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Transat Jacques Vabre. Bateau rempli d'eau Josse et Cuzon sains et saufs [Video]

14 novembre 2009

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Vendredi 13 et vendredi noir pour Sébastien Josse et Jean-François Cuzon. Le roof arraché par une vague, leur voilier «BT» s'est rempli d'eau. Les deux marins en détresse sont sains et saufs. Ils ont été hélitreuillés hier vers 19h.

A la vacation de 5h hier matin, Jean-François Cuzon avait déjà décrit l'ambiance infernale à bord de «BT», qui se situait dans le nord des Açores. «Depuis minuit, on a entre 35 et 50 noeuds. C'est sport, c'est l'horreur. On essaie de préserver le bateau tant qu'on peut. La mer est forte et le plus impressionnant ce sont les bourrasques. Le vent monte très rapidement et bascule, c'est ça qui est très difficile. Ah tiens, là, on a 53 noeuds de vent, il faut que je vous laisse», racontait le Brestois avant de renvoyer un message qui exprimait son appréhension.

Roof arraché bateau inondé

Depuis «Groupe Bel», le témoignage de Kito de Pavant était de la même teneur. C'était le chaos sur l'eau et la compétition était momentanément reléguée au second plan. Les équipages sur le qui-vive étaient passés en mode survie. Calfeutrés à l'intérieur, ils avaient une priorité: préserver leur voilier. Malheureusement, sous les coups de boutoir d'une mer déchaînée, le roof de protection de «BT» était arraché par une déferlante. Leur monocoque s'étant rapidement rempli d'eau, les deux marins n'avaient d'autre alternative que de déclencher leur balise de détresse à 12h20. Le directeur de course, Jean Maurel, se mettait immédiatement en liaison avec le MRCC (1) portugais pour organiser les secours. Il mettait en alerte les deux concurrents plus proches de «BT» à savoir «Safran» et «Véolia Environnement».

Hélitreuillés

En contact régulier avec Jean Maurel via leur téléphone satellite, les deux navigateurs en combinaison de survie attendaient patiemment les secours. Le radeau et tout le matériel de survie étaient prêts en cas d'obligation d'évacuer en urgence «BT». «Ils étaient calmes et très professionnels mais aussi très inquiets. Ils ne pouvaient pas descendre dans le bateau rempli d'eau. Ils économisaient leurs forces. On a clairement perçu que c'était une question d'heures. Il n'y avait pas de temps à perdre», expliquait Jean Maurel Un navire de recherche scientifique Océan Explorer, dérouté, arrivait sur zone à 18h15. Un contact VHF était établi avec les deux concurrents, rassurés par cette présence. Finalement, c'est du ciel qu'est venu le salut pour les deux marins en détresse. Peu avant 19h, Jean-François Cuzon et Sébastien Josse étaient hélitreuillés par un hélicoptère Puma de l'armée portugaise. «Cette solution avait été envisagée dès le début mais elle était délicate. Les Portugais ont fait preuve d'une grande efficacité dans des conditions difficiles. Il y avait des creux de 8-9 mètres. Toute la chaîne des sauveteurs a vraiment bien fonctionné», précisait Jean Maurel, soulagé par ce dénouement.

La scoumoune de Josse

Après plusieurs heures d'angoisse, les deux marins de «BT» sont heureusement sains et saufs. Mais la scoumoune poursuit Sébastien Josse. Dans le dernier Vendée Globe, une vague puissante avait encore attaqué son «BT» dans le Grand Sud le contraignant à l'abandon alors qu'il était aux avant-postes. «BT», remis en état, était parfaitement préparé et ce duo avait navigué dans toutes les conditions. Lors du dernier stage à Port-la-Forêt, alors qu'un coup de vent était annoncé, Sébastien Josse était ressorti de nuit pour aller tester son 60 pieds dans le gros temps. Un test subi sans broncher. Cette fois, la tempête brutale qui a cueilli la flotte près des Açores a été fatale à ce plan Farr, mis à l'eau en 2007. Un remorqueur est en stand-by aux Açores pour tenter de récupérer le 60 pieds à la dérive. Sébastien Josse et Jean François Cuzon eux ont retrouvé la terre ferme sur la base américaine de Terceira aux Açores.

