Championnats du monde juniors en Afrique du Sud Le meilleur, c'est Le Bon !
Pierre-Yves Chatelon, l'ancien conseiller technique du Comité de Bretagne (1997-2001), dirigeait l'équipe de France juniors, dimanche, lors des championnats du monde. Il a assisté aux premières loges au sacre de Johan Le Bon.
- Pierre-Yves Chatelon, quinze jours après son titre de champion d'Europe, Johan Le Bon devient champion du monde. Vous attendiez-vous à ça... ?
« C'est une bonne question (il marque un temps d'hésitation)... Johan avait donné des signes de faiblesses quelques jours avant les Mondiaux mais connaissant le "loustic", je savais qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. Cela s'est encore vérifié, dimanche. Avec la "pancarte" qu'il avait dans le dos, croyez-moi, il fallait vraiment être très très fort pour l'emporter. Et il a gagné en costaud. »
- Que lui avez-vous dit à l'arrivée ?
« Johan est quelqu'un qui se met toujours beaucoup de pression. Avant le départ, je lui avais donc dit qu'après ce qu'il avait réalisé aux championnats d'Europe, le reste était du bonus, qu'on s'en foutait un peu, après tout. Quand je l'ai vu à l'arrivée, je l'ai congratulé avant de lui glisser : "Tu vois, ce n'était pas si compliqué que ça, finalement... " »
- Qu'a-t-il de plus que les autres ?
« Johan est d'abord exceptionnel dans sa façon de vivre. C'est un gamin qui est toujours d'humeur égale, il est poli, serviable... Je peux assurer qu'il n'y en a jamais cinquante comme lui dans un groupe. Il porte tellement bien son nom. C'est une crème. Il passe d'ailleurs tellement bien avec tout le monde que l'on a souvent tous envie que ce soit lui qui gagne. On sait à l'avance qu'il saura nous remercier et qu'il ne prendra pas la grosse tête. Pour ce qui est de ses qualités physiques, c'est quelqu'un de dur au mal. Je pense qu'il évoluera dans un registre de grimpeur même si, on l'a vu, il a aussi des prédispositions pour le contre-la-montre ».
- Avec la saison du tonnerre qu'il réalise, Johan va être attendu au tournant à présent...
« C'est inévitable. Mais ce qui me rassure, c'est la réponse qu'il a faite aux journalistes après ses victoires lorsque ceux-ci lui ont demandé de quoi sera fait son avenir. Johan leur a dit qu'il souhaitait avant tout effectuer une belle fin de saison chez les juniors. Et contrairement à Arnaud Gérard, qui était devenu champion du monde lors de la dernière course de la saison en 2002, Johan va pouvoir se faire plaisir en courant avec son maillot arc-en-ciel sur les courses juniors comme la Flèche Plédranaise. Imaginez un peu... Je lui ai d'ailleurs conseillé de le faire, je lui ai dit d'en profiter au maximum ».