Coupe de l'America Course contre la montre pour Alinghi
Les régatiers d'Alinghi ont à nouveau posé leur sac à Lorient pour une semaine d'entraînement intensif sous la houlette d'Alain Gautier et de Franck Proffit, récemment intégré à l'équipe suisse.
En plus de Foncia remis en état après son chavirage en mars dernier, Banque Populaire de Pascal Bidégorry est aussi en piste dans les courreaux de Groix.
Avec cette session sur deux trimarans de 60 pieds affûtés, le Defender passe à la vitesse supérieure. « La finalité est de travailler les manoeuvres, les séquences de départ... On a commencé par équilibrer les vitesses car Banque Populaire, sur le circuit depuis 2005, avait un développement plus poussé que Foncia », explique Alain Gautier. « Si les vitesses des bateaux sont proches, l'exercice sera plus constructif pour eux », ajoute Pascal Bidégorry.
Rappelons que le Basque et son équipage avaient également servi de partenaire d'entraînement au Défi américain Oracle qui, lui, se forme sur Groupama 2 avec Franck Cammas.
De vraies inconnues
Pour l'équipe d'Alinghi, cette nouvelle session vient compléter des navigations en multi sur Décision 35 dans le cadre du challenge Julius Baer et en Extreme 40 dans l'Ishares Cup. Mais pour ces régatiers au palmarès impressionnant, ces multis restent un brin déconcertants.
« C'est passionnant, amusant mais pas évident de s'adapter. Le plus difficile à gérer, c'est la puissance que ces bateaux développent et plus encore la rapidité de changement de la puissance difficile à assumer », explique l'américain Ed Baird.
L'épisode malheureux du chavirage survenu en mars dernier a forcément été médité et analysé : « La raison, c'était un problème de communication à bord. Rapidement, on peut se mettre dans une situation dangereuse. Pour la conception du futur bateau avec notre Design Team, on a réfléchi à des systèmes de sécurité pour éviter ce type de mésaventure », ajoute le prestigieux barreur américain.
Ce duel en multicoque est un challenge pour lui et toute l'équipe : « Il y a de vraies inconnues. Faire du match race avec des multicoques de 90 pieds, personne n'a cette expérience. On va apprendre et on espère qu'on aura le bateau le plus rapide... » La difficulté est qu'il n'y a pas de vécu sur des bateaux de cette taille. L'expérience des multis offshore n'est pas forcément transposable. « Les coefficients de sécurité sont plus élevés. Là, on va chercher à gagner du poids. La difficulté sera de trouver la limite », précise Alain Gautier
Un délai bienvenu
Concernant ce multicoque en construction au chantier Décision en Suisse, pas question de déroger à la culture du secret qui entoure la Coupe de l'America. Catamaran ou trimaran, taille précise, ces questions restent en suspens. Ce multi entre 60 et 90 pieds sera assemblé en Suisse. Une certitude, le Défender met les bouchées doubles depuis que le juge Cahn de la Cour Suprême de New York a décidé que ce duel avec le défi américain Oracle n'aurait pas lieu avant 2009. Ed Baird concède d'ailleurs que sans ce délai, « le team Alinghi n'aurait pu avoir un bateau prêt à temps ». Ce qui signifie qu'il aurait jeté l'éponge.
Aujourd'hui, les Suisses lancés dans une course contre la montre redoublent de précision.