 2010, il avait traversé la Méditerranée avec Jérémie Lagarrigue, reliant Marseille à Carthage (Tunisie) en 53 heures et 52 minutes sur un engin du même type, conçu pour régater dans des eaux abritées. Cette fois, Bourgnon et Robinet - un spécialiste des expéditions polaires - veulent accomplir une boucle Ushuaïa/Ushuaïa de 450 milles/810 km (théoriques), via le canal de Beagle, la baie Cook et la poussière d'îles qui débordent le continent sud-américain. Une "ballade" de trois jours sans assistance, avec passage dans le Pacifique et retour par l'Atlantique, une fois passé le Horn de sinistre réputation.
Dépourvu de cabine
Le catamaran Nacra F20 choisi par Bourgnon mesure 6 mètres de long, est équipé de foils (dérives courbes) et pèse 200 kg en configuration raid. "Tout a été renforcé, avait précisé le marin suisse, notamment les voiles, mais les coques et les poutres sont d'origine. On n'est pas fou, on sait que le bateau tient le choc et nous savons le redresser s'il chavire". "Nous l'avons très peu alourdi et n'embarquerons que le minimum de nourriture", avait-il souligné, notant que Roubinet et lui allaient vivre en permanence en combinaison étanche car le voilier est dépourvu de cabine. "Les efforts physiques et la tension nerveuse seront importants, avait-il reconnu. Dans des aventures comme celle-ci, on est secoué en permanence. La fatigue arrive vite et il faut dormir un peu, par tranches de quelques minutes, malgré les embruns qui giclent sans arrêt et l'eau qui passe à travers le trampoline".
Un voilier sera positionné au cap Horn, au cas où. Mais en cas de pépin, il ne pourra guère que donner l'alerte aux garde-côtes chiliens et argentins. "On ne pourra compter que sur nous mêmes", avait expliqué le navigateur suisse.
Vainqueur de la Jacques-Vabre en multicoques avec son frère Laurent en 1997
Yvan Bourgon et son frère Laurent ont écrit quelques-unes des plus belles pages de la voile suisse de compétition. Dur au mal, il a la réputation de ne pas avoir froid aux yeux et possède un superbe palmarès en multicoques océaniques, avec de nombreux records en tous genres et (notamment) une victoire dans la Transat Jacques-Vabre 1997 sur le trimaran Primagaz.
20 mai 2012 à 17h35