Transat anglaise Cette transat est mythique !
La transat anglaise qui va s'élancer ce dimanche de Plymouth a été au coeur de l'évolution de la course océanique moderne. A Plymouth, les 24 solitaires sont parés à s'élancer dans des conditions clémentes.
Si les noms du colonel Blondie Hasler, créateur de cette transat sur le concept « un homme, un bateau l'océan » ou de Francis Chichester, premier vainqueur en 1960 n'évoquent pas grand-chose pour la génération de marins qui émerge, cette épreuve gardera toujours une place à part dans l'histoire de la course au large. Elle a révélé Eric Tabarly, vainqueur en 1964 et 1976, dont le souvenir plane encore à Plymouth. Cete transat mythique a suscité de nombreuses vocations. Loïck Peyron qui est le seul marin avecTabarly à avoir inscrit à deux reprises (1992 et 1996) son nom au palmarès de cette prestigieuse épreuve en est accro. « J'avais un an lorsque la première édition a eu lieu et, cette course, j'ai véritablement grandi avec, mon entourage baignait dans cette aventure avant que je m'y lance moi - même. » Le Baulois est, en effet, le neveu de Jean Yves Terlain qui avait défrayé la chronique avec Vendredi 13, son monocoque de 39 mètres. Ce sera sa cinquième participation et il aborde l'histoire avec autant d'enthousiasme près d'un quart de siècle après sa première en 1984. Il est avec Michel Desjoyeaux (Foncia), Marc Guillemot (Safran), V Riou (PRB) un des favoris en 60 pieds : « Ce serait joli de faire une petite triplette après mes deux victoires en multi mais ce ne sera pas fastoche » confie t-il.
Mabire : le retour
On estime que les premiers de la classe IMOCA devraient rallier Boston en moins d'une douzaine de jours. En 1960, le vainqueur Francis Chichester avait bouclé le pépiple Plymouth -New York en 40 jours et demie sur Gipsy Moth III (11,85m). La voile a changé d'époque et de rythme, mais cette édition est un peu un retour aux sources. Petit clin d'oeil de l'histoire, les onze 40 pieds qui vont se livrer une belle bataille font la même longueur que le bateau du premier vainqueur. Les machines autrement sophistiquées et équipées n'ont rien de comparable.
« Cette Classe 40 est véritablement internationale, et riche du talent de cinq ou six cabinets d'architectes qui ont tous livré une magnifique copie, souligne Halvard Mabire qui effectue son grand retour à la compétition sur un Pogo 40. Le solide Normand (52 ans) n'a pas couru en solitaire depuis de nombreuses années : « Je n'ai plus la réactivité d'antan mais je compense par une meilleure anticipation qui évite les manoeuvres inutiles » souligne t-il avec humour. Il aborde cette transat sans pression. Seul petit regret, son voilier récemment sorti du chantier Structure à Sainte Marine manque un peu de milles. Mabire aura peut-être du mal à rivaliser face à des binômes parfaitement rodés dans cette classe.
L'italien Giovanni Soldini vainqueur de la Route du Rhum et de la transat Jacques Vabre fait figure de favori. Côté outsiders, il faudra faire attention au Britannique Alex Bennett (Fujicolor) et à Yvan Noblet (AppartiCity) le marin de Riec sur Belon déterminé. Ce sera le baptême du feu pour Louis Duc (24 ans) qui est le benjamin de la flotte.