(1) MRCC: Maritime Rescue Coordination Center.

  • Gilbert Dréan

Une flotte un peu groggy

Des vents très forts (jusqu'à 60 noeuds), une mer mauvaise avec 6-8 mètres de creux : il n'en fallait pas plus pour que la flotte de cette neuvième Transat Jacques Vabre soit sérieusement malmenée. Des pépins techniques, il y en a sur quasiment tous les bateaux. Certains ont choisi de les passer sous silence, d'autres n'ont pas vraiment eu le choix. Devant l'ampleur des dégâts, il a fallu montrer ses blessures.

«Un bordel monstre»

C'est le cas de Jourdain et Nélias qui ont arraché le rail de grand-voile lors d'une manoeuvre de prise de ris qui va les obliger à s'arrêter à Horta (Açores). Une partie de l'équipe technique est partie sur place avec tout le matériel nécessaire, le but étant de faire une escale la plus courte possible. Trois heures maximum. Après «Brit Air» (contraint à l'abandon) et le trimaran «Prince de Bretagne» (toujours en attente d'une bonne fenêtre météo à Vigo), c'est le troisième équipage victime d'un problème de rail de grand-voile. Sur «Artémis», la nuit n'a pas été de tout repos : 50-55 noeuds de vent, une vague qui fait passer le bateau bout au vent, foc à contre. La suite, c'est Gavignet qui la raconte : «Nous avons viré de bord avec la quille et les ballast du mauvais côté. Nous étions couchés sur l'eau avec le mât à 70°. Un bordel monstre ! Après une demie heure de bataille et de marche arrière à 10 noeuds et marche avant à 20 noeuds, nous sommes reparti sur le bon bord, sous grand-voile seule». Bilan de cette figure incontrôlée : une latte cassée et un point d'accroche de ris arraché. Pour autant, Davies et Gavignet ne s'arrêteront pas en chemin pour réparer.

«On a dû pomper»

A bord de « Groupe Bel », la Vache a cessé de rire pendant quelques minutes quand un tuyau de ballast s'est décroché. Résultat : un bateau rempli d'eau. «On a dû pomper», expliquait Kito de Pavant. Sous trois ris et ORC, les Imoca poursuivent leur route, vaille que vaille. Un peu sonnés par ce front qu'ils ont pris en pleine tronche. Au sud, les trois multis et les quatre monocoques ont, eux aussi, souffert. Le vent y était aussi soutenu qu'au nord et la mer à peine moins pourrie. Aujourd'hui, l'Atlantique devrait se montrer plus calme. Il sera alors temps de panser ses plaies. Au fait, hier, c'était un vendredi 13...
  • Philippe Eliès

MONOCOQUES 60 PIEDS : 1. Safran (Guillemot - Caudrelier Benac) à 3,396.8 milles de l'arrivée; 2. Mike Golding yacht Racing (Golding - Sanso) à 32,4 milles du premiers; 3. Groupe Bel (De Pavant - Gabart) à 41,8 m; 4. Hugo Boss (Thomson - Daniel) à 78 m; 5. Veolia Environnement (Jourdain - Nélias) à 94,4 m; 6. 1876 (Rivero - Parlier) à 109,7 m; 7. Aviva (Caffari - Thompson) à 159,9 m; 8. W Hôtels (Pella - Ribes) à 262 m; 9. Foncia (Desjoyeaux - Beyou) à 268,6 m; 10. Akena Vérandas (Boissière - Riou) à 291,4 m; 11. DCNS (Thiercelin - Pratt) à 367,9 m; 12. Artémis (Davies - Gavignet) à 378 m. Abandons : Brit Air (Le Cléac'h - Troussel) et BT (Josse - Cuzon). MULTICOQUES 50 PIEDS : 1. Crêpes Whaou (Escoffier - Leroux) à 3.896 milles de l'arrivée; 2. Région Aquitaine Port Médoc (Roucayrol - Alfaro) à 273 milles du premier; 3. Guyader pour urgence climatique (Erussard - Fecquet) à 327 m; 4. Prince de Bretagne (Cléris - Dietsch) à 654,7 m. Abandons : Le Blévec - Le Cam (Actual) et Maignan - Harel (FenetréA Cardinal).
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