30 octobre 2009
Le compte à rebours commence pour la Route du Rhum. Elle partira de Saint-Malo le 31octobre 2010. À Bénodet, le Bigouden Éric Defert (1) est prêt. Il lui suffit de... boucler son budget.
«J'ai pris un gros risque, mais aujourd'hui j'ai un bateau neuf parmi les plus performants. D'autres skippers candidats à la Route du Rhum qui n'ont pas de bateau devront soit en louer un, soit lancer une construction». Éric Defert, sur le pont ensoleillé de son classe 40 (12,18m), ce jeudi dans le port de plaisance de Bénodet, est optimiste. Le Bigouden est prêt pour la course qui partira de Saint-Malo, le 31octobre 2010 pour rallier Pointe-à -Pitre. «L'idéal serait de boucler le budget dans les deux mois», dit-il. Âgé de 33 ans, le skipper de Plobannalec-Lesconil entend jouer les premiers rôles dans cette transat. «J'ai l'expérience, la maturité, le bateau. C'est le moment», constate-t-il.
«Professionnel depuis 10 ans»
Voisin de Vincent Riou sur la côte bigoudène, il a fait ses classes au centre nautique des Glénans. «J'y étais comme objecteur de conscience en 1997. J'ai ensuite passé mon brevet de patron de plaisance voile, puis je me suis lancé dans la course au large en 1998, d'abord pour des propriétaires, puis son mon bateau en mini 6,50 à partir de 2001. Je suis professionnel depuis des années, entre courses et préparation en équipe. J'ai ainsi participé à la Route du Rhum pour Bernard Stamm, Steve Ravussin». Suivront encore, une Transat 6,50, trois saisons en Figaro, la Transat Jacques Vabre en 2007. «C'est à ce moment que j'ai décidé de me lancer dans en classe 40 avec en ligne de mire la Route du Rhum 2010. Il fallait avoir le meilleur outil. J'ai choisi un plan Guillaume Verdier, c'est l'architecte en pointe. Il dessine actuellement les deux seuls 60 pieds en projet pour Riou et Dick. Giovanni Soldini a déjà un plan Verdier. Un deuxième a été construit pour des Chiliens. J'ai acheté le troisième qui a été construit à Lorient».
400.000 EUR d'investissement
Coût: 400.000 EUR. «Dans le budget, il y a un peu d'apport personnel et les banques. C'est un gros emprunt mais elles ont suivi. Le bateau aura de la valeur. Il fallait que je prenne ces risques, car ce bateau sera mon atout. C'est une illustration de ma motivation pour décider des partenaires. C'est un bateau puissant, rapide dans toutes les allures». Pour réduire les coûts, Éric Defert a participé à plein-temps pendant six mois à la construction. Le Classe 40 est sorti en juillet de chantier et il a rallié Bénodet, son port d'attache. Il reste donc à boucler le budget. «Pour une année il est de 250.000 EUR. Il y a l'amortissement du bateau, un jeu de voile (50.000 EUR), l'électronique à compléter, l'assurance, les salaires (le skipper et un préparateur), etc. Un partenaire est déjà prêt à s'engager. Il me manque 150.000 EUR qui peuvent être répartis entre deux autres sponsors». Près d'un million de personnes avaient été comptabilisées sur les côtes bretonnes lors du précédent départ en 2006. La Route du Rhum est une course de prestige. Les multiples skippers cornouaillais qui vont s'engager dans la transat vont attirer tous les regards. Autant d'atouts qu'Éric Defert met en avant pour cette course dans laquelle il joue quitte ou double. Si tout se passe bien, il promet d'être aussi au rendez-vous du Tour du monde des Classe 40, prévus pour 2011-2012.
(1) Tél.06.20.38.04.94. www.teamericdefert.com
