28 janvier 2012
En 2011, il a survolé la Solitaire du Figaro, remporté la Transat Jacques Vabre et frôlé le titre de marin de l'année. Avec de tels résultats sportifs, il aurait été incompréhensible que Jérémie Beyou ne soit pas au départ du Vendée Globe.
Un 60 pieds très convoité
«Mais cela n'est pas automatique, il ne suffit pas d'être performant sur l'eau», répétait-il alors qu'il s'expliquait à rebondir sur son bilan sportif. Dans cette course au sponsor, il faut parfois un petit coup de pouce. Pour Jérémie Beyou, celui-ci est venu d'un autre marin assuré d'être au départ de cette édition, Vincent Riou. Dans le cadre de relations publiques, ce dernier a accueilli sur son son 60 pieds PRB les dirigeants de Maître CoQ. Le skipper bigouden, vainqueur du Vendée Globe 2006, n'a pas hésité à leur recommander Jérémie Beyou qui sera pourtant un adversaire coriace. Ce contact facilité, l'histoire s'est bien enchaînée. Le premier rendez-vous a eu lieu début décembre pendant le salon nautique. «Leur démarche était de faire progresser leur notoriété de marque et de fédérer en interne. Ils cherchaient un skipper ayant fait ses preuves et partageant leurs valeurs. Il fallait aussi que le courant passe car il y a forcément de l'humain dans un tel projet. Derrière, tout s'est très vite enchaîné. Cela m'a permis de construire le projet au niveau juridique et financier et de mettre une option ferme sur un 60 pieds très performant l'ex Foncia». Ce 60 pieds (plan Farr), avec lequel Michel Desjoyeaux a remporté le Vendée Globe et terminé second de la Barcelona Race, était très convoité. La société de Jérémie Beyou l'a acquis cette semaine et un mât a, par ailleurs, été acheté aux Espagnols. «Je connais bien ce bateau pour avoir disputé le tour de l'Europe et la Transat Jacques Vabre 2009 avec Michel. C'est le meilleur de l'ancienne génération. Les derniers-nés ont encore progressé, mais on n'a pas le temps d'aller trop loin dans le développement. Le socle du projet c'est d'être fiable et compétitif».
«Ma carapace est plus épaisse»
La démarche de Jérémie Beyou, qui a constitué son équipe technique, va être de naviguer intensément à partir de mars. Le tour de l'Europe en équipage en mai ne figure pas à son programme. «Il ne faut pas que je me trompe d'objectif, le mien c'est le tour du monde en solitaire».Contraint à l'abandon dans la précédente édition, suite à un problème de gréement sur son Delta Dore, il rêvait d'être sur la ligne de départ en 2012. Il y revient avec d'autres ambitions. «Il y a quatre ans, je venais du Figaro, la marche était haute et je partais dans l'inconnu. Aujourd'hui, j'ai un autre vécu, ma carapace est plus épaisse. J'ai plus d'expérience du pilotage du projet et de ces 60 pieds. Il y a donc beaucoup moins d'appréhension du support et du parcours. Sportivement, je suis confiant». Si la Solitaire du Figaro est la course de coeur, le Vendée Globe est, à ses yeux, la course majuscule. «C'est une aventure qui reste mythique», dit-il. Ne pas la disputer aurait sans été une vraie frustration. Mais il sera bien sûr la ligne le 10novembre. «Dans ma tête, j'y suis depuis des mois voire depuis des années. Le plus dur reste à faire mais je vais bosser et y aller avec un esprit conquérant». A 36ans, Jérémie Beyou, qui a montré tout son talent, sera un sérieux client au podium.
23 février 2012

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