Gignac. « Mentalement plus fort qu'avant »
Très marqué par une première saison difficile à Toulouse, c'est un André-Pierre Gignac retrouvé qui revient demain au Moustoir. Avec déjà huit buts à son compteur, l'ancien Lorientais a retrouvé le chemin des filets.
Dans quel état d'esprit revenez-vous à Lorient ?
« C'est un nouveau "Dédé" qui arrive. J'ai retrouvé la confiance surtout, le plaisir de jouer ».
Avez-vous beaucoup souffert la saison dernière ?
« Pour moi qui aime le football, ça a été incroyablement dur à vivre, très dur mentalement. J'avais déjà connu la "galère" à Lorient à cause d'une blessure. Mais l'an dernier, c'était bien pire, car c'était une question de choix. Et cela fait vraiment mal d'être mis sur le côté ».
Aviez-vous baissé les bras à un certain moment ?
« Oui, j'ai lâché à un moment où je me suis rendu compte que je n'étais plus qu'un joker, que je rentrais parfois vingt minutes, d'autres fois une minute. Et quand je jouais, on disait : "il ne remplacera jamais Elmander". J'étais toujours comparé à lui et c'était difficile, car il était adulé ».
Comment votre entraîneur Alain Casanova a-t-il réussi à vous remettre en selle ?
« Il m'a tenu un discours auquel j'ai adhéré tout de suite. Je pense qu'il a vu, l'an passé, que j'étais mal dans ma peau et il a décidé de me faire confiance malgré tout. Dès le premier jour, il a été très clair. Comme il a été joueur, il a compris. Après, moi, je me devais de tout donner, de ne rien laisser transparaître... »
Comment ressentez-vous votre réussite actuelle après cette année difficile ?
« Je relativise, je prends ça avec beaucoup de recul désormais. Cela ne m'empêche pas d'être très content des performances de l'équipe et de mes performances individuelles ».
Qu'est-ce qui explique le bon début de saison toulousain après toutes les difficultés rencontrées la saison dernière ?
« Il y a un nouveau staff technique, des jeunes qui sont restés, des joueurs de qualité qui sont arrivés également. Mais ce qui est différent, c'est vraiment l'état d'esprit. Ça fait "cliché" de dire cela, mais il y a une ambiance exceptionnelle dans le groupe, cela rend les choses plus faciles sur le terrain ».
Vous aviez failli revenir à Lorient il y a un an. Que s'est-il exactement passé ?
« En décembre, j'étais prêt à revenir dans le cadre d'un prêt. J'avais donné mon accord, le coach aussi, mais cela n'avait pas pu se faire pour des raisons financières. J'y ai pourtant cru à fond. Cet épisode m'a permis de revenir à Toulouse après la trêve avec de meilleures intentions. J'ai essayé de me faire pardonner, de me rattraper sur les six derniers mois, même si je ne jouais pas beaucoup. Mais je me suis donné ».
Est-ce que ces épreuves vous ont changé ?
« Mentalement, je suis certainement plus fort qu'avant, j'ai acquis de la maturité. Il me fallait certainement cette période d'adaptation. Je sortais de cinq années à Lorient, j'arrivais dans un système de jeu différent, avec un joueur déjà en place. Cela m'a certainement permis de grandir. Et après tout, je n'ai que vingt-deux ans, je vais sur les vingt-trois... »
Votre réussite actuelle vous incite-t-elle à penser Equipe de France ?
« Je ne me fais pas d'illusion pour l'instant, je donne tout en club. Mais je sais que la porte est ouverte actuellement, comme on l'a vu avec Savidan. Dans un petit coin de ma tête, je l'ai un peu. C'est légitime, tout joueur professionnel rêve de porter un jour la tunique de l'Equipe de France... »