Brest. Les regards vers le haut
Fort d'une saison dernière achevée à égalité de points avec le cinquième, le Stade Brestois aborde la saison avec la montée dans un petit coin de la tête. En tout cas, les regards seront tournés vers le haut : l'équipe a tout pour bien faire.« Qu'a-t-on à envier cette année à une équipe comme Grenoble la saison dernière ? », s'interroge le président Guyot qui a profité de Brest 2008 pour annoncer à de nombreux partenaires l'objectif du club : la montée ? Non, le titre de champion. Fou, le président ? « Tant pis si je me plante ou si je me fais siffler dans deux mois. On a construit une équipe pour jouer la montée. On a rien de moins que les autres et les trois qui descendent ne me semblent pas intouchables. Tout va se jouer dans les têtes. Si on pense comme une petite équipe, on n'y arrivera pas. Ce qui est sûr, c'est que le mois d'août sera déterminant », lance-t-il.
Pascal Janin, c'est aussi son rôle, est moins catégorique : « Etre ambitieux et se donner les moyens, oui, mais annoncer la montée pour cette année, ce n'est pas ma façon de penser. La différence entre une équipe qui marche et une qui ne marche pas est tellement fragile. Finir dans le premier tiers, ce serait déjà pas mal. Et dans le premier tiers, il y a aussi les trois premières places... » Finalement, à travers ces belles paroles, chacun joue sa partition, le président galvanise ses troupes et l'entraîneur calme le jeu, bien conscient de l'ampleur de la tâche.
« Ce n'est pas injouable »
Mais la montée, même si le mot a du mal à sortir, presque par superstition, est bien présente dans un coin de la tête des joueurs. Pour François Masson, « ce n'est pas injouable ». Comprenez, c'est jouable.
« L'état d'esprit du groupe est déjà bien affirmé, et c'est très important. On se sent costaud, on a des certitudes dans ce que l'on fait mais notre première ambition doit être de repartir sur les bases de la fin de saison dernière », poursuit le nº 10, citant également l'exemple de Grenoble « mais aussi celui d'autres équipes qui se sont bien plantées par le passé ».
Sans verser dans un optimisme béat, il faut tout de même convenir que l'équipe tient la route, les matchs de préparation l'ont d'ailleurs confirmé. Le recrutement, qui n'est pas forcément terminé, a été judicieux avec les arrivées de Lorenzi derrière et de Benoit Leroy devant, et les transferts définitifs de Kantari et de Poyet, tous deux excellents lors de la poule retour. « J'ai une grosse envie que ça commence. L'équipe a du potentiel mais il ne sert à rien de s'enflammer », lance Poyet, qui sera chargé d'augmenter un ratio occasions-buts déficitaire la saison passée.
Premier test à Nîmes
« Vivez notre rêve ! » C'est le slogan de la campagne d'abonnements d'un club qui a forcément une petite idée derrière la tête.
Mais, pour jouer plus haut, ce qu'il n'était pas parvenu à faire la saison dernière malgré un final en boulet de canon, pour jouer avec les grands dans la course à la montée, le Stade Brestois devra surtout afficher beaucoup de caractère. Car il sera attendu partout comme un gros outsider, ce qui est nouveau et veut quand même dire quelque chose. Le premier match à Nîmes vendredi, où près de 20.000 spectateurs sont attendus pour fêter le retour des Crocodiles en L2, sera déjà un gros test.