23 janvier 2012
«Mon grand rêve aurait été, en 1990, de clore ma carrière cycliste en prenant le départ de la Route du Rhum. Mais ça n'a pas pu se faire, faute de finances. J'ai longtemps pensé que c'était foutu». Coureur cycliste pro de 1980 à 1990, Pascal Poisson a été des plus grandes courses aux côtés des Hinault et Fignon. Il a aussi raflé de jolies victoires, dont cette étape du Tour de France 1984 entre Saint-Girons et Blagnac. En 1990, «en profond désaccord» avec les directeurs sportifs de Toshiba puis de Z, il s'éloigne définitivement du cyclisme. Et part s'installer aux Antilles. En Guadeloupe, il entraîne une équipe cycliste locale une année puis s'en va convoyer des voiliers sur l'arc antillais. Le job convient bien au bonhomme qui n'est pas novice dans le domaine de la voile.
Hinault et Tabarly sur un bateau
Enfant, Pascal Poisson apprend à naviguer à Pont-Aven sur une Caravelle. Au lycée de Kerneuzec, il croise Roland Jourdain, Jean Le Cam. «On était en BEP mécanique générale, mais on ne parlait pas bateau». C'est pourtant ce même Jean Le Cam qui l'encouragera plus tard à se lancer dans la Route du Rhum. En attendant, Pascal décroche un contrat de coureur cycliste chez Renault, étoffe vite son palmarès et file à la première occasion au pays naviguer sur son bateau. Vivant à Quimperlé, le cycliste à l'entraînement passe saluer les skippers sur les pontons de Kernevel à Lorient ou à Port-la-Forêt. L'été, entre deux critériums, Marc Madiot, Ronan Pensec ou Charly Mottet prennent le large avec leur équipier. Un jour, alors en pleine révolution du carbone, le Blaireau confie à son coéquipier son intérêt pour les recherches menées dans le domaine nautique: «Avec Le Cam, on s'est dit qu'on allait organiser une rencontre à Port-Laf' avec Tabarly. Avec Jean, on regardait Hinault et Tabarly qui discutaient, assis sur le bras de liaison, et on se disait «mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien se raconter? Ça s'est terminé autour d'un bon repas».
Un éclair bleu à Saint-Malo
Nettoyant les carènes à la marina de Pointe-à-Pitre, l'ex-cycliste sympathise avec les skippers guadeloupéens qui courent le Rhum. Notamment en Class 40. Ainsi, il rejoint à son tour Saint-Malo comme préparateur sur des monocoques antillais. En novembre2010, dans la fête du départ, il a comme «un éclair bleu» qui lui traverse l'esprit. Sur les pontons, il recroise Jean Le Cam qui réveille son envie. A 53 ans, Pascal, qui s'est forgé un beau palmarès sur les régates antillaises, décide de ne «pas attendre encore dix ans» avant de se lancer dans la course. Il s'associe avec Aurélien, son voileux de fils resté à laTrinité-sur-Mer pour débusquer un bateau et démarcher les sponsors. Reprise du VTT, nage et navigations nocturnes figurent au menu. Pascal Poisson veut absolument être au départ à Saint-Malo en 2014. Pour trouver ses marques sur l'Atlantique, il espère disputer la prochaine Transat Québec - Saint-Malo en double l'été prochain avec l'expérimenté Luc Coquelin.
23 février 2012 à 11h10
23 février 2012 à 09h36

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22 février 2012 à 15h08

22 février 2012 à 14h10
