letelegramme.com

 

Rechercher

Trail. L'obstacle Natura 2000 [infographie]

25 janvier 2011 - 6 réactions

  • Réduire le texte
  • Réduire le texte
  • Agrandir le texte
  • Agrandir le texte
  • L'article au format PDF
  • Imprimer cet article

Le monde du trail retient son souffle. Un arrêté régional va contraindre les organisateurs de courses dans une zone Natura 2000 à réaliser une évaluation des incidences écologiques. Sale temps pour le trail?

Pas un week-end sans trail. En Bretagne, la course nature a le vent en poupe. Et de fervents pratiquants. À grandes enjambées, les joggeurs quittent l'asphalte pour des sentiers moins battus: sous-bois, littoral, plage, chemins escarpés... Rien ne semble les arrêter. À part peut-être la loi.

Répondant à une condamnation de la Cour européenne de justice en mars2010, la France s'apprête à déployer, à coup d'arrêtés préfectoraux, une réglementation plus draconienne, imposant une évaluation des incidences écologiques pour toutes manifestations organisées sur une zone Natura 2000.

En clair, les courses nature, à la condition de rassembler 1.000 personnes (participant, organisateur, public), devront montrer patte blanche. Et faire la preuve de leur absence de dommages sur la faune et la flore locales. Comment? En livrant, clé en main, aux services préfectoraux, une étude d'incidence aux résultats incertains. Une vraie révolution pour des bénévoles, confrontés du jour au lendemain au maquis de la réglementation écologique.

Déjà validé par le Finistère et le Morbihan, «l'arrêté sera applicable dès mars», annonce Philippe Arnould, de la Direction régionale de l'environnement de l'aménagement et du logement (DREAL), chargé d'établir les critères d'application régionaux. «La Bretagne a fait le choix d'un texte unique. L'objectif n'est pas d'interdire les courses mais d'encadrer la pratique lorsqu'elle a pour cadre un site protégé». Avec un maître mot: pédagogie. Il n'empêche. En cas de non-respect des règles, le temps pourra vite se gâter. Dans d'autres régions de France, la fronde a gagné la sphère politique avec pétition et motion de défense.

«Pas les moyens de payer une étude»

Sur le terrain, les organisateurs bretons, soucieux de leur espace naturel (exemple avec le concept d'éco-trail), redoutent aussi cette intrusion réglementaire. À Plouhinec (56), le Trail de l'Océan, qui aura lieu dimanche, a déjà eu droit à un sévère rappel à l'ordre du Conservatoire du littoral en 2010. «J'avais eu le feu vert de la mairie. On est passé tout près de l'annulation. Pourtant, on ne dégrade rien», affirme Jean-Yves Yhuel, prévenu il y a trois semaines qu'il devait remplir un dossier de déclaration pour la seconde édition.

Résultat, un circuit légèrement modifié mais une montagne de paperasses et de tracasseries. «On ne pourra jamais payer une étude. Notre budget avoisine les 1.000 EUR. Notre seul plaisir, c'est de vanter les beautés de notre région», dit le bénévole, prêt à jeter l'éponge en cas de contraintes plus lourdes.

«Les coureurs ne sont pas des Attila»

Car au coût de l'étude pourront s'ajouter celui de solutions retenues (balisages, toilettes...) par la préfecture. Parfois jusqu'au plus iconoclaste avec l'interdiction pour les coureurs de se doubler pour ne pas empiéter sur la lande rase. Un lieu riche en habitat sensible.

Christophe Malardé, une pointure nationale du trail redoute le revers de la médaille. «Cette loi risque de décourager les bénévoles qui ne cherchent qu'à valoriser le patrimoine. Vu de Paris, j'ai l'impression qu'on nous prend pour des Attila de la course. C'est tout le contraire. Je rappelle que l'on ne passe bien souvent que par des chemins empruntés toute l'année».

