13 juin 2009 - 3 réactions
A cause d'une communication désastreuse de la Fédération française de voile, deux jeunes planchistes bretons, un Brestois et un Costarmoricain, se retrouvent au coeur d'une polémique. En jeu, la sélection au Mondial Jeunes.
Triste affaire que celle qui oppose, indirectement, deux planchistes bretons très prometteurs. A bâbord, le Brestois Joseph Guéguen, licencié aux Crocodiles de l'Elorn et membre du Pôle Espoirs de Brest. A tribord, Hadrien Mourichon, licencié au CMV Saint-Brieuc. En jeu, une place au Mondial Jeunes* qui se déroulera en juillet prochain au Brésil. Après trois épreuves, le comité de sélection tranche.
«On lui dit oui puis non...»
Mercredi, le vice-président de la FFV, Jean-Pierre Churet, également en charge du haut niveau pour la voile légère, téléphone à Hadrien Mourichon pour lui annoncer sa sélection. Le Briochin est fou de joie. Sauf que, 30 minutes plus tard, le téléphone sonne de nouveau. Au bout du fil, c'est encore M.Churet qui lui annonce... qu'il n'ira pas au Brésil. C'est Joseph Guéguen qui effectuera le voyage. Colère et incompréhension chez les Mourichon. Le père du coureur contre-attaque et n'accepte pas les motifs évoqués: «On lui a dit que, contrairement à Guéguen, il n'était pas investi au Pôle Espoirs. Et pour cause, Brest est à 150 km de Saint-Brieuc où il a tout, à commencer par son entraîneur Pierre Gaubert, pour progresser. Deuxième raison: Hadrien souhaite faire un break d'un an ou deux pour poursuivre ses études, donc on lui reproche son manque d'ambition olympique. Parlez lui des JO et vous verrez son visage s'illuminer. On lui dit oui, puis non moins d'une heure plus tard. Je rappelle que, sur deux des trois épreuves de sélection, Hadrien a fini premier. C'est n'importe quoi».
Un recours au CNOSF
Estimant cette non-sélection totalement injuste et ces tergiversations inadmissibles, les Briochins ont saisi le CNOSF en urgence. Un recours est déjà parti, suivi d'un courrier au secrétaire d'Etat chargé des sports, Bernard Laporte. Une pétition circule aussi sur internet. Forcément, les remous de cette affaire sont arrivés jusqu'au bureau du président de la Ligue de Bretagne. Tout en rappelant qu'il faut «rester prudent et distant sur les polémiques et les pétitions qui circulent actuellement à ce sujet», ce dernier évoque néanmoins une «communication désastreuse». «C'est désastreux humainement pour nos deux coureurs mais également pour la cohésion de la Ligue. Franchement, je m'en serais bien passé!» Michel Kerhoas l'a dit et répété haut et fort samedi dernier à l'occasion du conseil des présidents de Ligue à Paris. Devant l'ampleur prise par cette affaire, la FFV a même demandé à ses cadres de ne pas communiquer sur ce sujet. Sous entendu, «la communication, c'est la fédération qui s'en charge». On attend le communiqué avec impatience...
*Un seul coureur sélectionné par nation et par série
