4 novembre 2009
Elle avait éclaboussé le monde par son sourire, sa bonne humeur et son talent lors du dernier Vendée Globe. Samantha Davies est de retour. A la barre d'un bateau surpuissant et accompagnée d'un équipier de luxe, l'impressionnant Sidney Gavignet.
En février dernier, on l'avait quittée aux Sables-d'Olonne tout à sa joie. Heureuse de sa belle 4e place à la barre de son vénérable «Roxy». On la retrouve tout sourire lors d'un stage de préparation à Port-La-Forêt, cette fois-ci aux commandes du plan Rogers «Artemis».
«Il fait attention à moi»
A bord de ce 60pieds très physique, Samantha, tout en douceur avec ses petites couettes, ses boucles d'oreilles et ses petits gants pour protéger ses mains, n'est pourtant pas intimidée. Il faut dire, qu'à ses côtés, elle a un équipier de choc en la personne de Sidney Gavignet, marin au CV nautique impressionnant (*).
«Sidney, il fait attention à moi, il est gentil. Quand je fais une bêtise, il ne râle pas, il m'explique calmement. Avec lui, j'apprends beaucoup, dans les réglages, dans les manoeuvres surtout.» Car, entre son «Roxy» qu'elle connaît par coeur et ce nouveau joujou à ne pas mettre entre toutes les mains, c'est le jour et la nuit.
Samantha en convient: «Oui, il est physique, lourd. On l'a allégé au maximum. Ce n'est pas le bateau de mes rêves mais je suis néanmoins contente d'être à bord car cela me permet de progresser, de rester dans le circuit Imoca.» Son objectif, c'est le Vendée Globe 2012.
En fait, elle est en contrat avec Artemis jusqu'au 15décembre 2009. Le sponsor voulait absolument que le bateau soit mené par un skipper britannique. «Mark Turner (société Offshore Challenge), leur a donné une liste de noms, dont le mien.» Celui du Français Sidney Gavignet figurait également sur la liste. «Ça ne se refuse pas de naviguer avec quelqu'un comme Sam.»
Deux tonnes de trop
Il est vrai que, pour lui, le changement est radical. Il est passé en quelques mois de l'ambiance difficile - pour ne pas dire exécrable - d'un équipage d'hommes aux ego démesurés à un océan de douceur et de gentillesse avec «miss Davies». «Il faut apprendre à être plus cool avec une femme qu'avec une bande de types avec lesquels vous ne vous entendez pas forcément bien pendant un tour du monde en équipage.
Donc, c'est un vrai plaisir pour moi d'être ici, en double avec Sam.» Très vite, ce duo inédit a cherché le mode d'emploi de ce 60 pieds dernier cri. Et il est rapidement apparu que le bateau était bien trop lourd pour rivaliser avec les autres monocoques: «On accuse deux tonnes de plus que "Safran". Sur la Transat Jacques Vabre, il y a beaucoup d'allures portantes, autant vous dire que ça ne va pas être simple», admet Gavignet.
Néanmoins, les deux marins espèrent être dans le coup. D'ailleurs, «Artemis» n'est-elle pas la déesse de la chasse? Sûr qu'il y aura du gibier à chasser entre LeHavre et le Costa Rica.
* Olympisme, match-racing, Coupe de l'America, Figaro, multis de 60pieds.
