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Transat Jacques Vabre. Les Multis 50 : à quitte ou double

7 novembre 2009

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Depuis la «disparition» de la classe Orma, les multicoques de 50 pieds connaissent un net regain d'intérêt. Mais avec six bateaux engagés, dont deux flambant neufs, ils savent qu'ils n'ont pas le droit de se louper. «On joue gros», admet Franck-Yves Escoffier.

En 2007, les trimarans Orma s'étaient offert une dernière Transat Jacques Vabre. En forme d'adieu. Cette année auHavre, les F1 des mers ne sont donc plus là. Seuls restent 14 monocoques de 60 pieds et six multis 50. Avec la construction récente de trois nouveaux trimarans («Crêpes Whaou!», «Actual» et «Prince de Bretagne»), la classe des 50 pieds décolle. Enfin, a-t-on envie d'ajouter.

Un virage à bien négocier

Pour autant, les Escoffier, Le Blévec et Cléris ne fanfaronnent pas. Pas question pour eux de crier victoire trop tôt. «Déjà, on ne se réjouit pas de la disparition de l'Orma. Il y a des nouveaux 50 pieds, c'est bien mais il en faut davantage. Davantage de bateaux neufs s'entend». Le Malouin Escoffier, qui a longtemps fait cavalier seul dans cette classe, a compris que cette 9e Transat Jacques Vabre constituait un tournant pour l'avenir des 50 pieds: «On doit bien négocier ce virage. Oui, on joue gros sur ce coup-là. Et cela veut dire qu'il faut impérativement que les bateaux neufs soient à l'arrivée».

Le mérite de Cléris et Dietsch

Président de la classe, Escoffier, qui fera équipe avec Erwan Le Roux entre LeHavre et le Costa Rica, avait milité pour une monotypie. Mais Yves Le Blévec, qui a embarqué l'expérimenté Jean Le Cam le temps d'une transat, et Hervé Cléris ont préféré faire appel à des architectes différents. Verdier pour le premier, Irens-Cabaret pour le second et VPLP pour «Crêpes Wahou!». Hélas, avec l'importante avarie survenue sur «Prince de Bretagne» le 10octobre dernier en mer d'Iroise (ndlr: flotteur tribord désolidarisé de la plateforme centrale), cela fait un bateau neuf en moins sur la ligne. Cléris et Dietsch seront néanmoins au départ à la barre de l'ancien trimaran du Brestois mais, forcément, les ambitions ont été revues à la baisse. «Après l'avarie, on a pris un gros coup sur la tête. Il fallait être auHavre pour continuer l'histoire. Le premier objectif est atteint. Le second, c'est d'arriver au Costa Rica», explique le skipper de «Prince de Bretagne».

«Gagner au scratch»

Car, même si Victorien Erussard et Loïc Féquet («Guyader pour Urgence Climatique») sont capables de très belles choses avec leur vieille plateforme de 20 ans d'âge, la victoire finale risque de se jouer entre «Actual» et «Crêpes Whaou!». Le Blévec le sait mais ça ne change pas l'ordre de ses priorités: «1. Arriver au Costa Rica. 2. Gagner dans notre classe. 3. Gagner au scratch». En clair, finir devant les monocoques qui ont un parcours différent et ainsi refaire le coup de «Crêpes Whaou!», victorieux en 2005 à Salvador de Bahia. «Ça, ce serait génial pour la classe Multi 50!», s'enflamme le vainqueur de la Mini-Transat 2007. Des skippers de renom, qui commencent à regarder de très près la série, des entreprises qui louchent sur cette classe abordable (1), les Multis 50 ont tout pour plaire. «Nos engins ne sont pas des F1 mais des karts avec des moteurs de 250 cc: c'est spectaculaire», argumente Escoffier. Un point de vue partagé par Jean Le Cam: «Par rapport aux multis Orma, les 50 pieds sont plus simples, plus faciles à mener. Plus cohérents. Maintenant, ça reste un trimaran et ça peut se retourner».

(1) La construction d'un multicoque de 50 pieds coûte entre 1,2 et 1,6million d'euros. Pour le budget de fonctionnement à l'année (amortissement du bateau compris), il faut compter entre 400.000 et 650.000 euros

  • Philippe Eliès

Le Cléac'h - Troussel, les inséparables

Demain, Armel et Nicolas prendront le départ de la 9e Transat Jacques Vabre. Leur cinquième course en double: trois Ag2r, dont une victoire en 2004 et deux Jacques Vabre. Et jamais la moindre infidélité? Si, en 2005, sur la Jacques Vabre justement. Un très mauvais souvenir pour Armel qui faisait alors équipe avec l'Irlandais Damian Foxall. Ils avaient chaviré avec le trimaran «Foncia». Depuis, Armel n'a jamais recommencé. Pour le double, c'est Nico ou rien! «Pendant le Vendée Globe, j'ai appelé Nicolas. J'avais peur qu'il ne soit pas disponible, que quelqu'un d'autre le sollicite», avoue le skipper de «Brit Air». A 32 ans pour l'un (Armel), 35 pour l'autre (Nicolas), cela fait presque... 30 ans qu'il navigue bord à bord. «On partait en vacances sur le bateau familial et on se retrouvait aux îles Scilly pendant trois semaines». La famille Troussel appareillait de Plougasnou dans le Trégor, les Le Cléac'h s'élançaient de Saint-Pol dans le Léon. Depuis, Armel et Nico sont inséparables. Sur cette Transat Jacques Vabre, les deux «baie de Morlaix» ne cachent pas qu'ils ont une revanche à prendre. «En 2007, première course du 60 pieds ?Brit Air?, on avait réussi à bien sortir de la Manche, mais hélas, au niveau d'Ouessant, on avait raté un coup et perdu du terrain». Ils n'avaient jamais pu revenir sur les leaders, terminant septièmes à Salvador de Bahia. Excepté un démâtage sur la transat retour Brésil - Bretagne, la suite fut plus heureuse avec deux belles places de 2e (Transat anglaise et Vendée Globe), le tout couronné par un titre de champion du monde Imoca. Aujourd'hui, le projet «Brit Air» est arrivé à maturité. Ne manque plus qu'une belle victoire en course. «Cela ne dépend que de nous», note Troussel qui brûle d'impatience de monter son propre projet 60 pieds. Cela dépend aussi des adversaires et, un peu, de la météo: «On veut qu'il y ait des coups à jouer, des options à prendre». Victoire ou pas, Armel Le Cléac'h, dont le contrat s'achève en mars2010, pense aussi à l'avenir. L'année prochaine, il se verrait bien refaire une Transat Ag2r -devinez avec qui?-, une Solitaire du Figaro, et, bien entendu, une Route du Rhum.
  • P.E.

Roucayrol et Alfaro ont réparé

Victime d'une collision avec un bateau de pêche dans la nuit du mercredi 28 octobre, le trimaran de Lalou Roucayrol et Amaïur Alfaro avaient dû se dérouter vers Port-la-Forêt pour réparer le flotteur tribord. Il manquait un caisson étanche et l'étrave de la coque centrale était également endommagée. Après un chantier express chez CDK, le trimaran de 50 pieds «Région Aquitaine-Port Médoc» a pris la mer en direction du Havre. Hier midi, le duo était à 200 milles du port havrais. Les deux marins seront donc à l'heure pour le départ demain.
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