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Voile

Transat Jacques Vabre La tempête dans les têtes

11 novembre 2009

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En ce 11 novembre, les équipages de la Transat Jacques Vabre ne seront pas à la fête. Le terrain de jeu sera un vrai champ de mines. Hier, cette tempête annoncée occupait déjà les esprits. Tous aux abris!

Le positionnement stratégique et la hiérarchie fluctuante dans cette classe IMOCA avaient presque une importance secondaire hier. Ce qui occupait clairement l'esprit des marins, c'était cette tempête droit devant les étraves qui va cueillir la flotte aujourd'hui.

Pas d'échappatoire

Le bulletin météo de la course, à propos de ce système dépressionnaire, est sans ambiguïté: «Les vents moyens atteindront 35 à 40 noeuds avec des rafales à plus de 50 noeuds. La houle d'ouest sera en hausse pour se situer entre quatre et cinq mètres.» Et, visiblement, il n'y a pas d'échappatoire: «Nous avons téléchargé toutes les cartes météo disponibles et il n'y a clairement aucun moyen d'échapper à la prochaine dépression en Atlantique. En fait, elle inonde tout l'océan et livre un sacré coup endiablé... », confiait, avec humour, Dee Caffari. Après un petit chapitre poétique sur les étoiles, Roland Jourdain évoquait aussi la suite moins réjouissante. «C'est sûr, le gros temps nous attend. Du coup, on essaie de s'amariner le plus vite possible... On essaie de positiver mais ce n'est pas facile», confiait le Cornouaillais.

Josse: faire le dos rond

À chacun sa méthode pour appréhender. «On a préparé les voiles de tempête et on a rangé le bateau. On va essayer de passer en faisant le dos rond. Il faut sortir en bon état de cette dépression hargneuse», expliquait Sébastien Josse, skipper de «BT» en tête de la flotte, hier à mi-journée. Pour tenter d'éviter au maximum le centre de la dépression, certains ont anticipé comme Michel Desjoyeaux qui a plongé au Sud dès lundi soir. Un choix de route qui a fait dégringoler au classement «Foncia» passé de la tête de la course à la douxième place, hier. Cette stratégie sera-t-elle payante? Sébastien Josse n'en était pas convaincu. «Au sud, il n'est pas évident que Michel (Desjoyeaux) bénéficie de vents plus faibles. Il aura quand même 40 à 45 noeuds et une mer de face, comme nous. On contourne la dépression différemment, mais les conditions sont à peu près les mêmes» Plusieurs duos (Boissières - Riou, De Pavant - Gabart ou encore Thiercelin Pratt (avaient tout de même infléchi leur trajectoire vers le sud.

«On rentre dans le dur»

Dans une mer casse bateau, avec ces rafales annoncées à 50 noeuds, les équipages de cette Transat Jacques Vabre tenteront d'esquiver. À travers la casse redoutée, cette sévère dépression pourrait bien opérer une sélection dans cette flotte des 60 pieds où le «Brit Air» d'Armel Le Cléac'h est le premier touché et contraint à un arrêt au stand. (lire ci dessous). Du côté des multis 50 pieds, Franck- Yves Escoffier et Erwan Leroux qui emmènent la flotte ont résolument plongé au sud depuis lundi. «On a mis plein gaz au sud. Si on va dans la dépression, on risque de faire du petit-bois avec le bateau... Le vent a déjà tourné sud-ouest depuis le milieu de matinée. Il fraîchit progressivement et nous avons déjà quatre mètres de creux. La mer est très formée. Nous sommes en train de «rentrer dans le dur!», expliquait Erwan Le Roux. Pour tous, les 36heures à venir vont être agitées et pénibles. En ce 11novembre, ce sera la guerre des tranchées sur l'Atlantique. Tous aux abris, en attendant l'embellie !

  • Gilbert Dréan

HIER À 20H. Monocoques 60 pieds : 1. BT (Josse - Cuzon) à 4045,9 milles de l'arrivée; 2. Safran (Guillemot - Caudrelier Benac) à 7,6 milles du premier; 3. Véolia Environnement (Jourdain - Néliaà 14,6 m); 4. Groupe Bel (De Pavant - Gabart) à 15,9m; 5. Aviva (Caffari - Thompson) à 18,1 m; 6. Mike Golding yacht Racing (Golding - Sanso) à 21,2 m; 7. Artémis (Davies - Gavignet) à 54,8m; 8. W. Hôtels (A Pella - P Ribes) à 63,3m; 9. Akena Vérandas (Boissière - Riou) à 71,7m; 10. DCNS (Thiercelin - Pratt) à 93,8m; 11. Hugo Boss (Thomson - Daniel) à 97,4 m; 12. Foncia (Desjoyeaux - Beyou) à 128,8m; 13. Brit Air (Le Cléac'h - Troussel) à 387,6 m. 1876 en mode furtif (*). Classe Multi 50 pieds : 1. Crêpes Whaou (Escoffier - Leroux) à 4461 milles de l'arrivée; 2. Région Aquitaine Port Médoc (Roucayrol - Alfaro) à 6,6 milles du premier; 3. Guyader pour urgence climatique (Erussard - Fecquet) à 58,7 m; 4. Prince de Bretagne (Cléris - Dietsch) à 157,3 m; 5. Fenetréa Cardinal (Maignan - Harel) à 407 m; en escale à Lorient) Abandon : (Actual) Le Blevec - Le Cam. (*) 1876 en mode furtif : le 60 pieds espagnol 1876 a ouvert le bal des « bateaux furtifs», hier. Pachi Rivero et Yves Parlier ont demandé à la direction de course de disparaître des classements pour 24h. Cette invisibilité temporaire a débuté hier à 11h. Ce matin 11 h, le monocoque espagnol réapparaîtra sur la cartographie, avec peut-être à la clé une surprise stratégique d'Yves Parlier coutumier des trajectoires originales.
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