Brest. A marquer d'une pierre blanche
La saison 2007-2008 est à marquer d'une pierre blanche pour le Stade Brestois, qui a réussi à mettre en accord ses actes (septième) avec son ambition (une place dans le premier tiers).
Les chiffres sont parfois paradoxaux. Le classement, qui a été scellé vendredi, est le meilleur du Stade Brestois depuis son retour en Ligue 2, il y a quatre ans.
Mais il ne s'agit pas de son plus beau parcours, si l'on veut bien se souvenir que la troupe de la saison 2004-2005, emmenée par les Fortuné, Ribéry et autres Boulanger, pouvait encore rejoindre le trio de tête à quatre matchs de la fin, avant d'engranger deux petits points dans le final face à Troyes, Angers, Lorient et Nancy. Une opportunité qui ne s'est jamais présentée cette saison.
Le tiers payant
Mais, quitte à manier l'évidence, l'exercice qui vient de s'achever a été bien mieux négocié que les deux précédents où le maintien, assuré seulement à la 37 e puis à la 38 e journée, ne tint qu'à un fil.
« C'est un gros soulagement d'avoir atteint la barre fatidique des 42 points un mois et demi avant la fin de la saison », rappelle Pascal Janin. « Cela pouvait paraître présomptueux d'annoncer à la dernière intersaison qu'on visait une place dans le premier tiers. Je suis vraiment content que l'objectif ait été rempli, grâce à un beau parcours à domicile où Clermont (avec 12 succès) est le seul club à compter une victoire de plus que nous. Grâce à une sensible amélioration de nos performances à l'extérieur en poule retour. Cette septième place correspond vraiment à notre valeur. » Bénéficiant d'une confiance présidentielle limitée - Michel Guyot avait rencontré Yvon Pouliquen à la Pentecôte 2007 - Pascal Janin, amertume ravalée, a bien réussi l'examen d'une première saison complète de coach en Ligue 2. « Je comprends que la pénible fin de saison avait suscité pas mal de stress chez les dirigeants. Mais j'ai rendu la monnaie de la pièce au président qui m'a laissé en place. »
De Monaco à Libourne
Le chemin emprunté depuis l'été dernier a été orné de deux virages importants. D'abord en 16 e de finale de Coupe de France face à Monaco, le 6 janvier, où l'exploit de la qualification et la perspective d'un alléchant voyage à Marseille se dérobèrent sous les pieds stadistes à la 91 e minute de jeu, début du festival Bakar. Les Brestois portèrent cet échec (1-3, a.p.) comme une croix jusqu'au voyage à Libourne à la mi-février, où prit naissance la belle série finale (un seul revers en quinze rencontres !).
Ce match en Gironde, pour lequel il se priva volontairement de quelques éléments majeurs (Guégan, Collet, Socrier, De Carvalho) avant de les réintégrer petit à petit, aura stigmatisé la bonne gestion de son groupe par un entraîneur toujours fidèle au 4-4-2 et soucieux de la production de jeu, dont il espère faire le socle d'une nouvelle progression la saison prochaine.