Volley-ball. Marche à l'ombre
Le volley-ball a l'image d'un sport agréable à l'oeil mais est à la recherche d'un nouveau souffle. Boudé par les médias et les partenaires, il souffre d'un manque de reconnaissance. État des lieux.
Automne 1986, la planète du volley prend part au Championnat du monde masculin à Paris. Les Bleus, sixièmes, s'attirent la sympathie du public. Mais, le volley national n'a pas su profiter de cet événement novateur, dernière manifestation d'envergure internationale organisée au pays. Le passeur Alain Fabiani, considéré comme le meilleur du monde à l'époque, constate : « On est passé à côté de quelque chose médiatiquement ».
Pas de lumière médiatique
Le volley est la seule des cinq disciplines collectives majeures à ne pas avoir de contrats télévisés pour ses championnats professionnels. Les raisons sont multiples, entre des interrogations sur un spectacle sportif, de nombreuses salles inadaptées pour le haut niveau, à moitié vides, un calendrier démentiel du fait des compétitions internationales. « On a les pires difficultés avec nos clubs au cours d'un championnat trop court mais la Fédération française (FFVB) passe sous les fourches caudines de la Fédé Internationale (FIVB) », regrette Pierre Coquand, président de la Ligue Nationale (LNV). « On a un retard considérable en matière d'infrastructures. Il faut que les salles soient conviviales, de 4.000 à 8.000 places. On souffre aussi du peu de formation ».
André Patin, entraîneur de toujours d'Asnières, le « Guy Roux » du volley sans la « Mercedes », est un formateur hors pair : de la génération qui a obtenu le meilleur résultat de l'histoire de l'équipe de France, troisième du championnat du monde 2002, il y avait quatre ex-Asniérois, Mathias Patin, Hubert Henno, Sébastien Frangolacci et Philippe Barca-Cysique. « Ça fait 20 ans qu'on plafonne à 100.000 licenciés, avec un turn-over énorme de 30 %. Le rugby, lui, a bien négocié son virage professionnel ».
Boudé par les médias et les partenaires, le volley est confronté aux limites de l'amateurisme et de la bonne volonté.
« Il y a un déficit de connaissance et de reconnaissance de notre secteur professionnel », affirme Gil Pellan, le président costarmoricain de la FFVB. « Il nous faut l'ouvrir au grand public, transformer notre haut niveau pour qu'il soit un spectacle sportif, avec un marketing performant ».
Candidat à l'Euro 2011
La Pro A - « homogène, difficile », note le sélectionneur des tricolores Philippe Blain - est l'un des meilleurs championnats du monde. « Face aux Italiens, Russes et Polonais, ça va être difficile économiquement pour nos clubs. Mais, on s'en tire plutôt bien pour le moment ».
Les résultats des clubs français dans les coupes d'Europe sont bons à l'image des titres continentaux de Cannes, Paris, Tours chez les garçons et des Cannoises. L'équipe de France n'a pas été en reste avec une finale de l'Euro 2003 et de la Ligue Mondiale 2006.
« Je ne pense pas qu'on ait besoin d'un nouveau souffle car on a des résultats », lâche Alain Fabiani. « Mais, l'absence de la France aux Jeux Olympiques de Pékin sera embêtante ».
La candidature française à l'Euro 2011 peut-elle booster le volley ? « Organiser une compétition de cette dimension est un impératif », souligne Gil Pellan. « L'opportunité d'avoir un éclairage médiatique ».