12 septembre 2009
Architecte, constructeur, coureur, le Brestois Pierre Rolland est tombé amoureux des Minis il y a plus de vingt ans. A 52 ans, il revient pour la cinquième fois sur la ligne de départ à la barre de son D2, un Dingo aux couleurs du chantier finistérien Marée Haute.
Sur les pontons rochelais, Pierre Rolland est comme chez lui. Il faut dire que ça fait un bail qu'il gravite dans l'univers des Minis. En l'espace de 20 ans, il en a dessiné des coques de noix. Onze plans différents exactement, soit environ 200 bateaux construits.
«Ce sont de vrais laboratoires»
Dans le milieu, les plans Rolland jouissent d'une très bonne réputation. On les dit simples, efficaces, rapides. «C'est ce que j'entends donc je ne vais pas démentir», dit-il un peu gêné. L'architecte est reconnu donc. Et le marin? En quatre participations, il a raté le podium d'un rien (4e en 2003 au Brésil) et a dû abandonner une seule fois. «Si je suis là aujourd'hui, c'est essentiellement parce que je suis le seul des onze skippers qui naviguent sur le D2, bateau homologué en Série, à avoir réussi à me qualifier pour la Transat 6.50. Les responsables ont su me convaincre que j'étais le mieux placé pour le tester. Mais attention, personne ne m'a forcé, cela me fait très plaisir d'être là». Ce qui lui procure également un immense bonheur, c'est de pouvoir tester au large, en course et en solitaire les bateaux qu'il a pensés. «Les Minis sont de vrais laboratoires. Aussi, quand tu vas sur l'eau avec un bateau que tu as imaginé et construit, tu en perçois mieux les avantages et les inconvénients. Au niveau architectural, c'est très intéressant».
«J'aime le côté amateur»
Très proche du chantier Marée Haute installé à Trégunc, Pierre Rolland, professeur de son état (ndlr: il enseigne à Kérichen Brest), se sent comme un poisson dans l'eau dans cette série, véritable melting-pot: «J'aime ce côté amateur qui garde toute sa fraîcheur. Rares sont ceux qui viennent ici avec une démarche très professionnelle. Sur 85 coureurs, il y en a peut-être cinq dans ce cas-là. Contrairement au circuit Figaro où les skippers sont presque tous les mêmes, ici en Mini, tu trouves plein de gens différents. J'apprécie cette richesse humaine, ce mélange».
Ne pas casser
D'un point de vue sportif, le Brestois nourrit quelques ambitions légitimes. Après quatre traversées de l'Atlantique sur des protos, il va cette fois s'élancer en Série. «Je n'ai plus le temps et peut-être l'énergie pour repartir sur un proto. Et puis, un proto, c'est trop cher». Il ne lui déplairait pas d'entrer le premier dans la baie de Tous les Saints à Salvador de Bahia. Pour y siroter une caïpirinha bien fraîche avant les petits copains. L'an passé, entre Les Sables-d'Olonne et les Açores, édition plutôt ventée, il a montré que malgré ses 52 printemps, il n'avait rien à envier aux plus jeunes. «Le vent fort au près, ça me va». Hélas, demain à 14h17, le vent fort sera orienté au nord-est. «Avec 25-30 noeuds de vent au portant et de la mer au cap Finisterre, ce sera plus difficile pour moi. Après, l'expérience joue aussi. Il ne faut jamais perdre de vue que le but est d'arriver au Brésil. Sans casser». L'architecte-constructeur-coureur le sait mieux que quiconque: c'est fragile un Mini et la moindre erreur se paye cash!
Vannes ville. Lauriot-Prévost. Une flotte de douze trimarans océaniques
Châteaulin. Kervigen. Deux catamarans vandalisés
Autres sports. Transat Jacques Vabre. Guillemot sait où il va !