Demi-finale. Allemagne - Turquie : 3-2 Le miracle était allemand
En grande difficulté face à des Turcs de feu, malgré un effectif décimé, l ' Allemagne, grâce à son réalisme, est tout de même parvenue à renverser la vapeur et à se qualifier in extremis pour la finale de l ' Euro 2008 après sa victoire 3-2 , hier à Bâle.
L ' Allemagne a attendu la dernière minute du temps réglementaire (90 e ) et un but de Lahm pour se défaire d ' un adversaire bien plus coriace qu ' elle ne l ' avait imaginé et qui lui a causé d ' énormes soucis avant de plier définitivement. Avant cette libération, Semih avait fait croire à un nouvel exploit des Turcs en égalisant à la 86 e minute, ramenant le score à 2-2, seulement sept minutes après une tête victorieuse de Klose.
L'Allemagne a eu chaud
Mais cette fois, la Turquie n ' a pas réussi à rééditer le scénario de rêve qui lui avait permis d ' éliminer dans les dernières minutes la République tchèque (lors du dernier match du premier tour) puis la Croatie en quarts. Les Allemands ont eu peur, très peur même de tomber face à des Turcs vaillants, mais qui sont loin de posséder leur CV imposant. Et c ' est en puisant dans leur force mentale plus que dans leur propre jeu qu ' ils ont réussi à se sortir du piège tendu par la Turquie. Sans génie, mais avec une froide efficacité, les hommes de Joachim Löw s ' avancent donc vers la quête d ' un 4 e trophée continental après ceux de 1972, 1980 et 1996 et attendent de pied ferme leur prochain opposant, la Russie ou l ' Espagne, qui s ' affrontent ce soir à Vienne. Le début de match en fanfare des troupes de Fatih Terim et le but d ' Ugur Boral (22 e ) pouvaient pourtant leur faire craindre le pire. Mais il faut se méfier des Allemands, surtout quand ils sont dos au mur. L ' égalisation de Schweinsteiger, quatre minutes plus tard (26 e ), puis les buts inscrits in extremis par Klose et Lahm, en ont été les preuves éclatantes.
Les Allemands ont de fait montré deux visages au cours de cette demi-finale. Empruntés, dénués d ' imagination et d ' inspiration en première période, ils se sont métamorphosés après la pause en étant bien plus volontaires et entreprenants. L es dribbles de Kazim Kazim, la vision du jeu d ' Altintop ou la maîtrise d ' Ugur Boral sur les coups de pied arrêtés ont longtemps compensé l ' absence de s es titulaires. Mais il en fallait plus pour arrêter la marche inéluctable de l ' Allemagne vers la finale en dépit de la défaillance de ses cadres. Seul Schweinsteiger s ' est montré à la hauteur. Mais Löw et son staff pourront longtemps remercier Lahm, l ' homme qui leur a évité une prolongation périlleuse face à des Turcs déchaînés.