24 novembre 2009
Ils arrivent! Tôt ce matin (heure française), les premiers bateaux sont attendus sur la ligne d'arrivée à Puerto Limon au Costa Rica. Qui du trimaran «Crêpes Whaou!» ou des deux monocoques «Safran» et «Groupe Bel» va connaître les honneurs de la ligne après 16jours de mer? Suspense...
Hier matin, la pluie a cessé sur Puerto Limon. Le ciel, si noir la veille, s'est enfin dégagé en cette veille d'arrivée. Pendant quatre heures, on y a vraiment cru! On a même sorti les crèmes solaires... Et puis, le déluge a recommencé. Les colibris ont suspendu leur vol stationnaire! Seuls les singes hurleurs, qui s'en fichent éperdument de la pluie et du beau temps, n'ont pas changé leurs habitudes. A vous donner la chair de poule. C'est cet univers envoûtant que les marins vont découvrir aujourd'hui (à partir de 4h du matin en France, soit vers 21h au Costa Rica). Dans la moiteur costaricienne. Après 16 jours de mer, ils vont basculer dans un autre monde. La transition risque d'ailleurs d'être un peu brutale pour les équipages qui n'ont vraiment pas été ménagés tout au long du parcours. Après les paquets de mer salée de l'Atlantique, les trombes d'eau douce des Caraïbes.
Édition corsée
Car, aucun d'entre eux n'a oublié la méchante tempête qui a balayé la flotte quatre jours après le départ. Celle-là même qui a envoyé Josse et Cuzon (BT) dans les cordes. Celle-là qui a contraint «Hugo Boss», rempli d'eau, et «DCNS», dont la quille bougeait de manière inquiétante, à abandonner. Sans oublier l'escale technique forcée de Jourdain-Nélias (Veolia). Oui, cette édition 2009 fut particulièrement corsée. «La course était quasiment pliée au bout de quatre jours», affirme même Jean Le Cam. Pour lui, elle n'aura duré que cinq heures, le temps de voir le trimaran «Actual» passer cul par-dessus tête au large de Cherbourg. Pourtant, Le Cam, accompagné de Le Blévec, a tenu à faire le déplacement en Amérique Centrale. Pour découvrir le pays, bien entendu, mais également pour jeter un oeil sur l'état des monocoques à l'arrivée. Notamment les deux plans Verdier - VPLP, «Safran» et «Groupe Bel»: «Ces plans-là, ça fait deux ans qu'on sait qu'ils vont mieux que les autres, donc ce n'est pas une surprise de les voir devant».
«Ils ont survolé les débats»
Avec son compère Vincent Riou, Jean Le Cam a choisi de se faire construire un 60 pieds sur plans Verdier - Lauriot Prévost à partir du moule de coque de «Safran». Un «Safran» qui était passé, hier, en mode furtif (lire ci-dessous). Un joker également utilisé par le duo de Pavant - Gabart (Groupe Bel). «Ces deux-là ont survolé les débats. Ils ont toujours creusé l'écart. Cette transat s'est limitée à un duel entre eux. Avec sa route sud, «Foncia» n'a pu arbitrer ce duel. Dommage. Mais franchement, si j'avais couru en 60 pieds Imoca, je ne sais pas quelle route j'aurais prise». C'est indéniable, la tempête du vendredi13 a changé la donne. La classe Imoca devra peut-être revoir sa copie sur la question du routage, interdit cette année.
Escoffier: «On veut arriver les premiers»
Pour la classe Multi 50, le suspense n'a duré que cinq heures. Privé très (trop) vite de «Actual», seul adversaire à sa taille, «Crêpes Whaou!» a fait cavalier seul. Avec leur plan VPLP flambant neuf, Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Rouxont navigué «sans tirer dessus». Hier, néanmoins, à 150 milles du but, ils avaient trouvé une bonne raison d'appuyer sur le champignon: «Arriver les premiers au Costa Rica, c'est un objectif mais les chances s'amenuisent car, la nuit, on est obligé de lever le pied». D'autant plus qu'à 15 milles des côtes costariciennes, un fort courant de 4-5 noeuds, descendant du Nicaragua vers le Panama, charrie toutes sortes d'OFNI, dont d'immenses troncs d'arbres et autres filets de pêche à la dérive. Hier soir, sur la cartographie, «Safran» et «Groupe Bel» n'apparaissaient pas. «Crêpes Whaou!», en revanche, était bien visible...
«Les chances d'arriver premiers s'amenuisent car, la nuit, on est obligé de lever le pied»
