13 janvier 2009
Pas de répit pour les concurrents du Vendée Globe toujours en mer après 64 jours de course... sauf peut-être pour Michel Desjoyeaux, qui décidément passe entre les gouttes.
Des coups de vent sont annoncés à tous les étages.
Comme en Bretagne où le ciel s'est chargé d'humidité et où le vent s'est renforcé, tous les solitaires vont subir de forts vents et une mer démontée : 50 noeuds de nord-est dans les grains pour Roland Jourdain, une mer très croisée pour Armel Le Cléac'h -qui est malgré tout le plus rapide (3-4 noeuds de plus que les deux premiers)-, et, surtout, 60-70 noeuds avec des creux de 10-12 m pour les bateaux qui descendent sur le Horn, Arnaud Boissières, Dee Caffari et Brain Thompson. Les deux derniers, eux, ne sont pas épargnés puisque Raphaël Dinelli et Norbert Sedlacek pourraient essuyer des rafales à 55 noeuds.
Guillemot :
un paquebot au Horn
Ils sont désormais cinq à naviguer, de nouveau, dans l'Atlantique. Hier, Marc Guillemot, à la barre de « Safran », a enfin doublé le cap Horn. Au lever du jour (8 h 30, heure française), le Morbihannais est enfin sorti du Grand méchant Sud. Pas mécontent de laisser le Pacifique dans son sillage. « Ça fait du bien. C'est la récompense de 30-35 jours dans les 40 e s avec un stress permanent. C'est peut-être le début d'un repos mental et physique. Il faisait un "jour foncé" et j'étais à 8-9 milles du caillou, je n'ai pas vu grand-chose ». Pas grand-chose, juste un paquebot : le même que Roland Jourdain il y a quatre ans ? « C'était drôle. On vient de passer de longues semaines dans un désert maritime et, à peine revenu dans l'Atlantique sud, je croise un paquebot ».
Test de fiabilité
à bord de « Veolia »
Maintenant, cap sur les Malouines où Marc Guillemot va réparer son rail de grand-voile pour finir ce tour du monde avec tout le potentiel de son plan VPLP-Verdier : « Je devrais y être demain après-midi. Si on a l'autorisation de prendre le mouillage de la marine, je le ferai. Sinon, je me mettrai sous le vent de l'île, le bateau à la dérive. Mais je serai plus serein sur un coffre ».
Pendant ce temps-là, à l'avant de la flotte, Michel Desjoyeaux fausse doucement compagnie à Roland Jourdain, qui est, pour l'instant, dans la phase « test de fiabilité » de sa réparation. Il ne peut donc pas se battre à la loyale. En 24 heures, Bilou a perdu plus de 100 milles sur le leader : « J'ai eu un bon coup de vent la nuit dernière (nuit de dimanche à lundi). Je la joue pédale très douce. J'ai même mis en fuite quelque temps car ça tapait beaucoup ». Et ce n'est pas fini, Roland Jourdain devait affronter une nouvelle dépression, formée au Brésil.
Dilemme
Le skipper de « Veolia Environnement » a un véritable dilemme. Plus sud que « Foncia », le Quimpérois est soumis à des grains orageux plus violents et une mer plus formée. Et au près, le bateau, sous-toilé, tape plus mais moins violemment. « Je suis en convalescence, il faut que j'y aille crescendo. Et puis, il reste trois semaines avant les Sables, il va encore se passer des choses ».
C'est certain, vu tout ce qu'il s'est passé depuis le 9 novembre, il serait étonnant que les trois semaines qui viennent se déroulent sans rebondissement. Même si, Michel Desjoyeaux est encore au bon endroit au bon moment : son décalage dans le nord, lui permet d'éviter le plus fort de la dépression et de poursuivre sa route vers le Pot au Noir. Sereinement.
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