11 octobre 2009
Le passage dans les îles du Cap Vert est toujours une étape importante sur la route de Salvador de Bahia. Vainqueur de l'édition 2007, Yves Le Blévec se souvient de ce moment-clé.
Ah les îles du Cap Vert, si isolées à 500km à l'ouest des côtes du Sénégal! Difficile de passer si près et de ne pas s'y arrêter. A ceci près que, pour les solitaires de la Transat 6.50, l'escale est synonyme de perte de temps. En général, les marins s'y arrêtent pour réparer une pièce cassée ou défectueuse. Pour eux, le Cap Vert est juste un point de passage.
«Après c'est le grand vide»
«Dans nos têtes, on se fixe à chaque fois des objectifs, des étapes: Madère, les Canaries, le Cap Vert, le Pot au Noir. Ce sont des moments importants dans la course. Le Cap Vert, c'est la dernière marque avant le grand vide. Quand tu passes cet archipel, il faut checker le bateau pour être sûr que tu n'as rien cassé car après les îles cap-verdiennes, tu n'as plus d'endroit pour t'arrêter et réparer», explique Yves Le Blévec, lauréat en 2007. Un vainqueur qui se souvient très bien de son passage il y a deux ans. A ce stade-là de la course, il était en tête et deux de ses principaux adversaires (ndlr: Isabelle Joschke et Samuel Manuard) étaient déjà hors-jeu. «Nous avions eu des vents portants très forts après les Canaries et certains avaient cassé du matériel les obligeant à s'arrêter au Cap Vert».
«Dix à pouvoir encore gagner»
Cette année, la météo n'a pas été aussi musclée et ce passage cap-verdien est plus simple qu'en 2007. «En effet, l'alizé, qui souffle d'habitude au nord-est, est très nord donc les concurrents n'ont pas à redouter le dévent des îles. Bertrand Delesne est passé en plein milieu de l'archipel et, à mon avis, il ne risque rien. On voit bien qu'il a empanné pour gagner dans l'ouest et éviter les deux îles les plus sud». Après ce passage du Cap Vert, le leader costarmoricain, qui s'est brûlé le pied avec l'eau de sa bouilloire, s'apprête à passer quatre journées plus agréables avec de longues glissades jusqu'au Pot au Noir, prochain obstacle sur la route brésilienne. «Là, on voit très clairement le groupe de protos qui est en train de passer au Cap Vert. Ça va de Delesne à Trautman. Disons qu'ils sont une dizaine devant et tous peuvent encore prétendre à la victoire à Salvador de Bahia».
Dalin en leader
A la lecture des classements successifs et des différentes trajectoires, Yves Le Blévec a noté que Bertrand Delesne, vainqueur de la première étape à Madère, «maîtrisait parfaitement son sujet. Il y a aussi HP Schipman qui gère très bien son affaire. En fait, on retrouve devant tous les skippers qui ont des bateaux parfaitement préparés». En Série, Charlie Dalin occupe toujours la pole position. Hier, il possédait 18 milles d'avance sur Ricardo Apolloni et 36 milles sur Francisco Lobato, impressionnant vainqueur de la première étape. Ces trois-là, aussi, maîtrisent parfaitement leur sujet.
SÉRIE : Charlie dalin (Cherche Sponsor - charliedalin.com) à 2.015 milles de l'arrivée; 2. R. Apolloni (MaVie pour Mapei) à 18,4 milles du premier; 3. F. Lobato (Roff Tmn) à 36,5 m; 4. L. Del Zozzo (Corradi) à 42,3 m; 5. X. Macaire (Masoco Bay) à 43,8 m; 6. H. Meyniel (Beveac Consulting) à 48,3 m; 7. O. Bond (Artémis) à 58,4 m; 8. S. Rogues (Eole Génération - Gdf Suez) à 58,6 m; 9. G. Pedote (Prysmian) à 59,2 m; 10. J. Lecuna (I Feel Good) à 68,2 m. 48 classés. PROTOS : 1. Bertrand Delesne (Entreprendre Durablement) à 1926,4 milles de l'arrivée; 2. T. Ruyant (Faber France) à 20,4 milles du premier; 3. H.P. Schipman (Maison de l'Avenir Urbatys) à 23,7 m; 4. F. Desprès (Soitec) à 37,3 m; 5. S. Le Diraison (Cultisol - Marins sans Frontières) à 63,4 m; 6. P. Brasseur (Région Nord Pas de Calais / Ripolin) à 65,8 m; 7. M. Trautman (Mini Mac) à 67 m; 8. N. Boidevezi (Défi Gde) à 67,8 m; 9. F. Colin (Loukkoummama) à 69,1 m; 10. O. Avram (Cap Monde 2) à 71,2 m. 33 classés.
