3 juin 2009
Le jeune Hennebontais (23 ans) Davy Beaudart a franchi un palier et impressionne par sa vitesse, sa maîtrise tactique et son énergie. En attendant de réaliser à l'automne prochain son rêve de transat qui le motive depuis des années, il se régale à la barre de son Pogo 2 qu'il bichonne et peaufine depuis deux ans. «J'avais acheté la coque nue au chantier et je l'ai entièrement équipée. J'aime bien bricoler, je suis content que ça fonctionne. L'année 2007 avait été une année de découverte et d'apprentissage.»
Pas issu des filières classiques
Dans la Transgascogne, marquée par un coup de vent et plusieurs appels de détresse, il avait gagné la première étape et terminé troisième. Le marin et le bateau avaient encaissé le baptême du feu dans la baston. «Cette année 2007 m'a permis de valider beaucoup de choses, et surtout m'a conforté dans mon envie de continuer.» En 2008, avec plus d'expérience et aussi un Pogo optimisé par l'achat de voiles neuves, les résultats ont suivi, avec notamment cette victoire au Trophée MAP devant des marins référents comme Francisco Lobato ou Tanguy Leglatin. Cette année, son début de saison a été très prometteur avec deux victoires au Mini Pavois, puis à la Solo Chrono autour de Groix. «Ça fait plaisir, et surtout on prend confiance. Mais il ne faut pas s'enflammer», dit-il modestement. Le grand challenge est la Transat 6,50m entre LaRochelle et Salavador de Bahia (départ le 13septembre) pour laquelle il recherche encore un partenaire. Ce sera un aboutissement pour ce jeune navigateur qui ne vient pas des filières classiques de la compétition. «J'ai fait de la voile loisir à l'adolescence, et j'ai vraiment débuté en Pogo 1 à l'âge de 16 ans. Au début, on a un peu d'appréhension en solitaire. Il faut franchir le pas. Jusqu'en 2005, je faisais une course par an. Je ne suis vraiment à fond dans la compétition que depuis 2007.»
Heureux au large
Sa montée en puissance au niveau des résultats va de pair avec le bonheur d'être en mer. «Dans cette série, il n'y a pas de secret: il faut bouffer du mille. Plus je navigue, plus je suis heureux en mer. Ma qualification pour la transat (1.000 milles obligatoires) effectuée en septembre dans de superbes conditions a été un vrai révélateur», explique-t-il. Si Davy Beaudard est très attiré et à son affaire au large, il aime le contact. Les régates en IRC comme équipier sur le voilier lorientais «Best Composites» lui ont permis de progresser dans ce domaine. Très accrocheur, il ne lâche rien. Et on le vérifiera sans doute dans les prochaines classiques du circuit 6,50m. Mais désormais dans sa tête, le compte à rebours est commencé avant la grande traversée de l'Atlantique. Une fois ce rêve océanique assouvi, il avoue que «ce sera dur de tourner la page et de décrocher de la voile».
* 79 solitaires seront au départ de cette épreuve d'environ 200 milles, qui sera donné demain à 11h30 à Douarnenez.
20 mai 2012 à 17h35