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Exploit. Enfin à bon port!

13 septembre 2009

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Après 18 jours de navigation dont quatre jours d'enfer sous des vents contraires, Pierre-Yves Moreau et Benoît Lequin ont réussi la première traversée de l'Atlantique Nord sur un catamaran de 6,10m.

«C'est une première mondiale. On l'a réussie. C'était dur à la fin. On s'est fait secouer comme des pruniers. Mais du monde comme ça à l'arrivée, c'est magique». Secoués comme des pruniers mais frais comme des gardons, Benoît Lequin et Pierre-Yves Moreau! Après 18 jours, 20heures, 55 minutes et 7 secondes de navigation sur un engin de plage - certes amélioré- entre New York et Lorient, ils ont tout juste l'air de débarquer de Groix. Heureux de partager leur joie avec la foule d'amis et de curieux qui sont venus accueillir, sur les pontons de la Cité de la voile, hier à 14h30, ces extra-terrestres vêtus comme des cosmonautes. Ils viennent de traverser l'Atlantique Nord dans des conditions extrêmes et d'ouvrir un record: celui de la traversée de l'Atlantique Nord sur un catamaran de 6,10 mètres non habitable. «C'était dur. Très dur. Beaucoup plus dur que notre première traversée de l'Atlantique entre Dakar et Pointe-à-Pitre. Surtout les quatre derniers jours dans le golfe de Gascogne».

Les mains enflées

En témoignent les mains des deux skippers. Celles de Benoît ont doublé de volume. «On a beaucoup souffert des mains» raconte-t-il. «D'être toujours dans l'eau salée. On le savait. On s'y était préparé. On avait un tas de crèmes, selon la gravité. Retoucher les bouts faisait mal. Il fallait toujours rincer les manchons à l'eau douce. Tout ce que vous faites sans même y penser à la maison était très compliqué. Aller aux toilettes, par exemple. Accrocher toutes les affaires. Toujours. Nous, on ne pouvait pas poser notre couteau ou un stylo sur la table à cartes. Si on dessale, on perd tout». Et de dessalage, il y en a eu un. Après 3.600 milles, ils ont dessalé... à 100 mètres de la ligne d'arrivée. Sous l'oeil effaré des bateaux accompagnateurs, dans le dernier virement de bord de leur épopée. Un petit bain dans l'Atlantique, à l'entrée de la rade. L'océan n'avait visiblement pas envie de les laisser le quitter. Dix minutes d'efforts pour le redresser - après quatre jours de virements de bord incessants - sous les encouragements des passagers des bateaux accompagnateurs, impuissants. Et cette boutade lancée par Benoît, goguenard, 30 secondes après être remonté sur l'engin: «Eh bien, on n'aura pas réussi à traverser l'Atlantique sans dessaler!».

  • Sophie Paitier
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