Coupe de France (8 e de finale). Albatros Brest - Dragons Rouen, ce soir (20 h) Ce serait un miracle...
Au Rïnkla Stadium, où la chaude actualité de la Coupe de France va donner rendez-vous à un passé joyeux, ce serait plus qu'un exploit, un miracle, si les Albatros, leaders de D2, parvenaient à surprendre ce soir les Dragons de Rouen, seconds de la Ligue Magnus.
Dans la belle patinoire de Bellevue qui peut accueillir près de 1.400 personnes, la présence d'un millier de spectateurs est acquise pour ce huitième de finale dont l'affiche renvoie aux belles heures des années 90. Quand les Albatros et les Dragons « s'étripaient » joyeusement pour la conquête du titre de champions de France qui fut l'apanage des Brestois en 1996 et 1997.
Briec Bounoure :
« On n'est pas au foot »
« Ces matchs contre Rouen, notamment les finales, ont laissé des souvenirs merveilleux. Ce fut une belle époque où il y avait vraiment cinq ou six belles équipes de hockey en France, avant qu'on assiste à un nivellement par le bas » estime Briec Bounoure.
Toujours est-il que le palmarès de Brest, réapparu brièvement dans l'élite de 2002 à 2004, s'arrêta sur ces deux conquêtes quand la carte de visite des Rouennais continua à s'enrichir (neuf Ligue Magnus, trois Coupes de France en 2002, 2004 et 2005, une Coupe de la Ligue en 2008).
Face à une telle artillerie quelles sont les chances brestoises d'en réchapper et d'écorner cette hiérarchie ? Pour le président brestois, elles sont nulles : « On n'est pas au football mais en hockey-sur-glace où on n'a jamais vu un club de D3 battre un club de D1. Il n'y a pas de miracle ou alors il faudrait que nos amis de Rouen soient distraits ou malades. J'espère toutefois que nos joueurs feront ce qu'il faut pour être à la hauteur de l'événement ».
Toukmatchev :
« Il va falloir défendre »
Annick Bounoure est un peu plus optimiste : « Sur un match tout est possible. Mais notre tâche sera très, très dure face à une grosse machine comme Rouen. La différence est énorme entre la D2 et l'Elite. Il faut surtout percevoir cette rencontre comme une chance de voir du beau hockey ».
En homme de terrain (ou de surface), Sergei Toukmatchev se veut pragmatique et réaliste : « Tous nos matchs de championnat en D2 sont basés sur l'offensive. On ne joue pas avec un système défensif. Là, le changement va être radical : il va falloir jouer souvent en défense, sans avoir autant qu'en D2 la possession du palet. Les joueurs, s'ils sont prêts mentalement, n'ont pas tous ces automatismes. Et le rythme de jeu ne sera pas du tout le même face à des Rouennais qui patinent beaucoup plus vite que nos adversaires en championnat ».
Quelles pourraient être les clés d'un (très improbable) succès brestois ? « La réussite en attaque et en défense, une hyper-concentration sur toutes les phases de jeu et un grand match de notre gardien », répond l'entraîneur des Albatros. Avant d'ajouter lui aussi en guise d'auto-persuasion : « Sur un match, tout est possible... En fait, on ne sait pas trop ce qui nous attend ».