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Coupe de l'America Franck Cammas : « Extrêmement excitant »

5 septembre 2008

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A Anacortes (côte ouest des États-Unis), le trimaran de 90 pieds « BMW-Oracle » tire ses premiers bords. Aux commandes, un certain Franck Cammas. Ses impressions... - « Groupama 2 », « Groupama 3 » et maintenant « BMW-Oracle » : quelles sont les différences entre ces trois multicoques-là ? « Les deux premiers cités ont été conçus pour faire de la course au large. « BMW-Oracle » est le premier grand multicoque orienté match-racing, sans aucun compromis sur le confort et la sécurité. Il est très typé pour le petit temps et c'est un bateau très puissant. » - Un mât immense (50 m), une plateforme aussi longue que large (27,50 m), une grand-voile de 500 m², un gennaker de 700 m² (1.200 m² au portant) : ce trimaran doit être une bombe dans le petit temps ? « Il est capable d'atteindre les mêmes vitesses élevées que « Groupama 3 », mais avec 10, voire 15 noeuds de moins. Oui, « BMW-Oracle » est le multicoque le plus rapide au monde en dessous de 15 noeuds. Et je peux vous dire qu'à bord, tous les Américains ont le sourire : ils descendent tous des Class America qui ne dépassaient pas 10 noeuds. Ici, avec 8 noeuds de vent, tu montes à 20 noeuds au speedo. » - Sent-on la griffe des architectes vannetais Van Peteghem - Lauriot Prévost ? « Effectivement, les dimensions générales ont été générées par leur cabinet. Après, le Team Oracle a trouvé des solutions différentes qu'on va devoir tester pour améliorer la performance. Le Team Groupama a également apporté son savoir-faire : « BMW-Oracle », c'est un peu une extrapolation d'un trimaran de 60 pieds. Cela dit, on peut encore aller plus loin. » - Combien de temps faudra-t-il pour maîtriser un tel engin ? « Comme d'habitude, cela prend toujours un peu de temps. Nous sommes quand même dans des efforts inconnus avec cette hauteur de mât et ces surfaces de voiles. Le premier jour, nous avons navigué avec deux ris dans la grand-voile car on ne voulait pas l'utiliser à 100 %. Hier (mercredi), en revanche, on est monté sur un patin (ndlr : coque centrale hors de l'eau). Donc, nous n'étions pas loin des efforts maximum dans le gréement et les structures. Il va falloir qu'on s'habitue à naviguer avec des tensions aussi énormes dans les écoutes. » - Franchement, ça doit faire quelque chose de se retrouver à la barre d'un tel joujou ? « Oui, c'est vraiment génial d'être à la barre. Le bateau est très large et quand la coque centrale sort de l'eau, c'est extrêmement excitant. Maintenant, au-delà de 15 noeuds, ce sera la guerre. Et la guerre arrive vite sur ce genre d'engin car la puissance est impressionnante. Il va falloir apprendre à être performant et rigoureux à bord. D'ailleurs, avec moi, il y a deux autres Français expérimentés (Bruno Laurent et Thierry Fouchier) qui leur donnent beaucoup de conseils. Car, à bord, il y a tous les jouets, comme le mât basculant, pour s'amuser et une erreur est si vite arrivée... »

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