Match amical. France - Angleterre, ce soir (21 h) au Stade de France Une si longue attente...
L'équipe de France n'a plus remporté un match de prestige depuis 18 mois. A deux mois de l'Euro, l'occasion est belle, ce soir, contre une équipe d'Angleterre qui, elle, attend sa revanche depuis presque quatre ans.
C'était le 13 juin 2004 à Lisbonne et la moitié de l'équipe qu'alignera Fabio Capello ce soir au Stade de France s'en souvient encore. Spécialement David Beckham, qui à un quart d'heure de la fin de ce qui était le premier match de l'Euro 2004 pour les deux formations, avait vu Barthez arrêter un penalty qui aurait permis à l'Angleterre de mener 2-0. Deux coups de patte de Zidane plus tard (aux 91 e et 93 e tout de même), l'équipe de France empochait trois points (2-1). Mais qu'elle avait eu chaud !
Série noire
Ce rappel permet de relativiser un constat voulant que l'Anglais n'a plus plumé le coq depuis une époque (en 1997) où Aimé Jacquet était capable à la fois de mettre Zidane sur le banc et d'aligner une attaque Ouédec-Keller.
Malgré son statut de spectatrice du prochain Euro, l'Angleterre de Capello, guidée ou rejointe en cours de route ce soir par un Beckham « centenaire », possède suffisamment d'allure pour qu'on la croie capable de faire le pont entre deux époques. Elle s'annonce notamment très dangereuse dans l'axe, tant en premier rideau (Rooney) qu'en deuxième (Gerrard, Lampard).
Pour tout dire, perdre ce match-là, sept semaines après une défaite en Espagne (0-1), serait une bien mauvaise idée pour une équipe de France qui, depuis sa victoire « post-mondiale » d'août 2006 contre l'Italie (3-1), a pris de bien mauvaises habitudes.
Certes, elle s'est qualifiée pour l'Euro 2008. Mais elle a aussi perdu la bagatelle de quatre rencontres sur seize : les deux contre l'Ecosse en éliminatoires ainsi que les deux matchs amicaux de prestige disputés contre l'Argentine et l'Espagne. Mine de rien, ça commence à faire beaucoup, si l'on considère que, dans le même temps, les Bleus - ou doit-on désormais écrire les Rouge ? - n'ont dominé que l'Ukraine et des formations de second plan.
Sept titulaires
qui inquiètent
A dix semaines de l'Euro et à six de l'annonce par Raymond Domenech des noms des 23 joueurs qui la composeront en Suisse et en Autriche, l'équipe de France ne génère pas une confiance béate. Outre que ses prestations collectives n'ont pas convaincu depuis longtemps, pas moins de sept de ses onze titulaires constituent des sources d'interrogations ; soit qu'on craigne pour eux le dépassement de la limite d'âge (Thuram, Makelele, Vieira) ; soit qu'ils aient du mal à refaire surface après une blessure (Coupet, Sagnol, Henry) ou un transfert (Malouda).
Désormais englué comme ses prédécesseurs dans un conservatisme avec lequel il avait pourtant cherché à rompre lors de sa nomination, Raymond Domenech ne semble pourtant décidé à faire évoluer sa liste qu'à la marge, et ce en dépit des garanties présentées en Ligue des champions par les Mexès et Flamini notamment.
En l'absence de Valbuena et Sagna, autres candidats fort honorables, il n'est pas sûr que la rencontre de ce soir fasse beaucoup avancer la réflexion du sélectionneur. Raison de plus pour mettre à profit la soirée en engrangeant une victoire sans laquelle l'ombre d'un doute pourrait bien grandir à vitesse grand V dans les semaines à venir.