Sélections françaises de slalom à Séu d'Urgell (Espagne) Combot pagaie vers l'Olympe
Le slalom français désigne ses quatre bateaux pour les Jeux Olympiques de Pékin ce week-end en Espagne. En K1, où la concurrence est hallucinante, le champion du monde lannionnais Sébastien Combot est capable de tout, mais sûr de rien.
Le K1 (pour kayak monoplace) est la catégorie reine du slalom et la France est son royaume. Mais au terme des « piges » organisées à partir de demain sur le bassin artificiel espagnol de Séu d'Urgell (celui de Pau n'étant pas achevé), un seul de ses nombreux champions sera désigné pour porter les couleurs nationales en août prochain à Pékin.
Cette chance, cet honneur, cette énorme responsabilité aussi, tant le lauréat sera porteur des espoirs déçus de ses vaincus, ils seront onze à y prétendre ce week-end.
Six prétendants
Le champion olympique en titre, Benoit Peschier, ainsi que les champions du monde Fabien Lefèvre (2002 et 2003), Julien Billaut (2005) et Sébastien Combot (2007) sortent du lot ? « Oui, mais au même titre que Boris Neveu et Pierre Bourliaud », disent tous les spécialistes.
Dans ce contexte de concurrence exceptionnelle, le Lannionnais Sébastien Combot, n'est évidemment sûr de rien. Même si le titre de champion du monde, qu'il a conquis en octobre dernier au Brésil à la surprise générale, lui offre un « bonus » non négligeable d'une course gagnée.
Il lui suffirait de s'imposer soit samedi soit dimanche au cours d'une des deux premières courses de ces sélections pour être à peu près certain de voir Pékin.
« Je ne m'affole pas »
Seulement, au contraire d'un Fabien Lefèvre qui multiplie les succès, le jeune Breton de 21 ans n'a plus remporté la moindre course depuis son titre mondial. « Je ne m'affole pas du tout », disait-il pourtant il y a une dizaine de jours, au retour d'Epinal, où avaient lieu deux manches du championnat de France.
Ses résultats bruts dans les Vosges (10 e et 5 e , après qu'il ait terminé 8 e et 3 e en février aux Roches du Diable) n'incitent pourtant que modérément à l'optimisme. Sauf si l'on sait que Combot était malade et que c'est lui qui est descendu le plus vite (mais avec deux portes touchées) le samedi.
« Franchement, tout va bien. J'ai été attentif à tout dans ma préparation. Ma vitesse de bateau est là. Le physique et la technique sont présents. Après, il faut trouver la concentration maximale pour aller vite sans faire de touches. »
« Je vois ça
comme un jeu »
L'homme affiche sa confiance. « Vu de l'extérieur on peut penser que Fabien (Lefèvre) est au-dessus, c'est vrai. Il a une bonne navigation de manière constante. Nous, on est plutôt sur un autre schéma avec une progression et un pic de forme à un moment donné. Ce qui fera la différence, c'est d'arriver à se lâcher le jour J. »
Un programme qui n'est pas pour déplaire à ce cérébral dont la minutie et la science de la course lui ont valu d'être surnommé « la fouine » au pôle France de Toulouse. « Au niveau mental, ça ne me dérange pas trop de ne pas être devant tout le temps. Toutes les courses de préparation me servent à travailler des choses pour que au bout du compte, tout aille bien ».
Sinon ? « Tant pis. Je vois ça comme un jeu. Et je suis encore jeune. »