29 octobre 2011
Le monde du multicoque est en pleine effervescence. Les catamarans équipés d'aile rigide sur la Coupe de l'America, les MOD 70 nés sur les cendres de l'Orma, les Ultimes. Et au milieu, les Multis 50, souvent en concurrence avec les Imoca, qui jouent des coudes pour exister.
Escoffier:stop ou encore?
Après avoir longtemps régné en maître sur la série, Franck-Yves Escoffier, président de la Classe, est aujourd'hui à la recherche d'un nouveau sponsor après le retrait annoncé de «Crêpes Whaou». Le tenant du titre (1eren 2009 avec Erwan Le Roux) cherche mais il ne s'entêtera pas: «Si je ne trouve pas un autre partenaire, j'arrête. Je ne bloquerai pas le bateau au risque de foutre la Classe en l'air». Le meilleur moyen d'avoir une chance de conserver sa monture (ndlr: son «Crêpes Whaou 3!» est à vendre 1million d'euros), c'est, bien sûr, de gagner pour la quatrième fois cette Transat avec Antoine Koch.
593 milles de plus
Pour cette 10e édition, les 50 pieds devront parcourir 593 milles de plus que les monocoques, puisqu'ils iront virer Saint-Barth' et La Barbade avant de mettre le cap sur Puerto Limon. Un parcours qui ne change pas la donne pour Yves Le Blévec, auteur d'un chavirage en 2009 avec Jean Le Cam au large de Cherbourg. Un an plus tard, sur la Route du Rhum, le skipper d'Actual n'avait pas été plus chanceux... «Le chavirage sur la Transat Jacques Vabre, puis la casse de "Crêpes Whaou" et encore la nôtre sur le Rhum, tout cela n'avait pas donné une bonne image de notre Classe», confesse Le Blévec qui, cette fois, a embarqué l'architecte-minïste Sam Manuard. «Nous avons tout à perdre à ne pas arriver entier au Costa Rica», admet encore le skipper d'Actual, bien conscient qu'une autre fortune de mer ferait désordre dans le paysage.
Deux classes en une
Le problème de cette classe, c'est qu'elle est divisée en deux. D'un côté, la catégorie 1, celle des plateformes compétitives comme «Actual», «Prince de Bretagne», «Crêpes Whaou 3» et «Maître Jacques». De l'autre, la catégorie 2 avec des trimarans plus anciens (FenêtréA-Cardinal de Le Roux - Le Vourch) qui ne peuvent hélas pas jouer la gagne. Il suffit que la catégorie 1 perde l'un des siens en route pour que la course n'est plus d'intérêt. C'est exactement ce qui s'était produit en 2009 avec la culbute d'Actual, le duo Escoffier - Leroux remportant la course avec plus de... 6 jours d'avance sur le deuxième. Heureusement, cette année, ils sont quatre à pouvoir jouer la victoire.
«Financièrement c'est très abordable»
Vainqueur de la dernière Route du Rhum, Lionel Lemonchois n'est pas inquiet pour l'avenir de la Classe. «Car, dit-il, financièrement, c'est très abordable. Le Multi50, c'est 1,5million d'euros pour un bateau neuf et un budget de fonctionnement annuel de 500.000 euros», calcule le skipper de «Prince de Bretagne» qui passera l'année prochaine dans la cour des grands, chez les Ultimes. Mais, depuis deux jours auHavre, les duos engagés en Multi50 ont les yeux rivés sur les fichiers météo et cette grosse dépression annoncée mardi et mercredi sur l'Atlantique: «Ça va être très chaud! Il ne faudra surtout pas casser, note Lemonchois. A un moment, on sera tous en mode survie». La classe Multi50 joue gros sur ce coup-là.
* N'ayant pu présenter son certificat de jauge Multi50, le trimaran rose «Naviguez Anne Caseneuve» ne prendra pas le départ dimanche. Anne Caseneuve et son fils Aubin resteront à quai. Ils seront donc six Multis 50 sur la ligne.
20 mai 2012 à 17h35