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Voile

Des chiffres et de l'image

7 octobre 2009

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Des retombées médias et du public sur les sites d'épreuves majeures comme le Vendée Globe ou la Route du Rhum restent les atouts de la voile en temps de crise.


Vendée Globe: l'épreuve phare. L'année 2009 a été marquée par le succès médiatique et populaire du Vendée Globe, fort d'un budget de 7,6millions d'euros. A l'intérêt d'une compétition avec un plateau d'exception (20bateaux neufs) s'est ajoutée une dramaturgie qui a encore accru l'impact de cette épreuve. Les plus gros pics d'audience ont été enregistrés lors du chavirage de Jean Le Cam, de l'accident de Yann Eliès plus qu'au moment de l'arrivée de Michel Desjoyeaux. La course a généré 466heures de télé (+60% par rapport à 2004), 300heures de radio (+50%), 18.604 articles en presse écrite et 17.811 articles sur le web. Autre phénomène, 332.000 passionnés ont disputé le tour du monde virtuel. Le Vendée Globe capte un public qui va bien au-delà des passionnés de voile.
Retombées. 916.000euros lors de la Transat Jacques Vabre 2005 où le trimaran de Franck-Yves Escoffier était le premier bateau à Bahia; 690.000euros lors de l'édition 2007 et 735.000euros pour la Route du Rhum 2006, c'est la valorisation des retombées médiatiques de «Crêpes Whaou!». Bertrand Chambert-Loir, directeur général, a précisé «que cette estimation n'est pas le seul intérêt de cet investissement dans la voile. Dans un contexte où les produits sucrés, destinés aux enfants, sont dans le collimateur, ce sponsoring est bon pour l'image et apporte de la visibilité à la marque. Au passage, l'ancien «Crêpes Whaou!», toujours performant, est à vendre (650.000euros).
Internationalisation. Autre tendance évoquée: l'internationalisation. On observe une attirance des marins français sur des projets qui étaient jusque-là l'apanage des Anglo-Saxons. Des sponsors majeurs comme Véolia ou Groupama s'intéressent de près à la Volvo Race et trois ports français, dont Lorient et Brest, sont candidats à une escale. Concernant l'engagement de Groupama dans la Volvo Race, ce n'est pas encore arrêté. «Nous étudions plusieurs projets qui correspondent à une volonté d'internationalisation du groupe (25% du CA actuel). La Volvo en fait partie comme le MOD70», a précisé Frédérique Granadoo.
Visiteurs.
Le village de la dernière Route du Rhum avait attiré un million de visiteurs. Un record battu par le Vendée Globe qui a l'avantage de cumuler une arrivée et un départ. 1,5million de visiteurs ont fréquenté le village des Sables-d'Olonne. En additionnant les différents villages étapes, la Volvo Race affiche 3,9millions de visiteurs. Cette course autour du monde en équipages, qui souhaite attirer des équipages français dans la prochaine édition, avait envoyé Robert Datnow à Rennes dont la présentation a été très professionnelle. 34 ports sont retenus dans la sélection finale des candidats à une escale. 15 sont européens et trois français.

  • G.D.

La culture du paradoxe

Annulations de course (Calais, Round Britain race), projets avortés (Transat Douarnenez- Guyane), retraits de sponsor, la voile océanique n'a pas été complètement épargnée par la crise. Mais, dans le même temps, elle a affiché une réelle vitalité et même des signes de richesse au cours de cette année 2009 particulièrement intense qui va se clore avec la Transat Jacques Vabre. Outre un Vendée Globe d'exception au plan sportif et médiatique, la Solitaire du Figaro a fait le plein avec 52 concurrents au départ et à l'arrivée. Par ailleurs sur ce circuit Figaro structuré, il y eut au printemps une indécise Transat Belle-Ile - Marie-Galante. La Transat 6,50m, actuellement en course, fait toujours recette sur les 85 concurrents engagés, 31 sont étrangers. Cette multiplicité des épreuves et des supports est un signe de la richesse et de la créativité de ce sport. Elle reflète aussi une dispersion qui a pour corollaire un éparpillement des budgets et des retombées et surtout un manque de lisibilité pour le grand public. Pour le non spécialiste, il n'est pas simple de se retrouver dans le maquis d'un calendrier un tantinet anarchique avec des épreuves qui se font concurrence. Or, à la différence de la Champions League, voire la Ligue 1 ou d'autres sports comme la F1 automobile, la voile ne peut créer l'événement à répétition et capter l'attention du public et des médias. La confidentialité dans laquelle s'est déroulée l'Istanbul Europa Race en est la plus récente illustration. Mais comme l'a fait remarquer de façon iconoclaste notre confrère de l'Express, Pierre-Yves Lautrou, ce foisonnement parfois aux frontières de l'anarchie est l'expression de l'esprit de liberté inhérent à la voile et à l'océan. Un brin de clarification ne serait cependant pas un luxe.
  • G.D.
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