14 janvier 2009
Ça penche, ça manoeuvre et ça fait le dos rond. Les premiers et les derniers tirent des bords à 6.000 milles d'écart alors que Caffari, Boissières et Thompson font le dos rond.Au menu du jour, pour la tête de flotte du Vendée Globe, c'est du près, du près et encore du près... comme pour les derniers qui sont pourtant dans le Grand Sud, réputé pour ses longs surfs au portant.
Du rodéo
Raphaël Dinelli, qui en est quand même à sa quatrième participation, n'a jamais rencontré de telles conditions dans le Pacifique : « Je n'ai jamais fait deux jours de près de rang dans le Grand Sud. C'est incroyable d'être obligé de "tricoter" ici, qui plus est dans un clapot qui s'ajoute à la longue houle. Le bateau fait du rodéo, il faut que je fasse attention. Tout vibre ». 6.000 milles devant, Michel Desjoyeaux aussi tire des bords mais au large du Brésil et dans 28º C.
« Il fait un peu chaud ici. Si je pouvais vous transmettre quelques calories, ça en ferait moins pour moi. C'est la partie cool mais pas passionnante du Vendée. Du près, du près, du près. Hier, c'était un peu mou mais aujourd'hui ça va. On tire des bords, on essaie de remonter comme on peut. Il reste encore quelques virements pour ajuster ce tir avant de mettre cap au nord et de bien profiter de la rotation du vent. J'espère trouver alors les alizés de Sainte-Hélène », lançait le leader qui voyait Roland Jourdain et Armel Le Cléac'h lui reprendre quelques milles. Le skipper de « Brit Air », troisième, ayant même grappillé 100 milles en 24 heures.
Ambiance Figaro
« Je me repose un peu après une nuit où j'ai beaucoup manoeuvré. Dans la nuit (de lundi à mardi), j'ai eu des vents portants qui m'ont permis de garder de la vitesse. Aujourd'hui, c'est ambiance Figaro. Dans du près, il faut régler les voiles tout le temps, matosser (déplacer les poids au bon endroit), faire attention à sa trajectoire », racontait le Saint-Politain qui semblait fatigué mais content de ce qu'il avait réalisé.
« Rien n'est écrit »
Cependant, un nouveau coup d'élastique devrait favoriser « Foncia » puisque c'est lui qui devrait profiter des alizés d'est-sud-est déjà bien établis en premier et entrer sur l'autoroute, direction l'équateur. Et avec le matelas qu'il s'est constitué, il sera difficile, sauf coup de Trafalgar, de venir le titiller. Même si Jourdain et Le Cléac'h n'ont certainement pas l'intention de le laisser tranquille. « Vincent, 3 e ex aequo, c'est une bonne décision. Je serai très content d'être sur la même marche que lui puisqu'on a fait deux-tiers du tour ensemble. Mais on ne sait pas qui sera sur cette marche avec lui. Ce n'est pas encore fait, pas encore écrit... ». Le Chacal ne lâchera rien.
Arnaud Boissières et Dee Caffari, toujours dans le Pacifique, ont, quant à eux, subi jusqu'à 65 noeuds de vent. Pour le Rochelais, ça s'est traduit par deux départs assez violents au tapis. Pour l'Anglaise, c'est sa grand-voile qui s'est déchirée. Un Pacifique décidément loin de l'être.
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