  • Régis Nescop

Les zones Natura 2000 en Bretagne
  • Exporter cet article
  • Partagez cet article sur Facebook
  • Envoyer cet article sur twitter
Exportez cet article
Activer mon accès abonné S'abonner au Télégramme

6 réactions

  • a.le...
    L'arroseur....
    Les ecolos bobo, ont voulu "protégé" la nature, on voit bien maintenant dans quel but. Curieux retour des choses la loi qui protèges de tout ces salauds de pollueurs, protege aussi la nature contre les exactions organisée des petits hommes verts.
    Ajouté le 26 janvier 2011 à 08h48
  • clau...
    NATURE RESERVEE
    La nature serait elle maintenant uniquement réservée aux professionnels de la flore et de la faune? Nous simples sportifs ou simples promeneurs la dégradons, nous ne savons pas l'admirer ni la respecter... Il faur arrêter de tout trop protéger, la nature n'est pas si faible que ça!
    Ajouté le 25 janvier 2011 à 22h51
  • HEADWIND
    Quel parti pris !
    On aurait aimer lire un article plus objectif sur ce dispositif, mais Regis Nescop a d'emblée choisi le camp de ses pauvres sportifs , tous des pauvres bénévoles, donc démunis de moyens.. C'est bien connu les manifestations sportives ne sont jamais subventionnées, surtout celles qui rassemble un millier de personnes !!!! Que de crainte ou de mauvaise foi pour une démarche pourtant simple : il s'agit lors de l'organisation d'une manifestation sportive d'importance de vérifier que le tracé ne traverse pas par exemple une tourbière abritant une flore protégée, ou une lande comptant quelques nids d'oiseaux nichant au sol. A quoi servirait-il de protéger un site ou une espèce si lors d'une manifestation impliquant un public nombreux on piétine ne quelque sorte les lieux que par ailleurs on essaie de conserver grâce à des financements publics. Le sportif serait-il en incapacité de comprendre de tels enjeux ? On espère que le Télégramme fera le point là-dessus au lieu de lancer des polémiques inutiles.
    Ajouté le 25 janvier 2011 à 12h01
  • loic22
    lol
    désormais pour aller dans la nature, il faura etre un petit lapin... c'est triste d'arriver à cette privatisation de l'espace public...
    Ajouté le 25 janvier 2011 à 15h16
  • loic22
    ah ah
    bonjour lorsqu'il y a qqes années les associations de loisirs motorisés furent chassées des chemins, elles avaient prevenu des dérives prévisisbles du projet natura, mais personne n'a écouté, trops content de s'approprier le territoire public pour leur seul loisir. on dirait que le vent tourne et que l'écolocratie" dévoile son vrai visage. bientot l'appologie de l'EVRH?
    Ajouté le 25 janvier 2011 à 11h45
  • JICE
    Bobo ecolocrate
    Super toutes ces réactions ! D'après certains on ne peut admirer la nature qu'en Quad ou que pendant une manifestation sportive de masse... D'après un autre, tous les "écolos" sont forcément des bobos !!! Si vous préférez les dunes du Touquet le jour de l'enduro, c'est votre droit. Si vous avez besoins de courir un Trail (ou d'aller voir les autres courir) pour admirer le paysage, c'est également votre droit. Moi j'aime mieux jouir d'une nature respectée par chacun et non "dégueulassée" par quelques uns et c''est aussi mon droit...
    Ajouté le 29 janvier 2011 à 13h55

Dans la même rubrique

Abonnements et services

S'abonner au télégramme
Appli iPhone Android Le Télégramme

Forfait mobile et carte sim prépayée Le Télégramme Mobile
Association pour le contrôle et la diffusion des médias

Presse régionale

Mentions légales - CGU - CGV - Contact - N°ISSN 2102-6785

Les sites du groupe Télégramme:

L'actualité en Bretagne avec Le Télégramme | L'actualité des PME avec Le Journal des Entreprises | Les outils pour dirigeants avec NetPME | Emploi avec RegionsJob | Les annonces professionnelles avec OPE, Opportunités pour l'Entreprise | Bateaux d'occasion avec Magnautic.com | L'immobilier en vidéo avec Immo-Ouest.com | Location de vacances avec Bretagne.com | Toute l'actualité maritime avec Mer et Marine | Le Télégramme recrute | Forfait mobile avec Le Télégramme Mobile | Modèles de lettres

Les sites de Pen Duick :

Route du Rhum – La Banque Postale | Transat Jacques Vabre | Transat AG2R LA MONDIALE | Transat Bénodet-Martinique