21 janvier 2012
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"Tous les dangers étaient réunis", a déclaré Bourgnon, soulignant toutefois que cette expédition - baptisée "Défi Terrésens Cap Horn"- dans l'une des régions les plus hostiles du globe avait été "très bien préparée pour en minimiser les risques".
Le marin suisse et son coéquipier Sébastien Roubinet ont rallié Ushuaïa jeudi à 20h45 (21h45 heure française), 60 heures et 30 minutes après en être partis à bord d'un Nacra F20 de 6 mètres de long, un catamaran de sport conçu pour régater dans des eaux abritées.
Une navigation avec des centaines de baleines
Pendant un peu moins de trois jours, les deux hommes ont vécu engoncés dans leurs combinaisons étanches, dormant par bribes de quelques minutes sur un trampoline noyé sous les embruns. "C'était hostile, exceptionnel, a-t-il raconté dans une conversation téléphonique. A la sortie du Canal de Beagle, en entrant dans le Pacifique, nous avons navigué avec des centaines de baleines. C'était magique!"
"Le vent est monté à 50 noeuds" : "on ne faisait pas les malins"
Le moment le plus dur a été le "run" d'une douzaine d'heures dans le Pacifique, a-t-il expliqué. "La mer était pourrie. Nous risquions d'être éjectés à tout moment. On s'accrochait, concentrés pour éviter de chavirer. On essayait de freiner le bateau...".
Après le cap Horn, le vent est monté à 50 noeuds (près de 90 km/heure). "Nous partions en survitesse sur les vagues, c'était surréaliste, a-t-il indiqué. Nous avons plusieurs fois frôlé la catastrophe. Il a fallu quasiment tout affaler mais on marchait encore à 15 noeuds". "Pendant une heure et demie, on ne s'est plus parlé, a poursuivi Bourgnon, pourtant réputé pour son sang froid et son habitude des situations difficiles. On ne faisait pas les malins. Nous savions que nous ne pouvions compter que sur nous-mêmes dans une mer où la durée de vie est de deux heures!".
Une fois passé le cap Horn, les deux hommes se sont accordé quelques heures de repos, au mouillage dans une baie abritée. "Nous avons dormi l'un contre l'autre, abrités sous la voile affalée. Nous avons même réussi à avaler un plat auto-chauffant, le premier depuis le Canal de Beagle".
En projet, un tour du monde en solitaire contre les vents dominants sur Geronimo
Bourgnon, 40 ans, va maintenant se lancer dans d'autres aventures. A la mi-mars, il sera à Fortaleza, au Brésil, pour établir avec le même catamaran une distance de référence sur 24 heures. Objectif: 800 km ! Puis, fin 2013, il veut se lancer dans un tour du monde en solitaire contre les vents dominants - d'est en ouest- après avoir racheté à Olivier de Kersauson le trimaran géant (36 mètres) Geronimo. D'un extrême à l'autre!
20 mai 2012 à 17h35