3 janvier 2012
Loïck Peyron et ses treize équipiers sont engagés dans le final de leur tour du monde. Mais on ne peut parler de dernière ligne droite car l'anticyclone des Açores leur impose de faire le «tour de la paroisse», loin de la route directe pour rentrer à la maison. Hier, le maxi-trimaran faisait cap au nord-ouest pour aller chercher le train de dépressions qui le ramènera à la vitesse grand V vers cette ligne d'arrivée à Ouessant.
Régime de grains
Hier, il fallait composer avec un vent irrégulier et négocier une succession de grains comme l'expliquait Xavier Revil: «C'est plutôt confortable pour le moment. Il n'y a pas beaucoup de vent depuis quelques heures. On se bat un peu avec les grains qui nous empêchent de progresser, mais c'est conforme aux prévisions. Nous ne pointons pas les étraves vers la maison mais on investit pour la suite.» La patience est aussi une vertu indispensable dans cette quête du record et le capital d'environ 1.000 milles d'avance permet d'appréhender la situation avec sérénité.
Un TGV pour Ouessant
Cette phase de transition a été encore mise à profit pour checker la machine avant de lâcher les chevaux pour rejoindre la Pointe de Bretagne. Peyron et ses hommes vont rapidement retrouver du vent et des conditions plus fraîches: «D'ici une douzaine d'heures, on va réaccélérer et prendre le train, le TGV même, qui va nous amener à la maison. Nous n'empannerons pas parce que le vent ne va faire qu'adonner. On est tribord amures depuis à peu près huit jours et on va rester comme ça en bordure d'anticylone et de dépression. Il y aura peut-être quelques petits recalages, mais la trajectoire va être très arrondie et sur un même bord. C'est le plus long tribord de toute ma carrière», expliquait Xavier Revil.
46 jours de nourriture
D'ici la fin de semaine, les 14 marins, qui, hier, en étaient à leur 41e jour de navigation, auront bouclé leur tour du monde sur ce trimaran d'exception. Avec Loïck Peyron à la baguette d'un orchestre déjà en place, la partition a été bien jouée. Même côté intendance, il n'y pas eu de fausse note. Un bon point pour Xavier Révil en charge de l'avitaillement. «Nous étions partis avec 46 jours de nourriture, on va être juste pile-poil. On va peut-être manger des nouilles chinoises sur la fin. Tout s'est bien passé à ce niveau malgré l'humidité ambiante à bord. Globalement, tout le monde est content mais on a hâte de manger un steack-frites à l'arrivée à Brest». Cela pourrait bien être dès vendredi. Mais dans ce dernier acte, Loïck Peyron et son équipage, sur la voie royale, vont jouer la sécurité et pas forcément pousser leur puissante monture dans ses derniers retranchements.
27 mai 2012 à 07h54

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