Tour de Bretagne. 4 e étape : Guingamp - Lesneven Antomarchi échappe au naufrage
Quel coup de tonnerre ! Le peloton des favoris a terminé
à plus de 26 minutes (!) à Lesneven où le Marseillais Julien Antomarchi en a profité pour faire coup double.
Ils ne sont plus que 31 à pouvoir jouer le général.
Lars Boom ne gagnera pas le Tour de Bretagne. Le surdoué Coen Vermeltfoort, David Le Lay, pourtant si fort, et le Letton Gatis Smukulis non plus. Les quatre hommes, qui faisaient la plus grosse impression depuis le départ d'Arzon, ont rallié le Finistère-Nord avec près d'une demi-heure dans les carreaux, hier après-midi. Pendant le protocole, en roue libre, dans l'anonymat grégaire du peloton. Dans le jargon fleuri du vélo, on appelle ça un enterrement de première classe ou un coup de Trafalgar, c'est selon. Comment a-t-on pu en arriver là ? Pourquoi les prétendants au classement général ont-ils démissionné en bloc entre Guingamp et Lesneven ? Pourquoi diable ont-ils laissé filer de la sorte ?
Rideau au Ponthou !
Chacun a ses raisons, bonnes ou mauvaises. Toujours est-il que le Tour de Bretagne a un peu perdu la tête sur la petite commune du Ponthou, hier à l'heure du déjeuner. Le peloton venait d'aborder la célèbre ascension de Luzivilly (km 35), celle du Circuit du Viaduc, lorsqu'un imposant groupe de 33 coureurs basculait au sommet. Pas de Vermeeltfoort, de Boom, de Le Lay ou de Smukulis à l'horizon mais dix-huit des vingt-deux équipes étaient représentées en tête. Et ce qui devait arriver arriva : rideau ! Les favoris de l'épreuve, on peut le déplorer, décidaient subitement de se désintéresser de la course et la laissaient au bon vouloir de leurs équipiers. Boom et Vermeltfoort, dans un même élan de générosité, l'offraient à Beima et Berkhout; Le Lay à Poilvet; Duret à Zielinski; Smukulis à Tanner et Antomarchi etc. Parmi ceux qui avaient eu le nez creux, on relevait aussi la présence de Guyot et Halléguen (Côtes-d'Armor - Maître Jacques), de Jeandesboz (Vendée U), de Bideau, Guillou, Tronet et Delrot (Roubaix), de Lucas et Maheau (Nantes), de Charrier (Nogent), de Grammaire (Dijon), du local Le Gac (Bic 2000) ou encore des étrangers, Keinath, Hoogerland et Miyazawa, pour ne citer qu'eux.
26'14'' sur la ligne !
Le Tour était (presque) joué. Pendant que le peloton refaisait le monde sur la route touristique, les 33 échappés entassaient les minutes par paquet, prenant même le temps de s'arrêter pour satisfaire un besoin naturel. Leur avance dépassait rapidement les dix minutes (km 80) et doublait après Kerlouan pour atteindre finalement les 26'14'' sur la ligne de Lesneven. Du rarement vu. Julien Antomarchi, vainqueur d'étape aux Trois Jours du Vaucluse en début de saison, lui, ne se souciait pas du sort des grands battus et il avait bien raison. Il giclait comme un fauve à un tour et demi de l'arrivée pour enlever la mise et devenir l'inattendu leader de l'épreuve. Le jeune Marseillais, comme les 30 garçons qui se tiennent désormais dans la même minute, a le droit de rêver la nuit.
Pour les autres, pour tous les autres, c'est la fin des illusions avant Lannion.