13 janvier 2009
Les chances de Thomas Coville d'améliorer le record du Tour du monde de Francis Joyon se sont amenuisées hier. Ralenti par l'anticyclone des Açores, Sodeb'O a marqué le pas.
Freiné depuis dimanche dans une zone de transition au niveau de l'anticyclone des Açores, le skipper de Sodeb'O a vu sa moyenne dégringoler à un modeste 13 noeuds. Du coup, de 330 milles dimanche après-midi, son retard sur le tableau de marche de Francis Joyon, détenteur du record du tour du monde (57 jours 13 h 34'), était repassé à 590 milles lundi après-midi (à 17 h).
Soute à voiles inondée
En prime, Thomas Coville a dû faire face à des soucis techniques, la trappe de visite du puits de dérive s'est arrachée, entraînant l'inondation, entre autres, de la soute à voiles où étaient entreposées ses poubelles.
Comme les pompes de cale n'ont pas fonctionné, c'est à la force des bras que Coville a dû évacuer les centaines de litres d'eau qui s' y étaient engouffrées. Une séquenc e ménage dans les fonds dont il aurait bien fait l'économie. Et pour ajouer au capaharnaum, un bidon de gasoil s'est ouvert et mélangé aux détritus « J'ai trouvé cela très physique notamment pour vider le compartiment avant en sortant l'eau au seau. Je pense que mes maux de tête sont aussi dûs aux vapeurs de gasoil que j'ai respirées toute la journée. J'ai encore deux bonnes heures de rangement et après je vais essayer de dormir un peu. Je suis content d'être venu à bout de cette galère mais exténué », confiait-il lors d'une vacation avec son équipe. Naviguant encore dans des conditions estivales, il pouvait au moins s'offrir une douche à l'eau de mer afin de se rincer.
Hémorragie de milles
Côté performance, ce n'était pas la joie. Le grand trimaran qui devait traverser un anticyclone des Açores très étendu était très ralenti et ne cessait de concéder du terrain à son adversaire virtuel. Thomas Coville continuait de gagner au nord à vitesse réduite afin de rejoindre la dépression venue des États-Unis et qui va lui permettre de rejoindre la ligne d'arrivée sur un rythme plus soutenu.
Dans les prochaines heures, le vent va basculer du nord-est au sud-ouest avec l'arrivée de ce front qui permettra au grand trimaran d'accélérer et d'infléchir sa trajectoire vers la pointe de Bretagne. Mais à 1.760 milles du but, hier à 17 h, Thomas Coville devait aligner trois journées à 600 milles pour espérer déposséder Francis Joyon de son record. Il doit couper la ligne d'arrivée avant jeudi à 4 h 27' 20''. Une « mission impossible ».
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