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Sports

Mini-Fastnet L'expérience a parlé

21 juin 2008

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L'un parle beaucoup, l'autre ne dit pas un mot. Le premier est un intuitif quand le second est rationnel. Pierre-Yves Lautrou (36 ans), véritable moulin à paroles, et Steven Urien (34 ans), aussi disert qu'un moine tibétain, naviguent ensemble depuis quatre ans à bord du Pogo 2 aux couleurs de « Altaïde Moovement ». A bord, les échanges sont brefs. « Borde un peu de GV. Choque du chariot ».

« On gagne une vraie course »

Sauf qu'à y regarder de plus près, on devine une grande complicité et une vraie amitié entre le skipper originaire de Camaret, journaliste à l'Express, et son coéquipier rennais, consultant à Paris. « C'est le duo idéal. Steven ne parle pratiquement pas. Du coup, on reste concentré sur la course, sur les réglages ». Depuis quatre saisons, ce duo, qui s'entraîne chez AOS à Lorient, écume les courses du circuit. Souvent placé, jamais gagnant. « On était devenu les champions du monde des matchs amicaux : on gagnait les régates d'entraînement mais jamais les courses. Là, c'est la première fois qu'on gagne une vraie course ».

Mal partout

Pour y parvenir, Lautrou, huit saisons de mini dans le sillage dont une Mini-Transat, et Urien n'ont pas ménagé leur peine : « On était toujours dessus : on n'a jamais eu une minute de repos ». Depuis le passage de BXA à l'embouchure de la Gironde, ils se sont tiré la bourre avec les Britanniques Bond et Brennan (Base Camp). Tout s'est joué à Sein où « Altaïde Moovement » a croisé... 50 mètres devant « Base Camp » : « Là, on les a marqués : ils viraient, on virait. Ils changeaient une voile, on changeait une voile. C'était chaud, intense. Je n'ai jamais disputé un Mini-Fastnet aussi dur que celui-là car il y avait vraiment de quoi casser au retour. On a mal au dos, mal aux fesses. Mal partout en fait ».

Pointe à 20 noeuds !

Vainqueur du Trophée Marie-Agnès Péron en 2006, Pierre-Yves Lautrou a donc signé jeudi après-midi sa première victoire en double sur le circuit. Il s'en souviendra. Comme il n'oubliera pas cette descente de folie entre Douarnenez et BXA : « 27 heures pour descendre, c'était de la folie ! On a même fait une pointe à 20 noeuds ». Et Steven le taiseux, lui, que dit-il ? « C'est la victoire de l'expérience : on se connaît vraiment bien avec Pierre-Yves. Tellement bien qu'on n'a plus besoin de parler à bord ». Tout est dit.

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