Transat anglaise « Foncia » percute une baleine
Une rencontre avec une baleine a endommagé « Foncia » et contraint Michel Desjoyeaux à jeter l'éponge dans l'Artemis Transat. Sinon, la situation est compliquée sur l'Atlantique Nord où Sébastien Josse mène, talonné par Loïck Peyron.
C'est un Michel Desjoyeaux très abattu qui a raconté sa mésaventure lors d'une vacation spéciale sur le coup de 19 h, hier. « J'étais au près bon plein à 10-11 noeuds, cap à l'ouest. J'étais à l'intérieur du bateau quand j'ai entendu un bruit, comme un écrasement du carbone. C'est la dérive sous le vent qui a tapé un obstacle. Quand je suis sorti, j'ai vu un aileron de baleine ou de cachalot qui gigotait dans l'eau... La dérive tribord est certainement cassée à l'encastrement. Je l'ai remontée d'un mètre dans le puits mais je n'ai pas pu aller plus loin. Le bord d'attaque est bien abîmé. Elle va traîner dans l'eau au vent et cela constitue un sacré frein. Le puits est abîmé mais il n'y a pas de voie d'eau ».
« Mon premier abandon »
Dans ces conditions, l'abandon était inéluctable dans cette course qui désormais va se dérouler principalement au près jusqu'à Boston : « Je ne vois pas bien l'intérêt d'aller au bout avec un bateau qui n'est pas à son plein potentiel. Il n'y a pas d'intérêt à continuer sans pouvoir me comparer en vitesse ».
A 18 h, Desjoyeaux s'est donc résigné à faire demi-tour pour rejoindre la Bretagne. La mort dans l'âme car c'est la première fois que le roi du solitaire, vainqueur de cette Transat anglaise il y a quatre ans en trimaran, quitte une course au large. « Oui, c'est mon premier abandon dans une transat. Je suis vraiment très déçu et abattu. Quand on prend un départ, c'est pour aller jusqu'à la ligne de l'autre côté. Et si je n'ai pas toujours été inspiré dans mes choix de route, la bagarre était passionnante et pas terminée ».
Casse-tête météo
Cette fortune de mer de Desjoyeaux a un peu relégué au second plan la bataille qui se joue dans des vents légers, voire erratiques et tient parfois de la loterie.
L'atmosphère est ouatée et la situation compliquée sur l'Atlantique Nord. C'est un cloaque météorologique et un sacré casse-tête pour les solitaires. Une première dorsale dans leur sillage avec plus ou moins de réussite pour certains (Le Cléac'h), de nouveaux calmes devaient barrer leur route les prochaines heures. Le leader Sébastien Josse, très ralenti, en ressentait d'ailleurs déjà les effets hier en fin d'après midi et Loïck Peyron (« Gitana Eighty ») était revenu à 7 milles de son tableau arrière.
Pour s'extirper de ces pièges devant leurs étraves, les concurrents multiplient les manoeuvres et règlent en permanence. « La nuit dernière, je n'ai pas arrêté de faire des empannages. Une dizaine je crois car le vent tournait de 60° en quelques secondes... Là, c'est tempête de blanc sur le plan d'eau. Ça commence à mollir doucement mais ce n'est rien par rapport à ce qu'il y a devant. La soirée va une nouvelle fois être compliquée ! », lâchait Loïck Peyron, pas trop malheureux hier en fin d'après-midi. Mais avec ces risées anémiques sur l'Atlantique, personne n'était à l'abri de s'enliser.
Pointage, hier à 20 h
Monocoques IMOCA : 1. BT (Sébastien Josse) à 1.844,9 milles de Boston ; 2. Gitana Eighty (L. Peyron) à 7 milles cu premier ; 3. Generali (Y. Eliès) à 9 m ; 4. PRB (V. Riou) à 18 m ; 5. Brit Air (A. Le Cléac'h) à 61 m ; 6. Roxy (S. Davies) à 148 m ; 7. Cervin EnR (Y. Bestaven) à 190 m ; 9. Safran (M. Guillemot) à 191 m ; 10. Akena Vérandas (E. Boissières) à 195 m ; 11. Spirit of Weymouth (S. White) à 253 m ; 12. Aviva (D. Caffari) à 258 m ; 13. Pakea Bizkaia 2009 (U. Basurko) à 276 m.
Class 40 : 1. Telecom Italia (Giovanni Soldini à 2.116,4 milles de Boston ; 2. Beluga Racer (B. Herrman) à 17 milles du premier ; 3. Appart' City (Y. Noblet) à 26 m ; 4. Mistral Loisirs - Pole Santé (T. Bouchard) à 26 m ; 5. 40 Degrees (M. Merron) à 27 m.