19 septembre 2009
Vent faible et instable en force comme en direction, mer plate et soleil en fin d'après-midi: les 126 équipages ont entamé la dixième édition tout en douceur, hier devant Lorient. Aujourd'hui, ça devrait être plus tonique.
Gris et triste le ciel, hier matin, sur la base de Kéroman. Triste mine aussi pour Davy Beaudart qui était parti pour un beau voyage entre LaRochelle et Salvador de Bahia à bord de son Pogo 2. Hélas, il a dû s'arrêter définitivement à Gijon en Espagne pour cause d'un circuit électrique complètement noyé. Et franchement, le jeune skipper n'avait pas le coeur à régater entre trois bouées ce week-end. Mais ses copains lorientais l'ont obligé à se bouger. «Ils m'ont dit que ça ne servait à rien de rester chez moi à ruminer tout ça. Il paraît qu'il faut tout de suite remonter sur son cheval après une chute, alors je suis venu...» Courageux.
Ah, l'insoutenable légèreté de l'air!
Lors du briefing matinal, le Lorientais Hervé Laurent avait annoncé la couleur: «Nous sommes dans un régime de nord-est. Progressivement, le ciel va se dégager et le vent thermique rentrera en fin d'après-midi. Mais faites attention car il y risque d'y avoir des bascules assez importantes car l'air est instable». Instable? A 14h, il n'était pas instable, il était tout simplement absent. Sur le plan d'eau, il n'y avait pas de vent. Pas un pet de lapin sur le rond des IRC. Rien non plus pour les HN et pas grand-chose sur le rond des monotypes mouillés devant la pointe de Gâvres.
Bronzette et baignade
Pendant une bonne heure, on a vu des équipiers enlever les couches une à une: le ciré, la polaire, puis le tee-shirt, pour finir torse nu à faire bronzette sur le pont. On en a même vu deux prendre un bain en pleine mer. Sur une mer lisse, sans la moindre risée à l'horizon. Heureusement, le soleil commençait à chauffer... «Donc le thermique va arriver... Patience, on a le temps», disait Jean-Paul Vallégant, président du comité de course des IRC. Et effectivement, peu avant 16h, le thermique a pointé le bout de son nez. Au nord-ouest 4-5noeuds, puis 5-7 noeuds. Largement assez pour envoyer un premier parcours «banane». Le seul de la journée d'ailleurs en IRC.
«C'était tordu»
A l'inverse, les monotypes ont avalé deux manches. La première a été raccourcie et la seconde a vu la flotte partir dans un vent de nord-est 4 noeuds pour finir dans un régime de secteur ouest. Avec cette image étonnante d'une flotte qui termine son bord de portant sous spi et repart pour un bord de près... sous spi. «C'était effectivement un peu tordu mais ce fut tout de même une belle journée», expliquait, hier, Gaëtan Ozzenne, skipper du J 80, qui ne s'attendait pas être à pareille fête: 1er et 6e, voilà son équipage issu du Laser en tête au classement général. Comme prévu, la bagarre entre Patrick Farcy et Patrick Thomas a commencé en JPK 9.60. Pour l'heure, c'est le Brestois qui mène les débats. Aujourd'hui, les 126 équipages devraient évoluer dans un régime de nord-nord-ouest 15-20 noeuds. Ça devrait être beaucoup plus animé qu'hier. Hélas, le ciel sera couvert et des grains sont à prévoir. La deuxième journée s'annonce humide.
«C'était effectivement un peu tordu mais ce fut tout de même une belle journée»
