25 novembre 2011
21 jours, 17heures, 59 minutes et 8 secondes, c'est le temps qu'il aura fallu aux deux marins d'«Aquarelle.com» pour boucler cette dixième édition aux conditions musclées. Aux avant-postes depuis le départ, ils ont parfaitement négocié les pièges rencontrés sur la route notamment grâce à un départ tout en audace et à une parfaite gestion des coups de tabac. Retour sur une victoire annoncée.
De l'audace...
La course s'est peut-être jouée dès les premières heures. «On savait qu'on allait se prendre deux grosses dépressions et on a bien senti la température sur les pontons: les gars allaient jouer la carte de la prudence». Dans un discours à deux voix, dans lequel on entend parfaitement la belle entente du duo, Yannick et Eric rejouent le film. «Après avoir beaucoup discuté, on s'est dit qu'on allait lancer le grand spi sur la ligne de départ, ce qui nous a propulsés en tête. C'était, certes, une prise de risque, mais calculée et au final ce fut la bonne stratégie».
... et de la gestion de crise
Des chevaux si bien lancés qu'«Aquarelle.com» a joué ses quinze premières heures avec les 60 pieds, ce qui donne un aperçu de l'enthousiasme des deux garçons. «On a pris cette décision après discussion. On a un peu de bouteille tous les deux et on a l'habitude de se mettre dans le rouge». Le coup du grand spi ayant parfaitement fonctionné, les deux compères se sont retrouvés avec une avance suffisamment confortable pour gérer plus sereinement les deux dépressions annoncées. «C'est vrai que dans le Golfe de Gascogne, puis aux Açores, on a fait le dos rond. On avait joué notre carte et on avait une centaine de mille d'avance, après, il s'agissait de gérer notre avance et de négocier avec le mauvais temps». Et question «brafouille», sur cette dixième édition, les marins ont été servis: des vents jusqu'à 55 noeuds, des creux de huit mètres, ils ont écouté les bateaux souffrir. «On a eu un peu de casse, un balcon avant, un génois et un spi déchirés mais rien de structurel».
Parfait duo
Et sur la ligne d'arrivée, les visages radieux mais aux traits tirés témoignaient de l'âpreté des conditions. «Pendant les gros coups de vent, il n'y a eu aucun stress». Un sang-froid déjà éprouvé avant le départ lors d'une fortune de mer qui aurait pu compromettre leur présence sur la ligne de départ. «C'est vrai qu'à la suite d'un problème avec un safran pendant le convoyage, on a failli couler. Ce n'était pas évident de pouvoir partir, il fallait trouver les compétences pour remettre un safran en place en un temps record ainsi que toute l'électronique en marche. On a contacté les bonnes personnes et ça l'a fait». La ligne fut franchie, une victoire à la clé. Mission accomplie.
24/11/2011 Arrivée victorieuse d'Aquarelle... par TransatJacquesVabre