Barcelona World Race Riche d'enseignements
La première édition de la Barcelona World Race s'est achevée fin février. A neuf mois du départ du Vendée Globe, ce tour du monde en double sans escale, peu suivi en France, aura néanmoins été riche d'enseignements. Son organisateur, Mark Turner, tire un premier bilan.
Que retenez-vous de cette première édition ?
« D'un point de vue sportif, je retiens surtout que sur les 18 marins engagés, tous sont rentrés ravis. Ils ont aimé ce format en double, même ceux qui ne sont pas allés au bout. En double, les marins partagent tout, les plaisirs comme les moments difficiles. Le premier enseignement de cette course est là : le double est un format qui plaît. On ne s'est pas trompé sur ce point-là ».
Sur neuf bateaux engagés, trois favoris ont quitté la course prématurément. Pas terrible pour le suspense...
« C'est exact mais le suspense est bien la seule chose qu'on ne peut pas contrôler. Franchement, je ne suis pas étonné d'avoir perdu trois ou quatre bateaux mais j'avoue avoir été déçu de les perdre en deux semaines et surtout les trois acteurs français (1) au moment où se terminait la Transat Jacques Vabre, course très suivie en France. Mais, dans notre sport, la casse fait partie du jeu. D'ailleurs, à l'arrivée du prochain Vendée Globe, je ne serai pas étonné qu'il n'y ait que 10-12 bateaux classés sur 25 partants ».
Sur combien d'engagés tablez-vous pour la deuxième édition en 2010 ?
« La ville de Barcelone s'est engagée pour trois éditions : le prochain départ sera donné le 31 décembre 2010 et la troisième édition partira quatre ans plus tard. Il y aura ainsi un tour du monde tous les deux ans : le Vendée Globe en solitaire et la Barcelona en double. Quant au nombre de partants, je pense que dix ou douze bateaux suffisent. Il n'est pas nécessaire d'en avoir 25 sur la ligne. Sincèrement, je préfère avoir de la qualité plutôt que de la quantité. Je préfère surtout avoir plus de nationalités. Prenons l'exemple de Damian Foxall, vainqueur de la course aux côtés de Jean-Pierre Dick. Malgré son beau palmarès et ses compétences reconnues en France, Damian n'était pas ou très peu connu chez lui en Irlande. Après cette victoire, il a été reçu comme une star dans son pays. Par ailleurs, en Espagne, il y a déjà un projet sérieux de 60 pieds pour l'édition 2010 ».
(1) « PRB » (Riou-Josse), « Delta Dore » (Beyou-Gavignet) et « Veolia Environnement » (Jourdain-Nélias), ont abandonné suite à des avaries de mâts.